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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2209078

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2209078

mardi 8 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2209078
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSELARL ENVIRONNEMENT DROIT PUBLIC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 décembre 2022, la société Le Solaero, représentée par la SELARL Environnement Droit public, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 octobre 2022 par lequel l'adjoint au maire de la commune de Saint-Genest-Lerpt a refusé de lui délivrer un permis de construire en vue de l'édification d'une halle gastronomique type marché couvert avec surface de restauration et aménagement du stationnement, sur un terrain situé rue Jules Verne ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Genest-Lerpt une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté attaqué ;

- l'arrêté est entaché d'une insuffisance de motivation ;

- la décision de refus de permis de construire est entachée d'une erreur de fait et résulte d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 janvier 2023, la commune de Saint-Genest-Lerpt, représentée par Me Pouillon, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la société Le Solaero au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 27 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 août 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Richard-Rendolet, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.

Une note en délibéré, présentée pour la société Le Solaero, a été enregistrée le 7 octobre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. La société Le Solaero a déposé le 4 août 2022 une demande de permis de construire en vue de l'édification, après démolition du bâti existant, d'un bâtiment destiné à accueillir une halle gastronomique de type marché couvert, sur un terrain situé rue Jules Verne, sur le territoire de la commune de Saint-Genest-Lerpt. Par un arrêté du 26 octobre 2022, l'adjoint au maire de cette commune lui en a refusé le bénéfice. La société Le Solaero demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué est signé par M. B A, premier adjoint au maire de la commune de Saint-Genest-Lerpt en charge de l'urbanisme, investi à cet effet d'une délégation de signature par arrêté du maire du 27 mai 2020, régulièrement publié. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte en litige doit ainsi être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6 () ".

4. L'arrêté en litige vise la disposition du plan local d'urbanisme dont il fait application et relève les éléments de fait pertinents pour cette application, en l'espèce le fait qu'au regard des autorisation d'urbanisme déjà délivrées, la surface de vente maximale pouvant être autorisée dans la zone est déjà atteinte. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cet arrêté doit ainsi être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article UFC 2 du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Genest-Lerpt : " Sont admis sous condition : () / 2.4. Les nouvelles constructions à usage de commerce et service de niveau 2 () dans la limite de 25 % d'extension de la surface de vente totale de la zone à la date d'approbation du SCOT ". Aux termes de l'annexe du même plan d'urbanisme : " Le niveau 2 correspond aux points de vente situés dans les centres-villes, placer commerciale insérés dans le tissu urbain des centralités. Ils répondent en grande partie à des besoins réguliers mais non quotidiens, généralement hebdomadaires ou plus occasionnels. C'est le niveau de tous les commerces de centre-ville, des centres commerciaux, des supermarchés des centralités ".

6. Il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté par la société requérante que le projet de halles gastronomiques type marché couvert correspond au niveau 2 des constructions à usage de commerce tel que défini par les dispositions du plan local d'urbanisme précité. Si la société Le Solaero fait valoir que les caractéristiques de la zone UFC dans laquelle le projet se situe ne sont pas clairement définies par le plan local d'urbanisme, elle ne conteste pas sérieusement que la limite de 25 % d'extension de la surface de vente totale prévue par celui-ci dans cette zone a déjà été atteinte du fait des autorisations d'urbanisme délivrées à quatre autres sociétés, autorisations qui totalisent 5 011 m2, pour une surface maximale autorisée de 3 737,50 m2. Dans ces conditions, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation ni d'erreur de fait que l'adjoint au maire de la commune de Saint-Genest-Lerpt a refusé à la société requérante le permis de construire sollicité.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquences, les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la SCCV Le Solaero une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de la société Le Solaero et les conclusions présentées par la commune de Saint-Genest-Lerpt sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Le Solaero et à la commune de Saint-Genest-Lerpt.

Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Drouet, président,

M. Richard-Rendolet, premier conseiller,

Mme Viotti, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 octobre 2024.

Le rapporteur,

F.-X. Richard-Rendolet

Le président,

H. Drouet

La greffière,

L. Khaled

La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Une greffière,

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