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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2209096

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2209096

lundi 19 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2209096
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation8ème chambre
Avocat requérantSCP CARNOT AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a examiné la requête de M. B, sapeur-pompier, contestant le refus du SDMIS de reconnaître l'imputabilité au service de ses prolongations d'arrêts de travail et soins après le 30 septembre 2020, et son placement en congé de maladie ordinaire pour une période en 2021. Le tribunal a rejeté le moyen tiré d'un vice de procédure, estimant que les dispositions relatives au rapport écrit du médecin des sapeurs-pompiers et à la présence d'un médecin spécialiste en commission de réforme n'étaient pas applicables en l'espèce. La solution retenue est le rejet de la requête, confirmant ainsi la légalité de l'arrêté du 9 juin 2022. Cette décision s'appuie sur le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 et l'arrêté du 4 août 2004 relatifs aux commissions de réforme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés le 5 décembre 2022 et le 10 février 2024, M. A B, représenté par Me Bacha, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 9 juin 2022 par lequel la présidente du conseil d'administration du Service départemental-métropolitain d'incendie et de secours (SDMIS) a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de ses périodes de prolongation d'arrêts de travail et de ses soins au-delà du 30 septembre 2020 et l'a placé en congé de maladie ordinaire du 28 octobre au 14 décembre 2021 ;

2°) d'enjoindre à la présidente du conseil d'administration du SDMIS de reconnaître l'imputabilité au service des prolongations d'arrêt de travail et de soins en litige, de qualifier de rechute d'accident de service l'arrêt de travail survenu postérieurement au 28 octobre 2021, de le placer en congé pour invalidité temporaire imputable au service du 28 octobre au 14 décembre 2021, d'assurer la prise en charge des frais et honoraires médicaux causés par la pathologie imputable au service au-delà du 30 septembre 2020, de convoquer une nouvelle expertise en vue de fixer le taux d'incapacité permanente partielle découlant de l'accident de service survenu le 4 décembre 2018 et d'assortir les sommes dues des intérêts au taux légal et de leur capitalisation ;

3°) de mettre à la charge du SDMIS la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté du 9 juin 2022 est entaché d'un vice de procédure, aucun rapport écrit du médecin des sapeurs-pompiers n'ayant été remis à la commission de réforme avant qu'elle ne se prononce et aucun médecin spécialiste n'ayant siégé dans cette commission de réforme ;

- les prolongations d'arrêt de travail et les soins prescrits après le 30 septembre 2020 sont imputables au service et l'accident déclaré en date du 28 octobre 2021 constitue une rechute de son accident de service du 4 décembre 2018.

Par des mémoires en défense enregistrés le 16 octobre 2023 et le 28 février 2024, le SDMIS, représenté par la Selarl Carnot Avocats, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été fixée au 21 mars 2024 par une ordonnance du même jour prise en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux;

- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Richard-Rendolet,

- les conclusions de M. Bertolo, rapporteur public,

- et les observations de Me Bacha pour M. B, ainsi que celles de Me Litzler pour le SDMIS.

Considérant ce qui suit :

1. Sapeur-pompier professionnel employé par le Service départemental-métropolitain d'incendie et de secours (SDMIS), M. B a été victime d'un accident de service le 4 décembre 2018. Ayant repris une activité professionnelle à temps plein en qualité d'opérateur au centre de traitement des appels CTA-Codis au mois d'octobre 2020 après une période de temps partiel thérapeutique, M. B a ressenti de vives douleurs lombaires le 28 octobre 2021 ayant justifié de nouveaux arrêts de travail. Il demande l'annulation de l'arrêté du 9 juin 2022 par lequel la présidente du conseil d'administration du SDMIS, suivant en cela l'avis émis par le conseil médical le 17 mai 2022, a refusé de reconnaître l'imputabilité au service des périodes de prolongation de ses arrêts de travail et des soins dont il a bénéficié au-delà du 30 septembre 2020 et l'a placé en congé de maladie ordinaire pour la période courant du 28 octobre 2021 au 14 décembre 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 9 du décret du 30 juillet 1987 visé ci-dessus : " Le médecin du service de médecine préventive prévu à l'article 108-2 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée compétent à l'égard du fonctionnaire dont le cas est soumis au comité médical est informé de la réunion et de son objet. Il peut obtenir s'il le demande communication du dossier de l'intéressé. Il peut présenter des observations écrites ou assister à titre consultatif à la réunion. Il remet obligatoirement un rapport écrit dans les cas prévus aux articles 24, 33 et 37-7 ci-dessous. / Lorsque le conseil médical statue en formation plénière sur le cas d'un sapeur-pompier professionnel, son secrétariat en informe le médecin de sapeurs-pompiers désigné par le préfet sur proposition du directeur départemental des services d'incendie et de secours ". Les articles 24, 33 et 37-7 de ce même décret prévoient la consultation du comité médical pour avis sur l'état de santé des fonctionnaires pouvant se trouver en congés de longue maladie, congés de longue durée ou être atteints d'une maladie contractée en service. Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme : " Cette commission comprend : 1. Deux praticiens de médecine générale, auxquels est adjoint, s'il y a lieu, pour l'examen des cas relevant de sa compétence, un médecin spécialiste qui participe aux débats mais ne prend pas part aux votes () ".

