lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2209120 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CARNOT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés le 7 décembre 2022 et le 25 octobre 2023, M. B A, représenté par Me Létang, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2022 par lequel le président du conseil de la Métropole de Lyon lui a infligé une sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de six mois dont trois mois avec sursis ;
2°) d'enjoindre au président du conseil de la Métropole de Lyon de le réintégrer à la fin de son congé pour accident de service ;
3°) de mettre à la charge de la Métropole de Lyon la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure dès lors que le procès-verbal de son audition par les services de police a été irrégulièrement transmis à la métropole et que les données tirées du système de géolocalisation en cause ne peuvent fonder une sanction ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait dès lors qu'il n'a utilisé un brouilleur qu'à la fin de ses tournées de nettoyage ou pendant ses pauses ;
- la sanction attaquée présente un caractère disproportionné.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 juillet 2023, la Métropole de Lyon, représentée par la Selarl Carnot Avocats, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard-Rendolet,
- les conclusions de Mme de Mecquenem, rapporteure publique,
- les observations de Me Létang pour M. A, ainsi que celles de Me Rey pour la Métropole de Lyon.
Considérant ce qui suit :
1. Adjoint technique principal de 1ère classe employé par la Métropole de Lyon au sein de son service de nettoiement, M. A conteste l'arrêté du 12 octobre 2022 par lequel le président du conseil de la Métropole de Lyon lui a infligé une sanction d'exclusion temporaire de fonctions d'une durée de six mois dont trois avec sursis.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 533-1 du code général de la fonction publique : " Les sanctions disciplinaires pouvant être infligées aux fonctionnaires sont réparties en quatre groupes: () / 3° Troisième groupe : () b) L'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de seize jours à deux ans ".
3. Pour infliger à M. A l'exclusion temporaire de fonctions en litige, le président du conseil de la Métropole de Lyon s'est fondé sur l'installation et l'usage par l'intéressé d'un brouilleur de communications électroniques sur la balayeuse mécanisée et dotée d'un dispositif de géolocalisation qui lui était confiée.
4. Si M. A se prévaut de l'irrégularité du constat des faits qui lui sont reprochés en relevant que la transmission à la métropole du procès-verbal de son audition réalisée par les services de police à la suite de son interpellation par ceux-ci le 7 mars 2019 et du rappel à la loi dont il a fait l'objet contrevient au principe du secret de l'instruction, il est toutefois constant que le requérant a reconnu les faits qui lui sont reprochés devant le conseil de discipline. Dans ces conditions et alors d'ailleurs que la transmission des informations en débat a été autorisée par le substitut du procureur de la République, le moyen doit être écarté.
5. Si M. A fait valoir que les données issues du système informatique de géolocalisation embarqué sur son véhicule ne pouvaient légalement être utilisées pour fonder une sanction disciplinaire, il ne ressort en tout état de cause pas du dossier, en particulier des termes de l'acte attaqué, que la Métropole de Lyon se soit fondée sur ces données pour prononcer la sanction en litige. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. En faisant valoir qu'il n'a fait usage d'un brouilleur qu'à la fin de ses tournées de nettoyage ou pendant ses pauses, M. A ne conteste pas sérieusement les faits qui lui sont reprochés relatifs à l'installation sur le véhicule qui lui était confié pour effectuer son service d'un dispositif destiné à rendre inopérants des appareils de communication électronique et le moyen tiré de l'erreur de fait commise par l'autorité administrative doit être écarté.
7. A l'appui de sa contestation, M. A fait valoir ses bons états de service, indique qu'il n'a pas fait l'objet de sanctions disciplinaires au cours de sa carrière et entend démontrer la faible gravité des faits qui lui sont reprochés en relevant qu'il n'a fait l'objet pour ceux-ci que d'un rappel à la loi. Toutefois et outre les risques qu'elle est susceptible de faire peser sur les tiers ainsi que l'image défavorable qu'elle peut donner de la Métropole et de ses agents, l'installation par le requérant d'un brouilleur de communications sur la balayeuse qui lui était confiée et équipée d'un dispositif de géolocalisation destiné à optimiser le service rendu constitue un manquement de M. A à son obligation de loyauté à l'égard de la collectivité publique qui l'emploie et une infraction réprimée par les dispositions pénales de l'article L. 39-1 (4°) du code des postes et des communications électroniques. Dans les circonstances de l'espèce, le moyen tiré du caractère disproportionné de la sanction en litige doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 12 octobre 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête de M. A à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions du requérant présentées sur leur fondement et dirigées contre la Métropole de Lyon, qui n'est pas la partie perdante.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la Métropole de Lyon.
Délibéré après l'audience du 29 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
M. Richard-Rendolet, premier conseiller,
Mme Feron, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2024.
Le rapporteur,
F-X. Richard-RendoletLe président,
A. Gille
Le greffier,
Y. Mesnard
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026