mardi 26 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2209157 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL ITINERAIRES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistré les 28 novembre 2022 et 30 août 2023, M. C B et M. A B, le premier nommé ayant la qualité de représentant unique, demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 mai 2022 par lequel le maire de Vernaison a accordé à la société Fr Immobilier un permis de construire pour la réalisation de vingt-et-un logements, une micro-crèche et cinquante places de stationnement.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt à agir en tant que voisins du projet, ce dernier affectant les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leur bien ;
- l'arrêté de permis de construire initial est irrégulier, comme le montrent les points soulevés dans le recours gracieux de M. A B ;
- l'arrêté de permis modificatif n'empêche pas le projet d'être préjudiciable pour la cohésion urbaine de la commune et d'être desservi par une voie dangereuse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2023, la société Fr Immobilier, représentée par la SELARL Itinéraires Avocats, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et, en toute hypothèse, à ce que soit mis à la charge de MM. B le versement d'une somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, les requérants ne justifiant pas lui avoir notifié leurs recours gracieux, en méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- la requête est irrecevable, MM. B ne démontrant pas leur intérêt à agir ;
- la requête est irrecevable faute de contenir des moyens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 octobre 2023, la commune de Vernaison, représentée par la SELARL Khôra Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de MM. B le versement d'une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, les requérantes ne justifiant pas avoir notifié leurs recours gracieux à la société pétitionnaire, en méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- la requête est irrecevable, MM. B ne démontrant pas leur intérêt à agir ;
- la requête est irrecevable faute de contenir des moyens.
Par ordonnance du 2 novembre 2023, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat.
Les parties ont été informées par courrier du 8 décembre 2023 de ce que le tribunal est susceptible de surseoir à statuer sur le fondement de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme en vue d'une régularisation de la méconnaissance par le projet de l'article 3.2.5 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat de la métropole de Lyon en ce qu'il supprime l'espace végétalisé à valoriser présent sur le terrain d'assiette.
La société Fr Immobilier a produit des observations sur la possibilité pour le tribunal de surseoir à statuer pour un mémoire enregistré le 11 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chapard,
- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,
- les observations de Me Cortes, pour la commune de Vernaison,
- et les conclusions de Me Viellard, pour la société Fr Immobilier.
Considérant ce qui suit :
1. La société Fr Immobilier a déposé le 21 février 2022 en mairie de Vernaison une demande de permis de construire pour la réalisation de vingt-et-un logements, une micro-crèche et cinquante places de stationnement. Par arrêté du 27 mai 2022, le maire de Vernaison a délivré l'autorisation ainsi sollicitée. Un permis de construire modificatif a été délivré le 13 septembre 2023. MM. B demandent l'annulation de cet arrêté du 27 mai 2022, ainsi que des décisions implicites de rejet leurs recours gracieux.
Sur les fins de non-recevoir opposée en défense :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. " Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. "
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. () L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. / () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que les requérants, qui ont respectivement adressé au maire de Vernaison les 25 et 27 juillet 2022 des recours gracieux contre l'arrêté de permis attaqué, n'établissent pas avoir régulièrement notifié ces recours à la société FR Immobilier, titulaire du permis contesté, malgré la fin de non-recevoir opposée en défense. Or, d'une part, l'exercice par un tiers d'un recours administratif contre un permis de construire montre qu'il a connaissance de cette décision et a, en conséquence, pour effet de faire courir à son égard le délai de recours contentieux, alors même que la publicité concernant ce permis n'aurait pas satisfait aux dispositions prévues en la matière par les dispositions précitées. D'autre part, en l'absence de preuve de l'accomplissement de la formalité de notification desdits recours gracieux dans le délai requis, les recours exercés auprès du maire de Vernaison n'ont pu proroger le délai de recours contentieux, qui a donc couru à l'encontre de l'arrêté attaqué du 27 mai 2022 au plus tard les 25 et 27 juillet 2022. À la date de l'enregistrement de la requête à fin d'annulation, le 28 novembre 2022, la décision attaquée était ainsi devenue définitive. Il y a lieu, par suite, d'accueillir la fin de non-recevoir opposée en défense.
Sur les frais liés au litige :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de laisser à la charge des parties en défense les frais non compris dans les dépens qu'elles ont exposés.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de MM. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, en sa qualité de représentant unique, à la commune de Vernaison et à la société Fr Immobilier.
Délibéré après l'audience du 14 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Jean-Pascal Chenevey, président,
- Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère,
- Mme Marie Chapard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 décembre 2023.
La rapporteure,
M. Chapard
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
A. Baviera
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026