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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2209123

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2209123

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2209123
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantPAOLANTONACCI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Paolantonacci, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 12 octobre 2022 par laquelle la commission de recours de l'invalidité a rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 21 janvier 2022 par laquelle le ministre des armées a rejeté sa demande de concession d'une pension militaire d'invalidité ;

2°) d'enjoindre au ministre des armées et des anciens combattants de lui concéder une pension militaire d'invalidité à compter du 19 août 2020, en retenant un taux de 20 % pour les séquelles de traumatismes du genou droit et un taux de 15 % + 5 pour les séquelles de traumatismes du genou gauche ;

3°) subsidiairement, d'ordonner avant-dire droit une expertise médicale ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 6 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation quant à l'évaluation du taux de ses infirmités ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 121-1, L.121-2, L. 125-1, L. 125-3, L.125-6, L.151-2, L.151-6 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;

- ses infirmités résultent d'accidents de service imputables au service.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 avril 2024, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Leravat,

- et les conclusions de M. Gueguen, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, sergent dans la légion étrangère, a été réformé à titre définitif puis radié des contrôles le 19 novembre 2020. Par une demande du 19 août 2020, il a sollicité l'octroi d'une pension militaire d'invalidité pour des séquelles de traumatisme du poignet droit, des gonalgies d'effort du genou droit et des séquelles de traumatisme du genou gauche. Par une décision du 21 janvier 2022, sa demande a été rejetée. M. B a formé un recours administratif préalable obligatoire auprès de la commission de recours de l'invalidité le 16 juin 2022 contre la décision du 21 janvier 2022 en tant qu'elle lui refuse l'octroi d'une pension militaire d'invalidité pour les gonalgies d'effort du genou droit et les séquelles de traumatisme du genou gauche. Ce recours a été rejeté par une décision du 12 octobre 2022. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 121-1 code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " Ouvrent droit à pension : / 1° Les infirmités résultant de blessures reçues par suite d'événements de guerre ou d'accidents éprouvés par le fait ou à l'occasion du service ; / 2° Les infirmités résultant de maladies contractées par le fait ou à l'occasion du service ; / 3° L'aggravation par le fait ou à l'occasion du service d'infirmités étrangères au service ; / 4° Les infirmités résultant de blessures reçues par suite d'accidents éprouvés entre le début et la fin d'une mission opérationnelle, y compris les opérations d'expertise ou d'essai, ou d'entraînement ou en escale, sauf faute de la victime détachable du service. " Aux termes de l'article L. 121-2 de ce code, dans sa version applicable au litige : " Est présumée imputable au service : / 1° Toute blessure constatée par suite d'un accident, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service ; () ". Aux termes de l'article L. 121-4 du même code : " les pensions sont établies d'après le taux d'invalidité résultant de l'application des guides barèmes mentionnés à l'article L. 125-3. Aucune pension n'est concédée en deçà d'un taux d'invalidité de 10 % ". Pour l'application de ces dispositions, une infirmité doit être regardée comme résultant d'une blessure lorsqu'elle trouve son origine dans une lésion soudaine, consécutive à un fait précis de service. Dans le cas contraire, elle doit être regardée comme résultant d'une maladie.

3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, pour refuser la concession à M. B d'une pension militaire d'invalidité, la commission de recours de l'invalidité s'est fondée, notamment, sur le compte-rendu du 8 juillet 2021du médecin expert rhumatologue, désigné par le service des pensions et des risques professionnels du ministère des armées, qui a relevé des douleurs aux deux genoux et l'impossibilité pour M. B de faire de la course à pied, mais a également constaté que " la marche sur les talons et pointes reste possible, pas de boiterie à la marche, les appuis unipodaux sont tenus des deux côtés, l'accroupissement est possible, le signe de rabot est positif au niveau des deux genoux, pas de limitation des amplitudes articulaires au niveau des deux genoux () on n'observe pas de laxité ligamentaire au niveau des deux genoux ", et a proposé de retenir un taux d'invalidité de 20 % pour le genou droit et 15 % pour le genou gauche. La commission de recours de l'invalidité s'est également fondée sur l'avis consultatif du 11 octobre 2021 du médecin conseil expert chargé des pensions militaires d'invalidité qui a constaté que " l'examen clinique ne montre aucun signe objectif d'impotence fonctionnelle " et a proposé de retenir un taux d'invalidité inférieur à 10 %. Ainsi, si l'avis du médecin expert chargé des pensions militaires d'invalidité diffère de celui de l'expert rhumatologue s'agissant du taux d'évaluation des infirmités, les deux médecins ont, contrairement à ce que soutient le requérant, constaté que M. B ne présentait pas de gêne fonctionnelle. Si M. B se prévaut de plusieurs examens médicaux, dont des imageries par résonance magnétiques, qu'il a subis, notamment, au cours de l'année 2019 et de la circonstance qu'il a été réformé pour inaptitude totale, il ne verse aux débats aucun élément médical nouveau, autre que les documents ayant permis tant au médecin expert rhumatologue qu'au médecin chargé des pensions militaires d'invalidité d'émettre leur avis, et qui serait de nature à contredire sérieusement l'avis de la commission de recours de l'invalidité. Enfin, contrairement à ce que soutient le requérant alors qu'il ne résulte ni des termes de la décision contestée du 12 octobre 2022, ni de l'instruction que la commission de recours de l'invalidité se serait estimée liée par l'avis du 11 octobre 2021 du médecin chargé des pensions militaires d'invalidité du ministère des armées. la commission de recours de l'invalidité a pu valablement prendre en compte l'avis, alors même qu'il n'effectue qu'un examen sur pièces. Par ailleurs, il ne résulte ni des termes de la décision contestée du 12 octobre 2022, ni de l'instruction que la commission de recours de l'invalidité se serait estimée liée par cet avis du 11 octobre 2021. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que le taux d'invalidité a à tort été fixé à moins de 10 %.

4. En second lieu, s'il est constant que les séquelles de traumatisme du genou gauche ont été reconnues imputables à un accident de service survenu le 4 février 2019, il résulte en revanche de l'instruction que les gonalgies d'effort du genou droit sont consécutives à de " nombreux footings répétés et des activités physiques intenses au sein de sa compagnie, des marches et des sauts ", M. B n'apportant aucun élément de nature à établir qu'elles résulteraient d'un accident imputable au service. Par suite, le moyen doit être écarté.

5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise médicale avant-dire droit, que les conclusions de la requête de M. B à fin d'annulation ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, doivent être rejetées.

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, au titre des frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la commission de recours de l'invalidité et au ministre des armées et des anciens combattants.

Délibéré après l'audience du 13 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Vaccaro-Planchet, présidente,

Mme Feron, première conseillère,

Mme Leravat, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.

La rapporteure,

C. LERAVAT

La présidente,

V. VACCARO-PLANCHET

La greffière,

S. ROLLAND

La République mande et ordonne au ministre des armées et des anciens combattants en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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