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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2209158

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2209158

lundi 16 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2209158
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation8ème chambre
Avocat requérantSOVET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 décembre 2022, M. B A demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 novembre 2022 par lequel la maire de la commune de Sainte-Foy-l'Argentière l'a placé en congé de maladie ordinaire à compter du 27 septembre 2022 ;

2°) d'enjoindre à la commune de Sainte-Foy-l'Argentière de le placer en congé d'invalidité temporaire imputable au service à compter du 27 septembre 2022.

Il soutient que :

- l'accident dont il a été victime le 27 septembre 2022 est constitutif d'un accident de service ;

- son placement en congé de maladie ordinaire procède d'un détournement de pouvoir.

Par des mémoires en défense enregistrés le 27 octobre 2023 et le 23 janvier 2024, la commune de Sainte-Foy-l'Argentière, représentée par la Selarl DBS Avocats Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête n'est pas recevable, faute d'être dirigée contre la décision du 22 février 2023 se prononçant définitivement sur l'imputabilité au service de l'accident du 27 septembre 2022 et sur le placement du requérant en congé de maladie ordinaire ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Feron,

- les conclusions de Mme de Mecquenem, rapporteure publique,

- et les observations de Me Deguerry pour la commune de Sainte-Foy-l'Argentière.

Considérant ce qui suit :

1. Agent technique principal de 1ère classe alors employé par la commune de Sainte-Foy-l'Argentière en qualité d'agent de surveillance de la voie publique, M. A a heurté un poteau d'éclairage public avec le véhicule qu'il conduisait, le 27 septembre 2022 à 06h45. Cet accident ayant justifié un arrêt de travail, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 5 novembre 2022 par lequel la maire de la commune de Sainte-Foy-l'Argentière l'a placé en congé de maladie ordinaire à compter du 27 septembre 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 822-18 du code général de la fonction publique : " Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service ". Aux termes de l'article L. 822-19 du même code : " Est reconnu imputable au service (), l'accident de trajet dont est victime le fonctionnaire qui se produit sur le parcours habituel entre le lieu où s'accomplit son service et sa résidence () et pendant la durée normale pour l'effectuer, sauf si un fait personnel du fonctionnaire ou toute autre circonstance particulière étrangère notamment aux nécessités de la vie courante est de nature à détacher l'accident du service ".

3. Pour soutenir que c'est à tort que l'imputabilité au service de son accident du 27 septembre 2022 n'a pas été reconnue et contester son placement en congé de maladie ordinaire, M. A fait valoir que cet accident s'est produit alors qu'il se rendait à la salle polyvalente communale avec un véhicule de service et qu'il était alors préoccupé par la réaction de l'autorité municipale à son initiative d'introduire une requête contentieuse contre les nouveaux horaires de service qui lui étaient imposés. Toutefois, il est constant que M. A s'était vu assigner depuis plusieurs semaines de nouveaux horaires de travail l'amenant à ne devoir prendre son service qu'à 08h15 et s'était vu rappeler son obligation de restituer à la fin de son service le véhicule de la commune qu'il empruntait. Dans ces conditions et alors que l'accident en litige ne saurait être imputé à la pression morale à laquelle le requérant allègue avoir été soumis par son employeur dans la perspective d'une rupture de son engagement, c'est sans méconnaître les dispositions citées au point 2 que la maire de la commune de Sainte-Foy-l'Argentière, se fondant sur les circonstances de l'accident en cause et le comportement du requérant, a regardé cet accident comme étant sans lien avec le service et a placé en conséquence M. A en congé de maladie ordinaire.

4. Si M. A fait état de ses relations dégradées avec l'autorité municipale et de la proposition de rupture conventionnelle de son engagement que celle-ci lui a faite, ces circonstances ne suffisent pas pour considérer que la décision en litige relève d'un harcèlement moral ou résulte d'un détournement de pouvoir.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions de M. A dirigées contre l'arrêté du 5 novembre 2022 doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A, n'appelle aucune mesure d'exécution.

Sur les frais liés au litige :

7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Sainte-Foy-l'Argentière sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Sainte-Foy-l'Argentière présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Sainte-Foy-l'Argentière.

Délibéré après l'audience du 8 juillet 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gille, président,

M. Richard-Rendolet, premier conseiller,

Mme Feron, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2024.

La rapporteure,

C. FeronLe président,

A. Gille

La greffière,

L. Khaled

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

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