3. Contrairement à ce que soutient le requérant, il ne résulte pas des dispositions citées ci-dessus du décret du 30 juillet 1987, dont le décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 a notamment abrogé l'article 16, ni de celles de l'article 15 de l'arrêté du 4 août 2004, relatif aux commissions de réforme, que le médecin de prévention doive obligatoirement remettre un rapport écrit au conseil médical lorsque celui-ci doit se prononcer sur l'imputabilité au service d'un accident de service ou de la rechute d'un tel accident. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de remise d'un tel rapport au conseil médical doit être écarté.

4. Pour critiquer la régularité de la composition du conseil médical qui s'est réuni en vue d'émettre un avis sur sa situation le 17 mai 2022, M. B se prévaut de ce qu'aucun médecin spécialiste des affections lombaires n'y a siégé. Toutefois, il n'apparaît pas manifeste, eu égard à la pathologie lombaire en cause et aux éléments dont disposait le conseil, au sein duquel ont notamment siégé deux praticiens de médecine générale, que la présence d'un médecin spécialiste était nécessaire pour éclairer l'examen du cas du requérant et, en particulier, le lien entre l'accident de service du 4 décembre 2018 et la pathologie mentionnée par le certificat médical de rechute dont il était saisi. Par suite, le moyen doit être écarté.

5. Aux termes de l'article 37-17 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 précité : " Lorsqu'il est guéri ou que les lésions résultant de l'accident de service () sont stabilisées, le fonctionnaire transmet à l'autorité territoriale un certificat médical final de guérison ou de consolidation. / Toute modification de l'état de santé du fonctionnaire constatée médicalement postérieurement à la date de guérison apparente ou de consolidation de la blessure qui nécessite un traitement médical peut donner lieu à un nouveau congé pour invalidité temporaire imputable au service. / La rechute est déclarée dans le délai d'un mois à compter de sa constatation médicale. La déclaration est transmise dans les formes prévues à l'article 37-2 à l'autorité territoriale dont relève le fonctionnaire à la date de cette déclaration. / L'autorité territoriale apprécie la demande de l'agent dans les conditions prévues au présent titre ". Pour l'application des dispositions ci-dessus, constitue une rechute d'un accident de service la récidive ou l'aggravation subite et naturelle de l'affection initiale après sa consolidation sans intervention d'une cause extérieure.

6. Pour soutenir que les douleurs lombaires ressenties le 28 octobre 2021 constituent une rechute de son accident de service du 4 décembre 2018, M. B se prévaut des mentions en ce sens portées sur les certificats d'arrêt de travail qui lui ont été délivrés par le Dr. Estanove, d'un certificat de ce même médecin du 17 novembre 2022 selon lequel son accident de service doit être à cette date considéré comme consolidé avec séquelles et d'un certificat du 30 août 2022 du Dr. Volckmann relevant que l'intéressé présente une affection rhumatologique rachidienne lombaire en raison de son accident de service du 4 décembre 2018 et ressent toujours des douleurs. Toutefois, alors que le requérant a repris ses fonctions à temps plein au mois d'octobre 2022, que le rapport d'expertise du 11 février 2022 du Dr. Perret-Rodrigue, rhumatologue, relève un état antérieur à l'accident de service de 2018 et considère l'état de santé de l'intéressé comme consolidé au 30 septembre 2020 et que, dans son avis du 17 mai 2022, le conseil médical a considéré que la situation de M. B relevait de la maladie ordinaire au titre d'un état préexistant évoluant pour son propre compte, les éléments avancés par le requérant ne suffisent pas pour établir que les douleurs ressenties le 28 octobre 2021 constituent une rechute de son accident de service du 4 décembre 2018 et que l'état de santé de celui-ci était imputable au service au-delà de cette date. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que la présidente du conseil d'administration du SDMIS a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de ses périodes de prolongation d'arrêt de travail et de ses soins au-delà du 30 septembre 2020.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B à fin d'annulation doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête dirigées contre la décision du 9 juin 2022, n'appelle aucune mesure d'exécution.

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions du requérant présentées sur leur fondement et dirigées contre le SDMIS, qui n'est pas partie perdante.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au Service départemental-métropolitain d'incendie et de secours.

Délibéré après l'audience du 27 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gille, président,

M. Richard-Rendolet, premier conseiller,

Mme Feron, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 août 2024.

Le rapporteur,

F-X. Richard-RendoletLe président,

A. Gille

La greffière,

F. de Biasi

La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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