mardi 30 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2209179 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CARNOT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 décembre 2022, Mme C E née D, représentée par Me Camarata, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 octobre 2022 par lequel le président de la métropole de Lyon a procédé au retrait de son agrément d'assistante maternelle ;
2°) de mettre à la charge de la métropole de Lyon la somme de 2500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'illicéité des enregistrements effectués par les époux F à son insu et à son domicile prive la motivation de la décision de toute sa substance ;
- elle est entachée d'erreur de fait dès lors que l'existence de violences a été contredite par l'enquête pénale et par la matérialité des éléments de la procédure ;
- la décision est entachée d'erreur d'appréciation et est disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er juin 2023, la métropole de Lyon, représentée par la SELARL Carnot avocats agissant par Me Prouvez, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.
La clôture d'instruction a été fixée au 22 septembre 2023 par une ordonnance du 10 août 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delahaye, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Collomb, rapporteure publique ;
- les observations de Me Litzler de la SELARL Carnot avocats pour la métropole de Lyon.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C E née D le 8 mars 1966, assistante maternelle bénéficiait d'un agrément depuis 2006, renouvelé en dernier à compter du 11 janvier 2021 pour l'accueil de deux enfants " tout âge " et de deux enfants de plus de 18 mois. Elle s'est vue suspendre son agrément le 25 mai 2022, puis retirer son agrément par un arrêté du 11 octobre 2022 du président de la métropole de Lyon dont elle demande l'annulation.
2. Aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel est délivré par le président du conseil départemental du département où le demandeur réside () si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs () accueillis, en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne () ". Les troisième à cinquième alinéas de l'article L. 421-6 du même code disposent que : " Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil départemental peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, modifier le contenu de l'agrément ou procéder à son retrait. (). / Toute décision de retrait de l'agrément, de suspension de l'agrément ou de modification de son contenu doit être dûment motivée et transmise sans délai aux intéressés. ". Aux termes de l'article L. 3611-3 du code général des collectivités territoriales : " La métropole de Lyon s'administre librement dans les conditions fixées par le présent livre et par les dispositions non contraires de la première partie du présent code, des titres II, III et IV du livre Ier et des livres II et III de sa troisième partie, et de la législation en vigueur relative au département. / Pour l'application à la métropole de Lyon des dispositions de l'alinéa précédent : / 1° La référence au département est remplacée par la référence à la métropole de Lyon ; / 2° La référence au conseil général est remplacée par la référence au conseil de la métropole ; / 3° La référence au président du conseil général est remplacée par la référence au président du conseil de la métropole. ".
3. Pour procéder au retrait de l'agrément d'assistante maternelle de Mme E sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles, le président de la métropole s'est fondé sur la circonstance qu'après avoir eu des doutes sur le comportement de Mme E à l'égard de leurs deux enfants, B et A âgés de 3 et 19 mois, après que celle-ci leur ait déclaré que les repas de B se passaient très bien alors que cette dernière souffrait d'une pathologie gastrique, un couple de parents a déposé un enregistreur sous une poussette pendant les temps d'accueil et qu'il résulte de cet enregistrement audio que Mme E a tenu à plusieurs reprises des propos inappropriés, notamment injurieux, à l'encontre des enfants, que l'un des deux enfants a pleuré 30 minutes sans aucune intervention de Mme E, que l'intéressée a pu rester plus d'une heure quarante au téléphone sans lien avec les enfants accueillis et que des bruits pouvant s'apparenter à des coups étaient audibles, et qu'une enquête de police a été diligentée suite à la plainte des parents du 23 mai 2022 notamment pour des violences physiques. Le président de la métropole de Lyon a également relevé que Mme E a reconnu, lors de la séance de la commission consultative paritaire départementale, avoir eu certains mots qu'elle n'aurait pas dû tenir et que si elle a expliqué qu'elle traversait une période difficile liée à la fin de vie de son ex-mari et ne pas avoir eu de gestes violents, les services de police ont informé les services métropolitains que la plainte des parents avait été classée sans suite pour infraction insuffisamment caractérisée et non pour absence d'infraction, et qu'en conséquence, au vu de l'ensemble de ces éléments, la santé, la sécurité et l'épanouissement des enfants accueillis par Mme E ne peuvent pas être garantis.
4. En premier lieu, la décision litigieuse, dont la teneur a été précédemment rappelée, comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent. Elle est, par suite, suffisamment motivée.
5. En deuxième lieu, Mme E se prévaut de l'illicéité de la preuve des griefs retenus à son encontre au motif que ceux-ci résultaient d'un enregistrement réalisé à son insu à son domicile. Toutefois, il est constant, d'une part, que la métropole de Lyon n'est pas elle-même directement à l'origine de l'enregistrement en cause, lequel n'a pas été réalisé à sa demande, et d'autre part, que la décision de retrait d'agrément en litige est constitutive d'une mesure de police motivée par un intérêt public majeur tenant à la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs accueillis. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance les principes de loyauté et de légalité de la preuve doit en l'espèce être écarté comme inopérant.
6. En troisième lieu, contrairement à ce que fait valoir Mme E, la décision en litige, dont la motivation a été précédemment rappelée et qui se borne à indiquer au conditionnel que certains bruits, entendus lors des enregistrements, " pourraient être des coups ", n'est pas fondée sur la caractérisation de violences physiques de l'intéressée à l'encontre des enfants. Par suite, le moyen tiré de l'existence d'une erreur de fait à cet égard ne peut qu'être écarté.
7. En dernier lieu, Mme E fait valoir qu'elle exerce la profession d'assistante maternelle depuis de nombreuses années, qu'elle est particulièrement appréciée de ses employeurs comme en attestent plusieurs parents, qu'elle traversait au moment des faits une période difficile liée à la fin de vie de son ancien mari et que la mesure en litige présente en conséquence un caractère disproportionné. Toutefois, ainsi qu'il a été dit précédemment, Mme E ne conteste pas la teneur des propos inadaptés, injurieux et particulièrement malveillants qu'elle a tenus pendant plusieurs jours envers les enfants de 3 et 19 mois dont elle avait la garde, incompatibles avec leur épanouissement, et qui ne peuvent se justifier par les difficultés personnelles alléguées par l'intéressée. Mme E ne conteste pas plus, ainsi que le retient également la décision en litige, avoir passé plusieurs heures au téléphone durant le temps de garde des enfants, ni avoir laissé pleurer un bébé, parfois pendant plus de 30 minutes, sans réagir. Compte tenu de la gravité de l'ensemble de ces faits, et alors même que le procureur de la République a classé sans suite la plainte des parents de B et A au motif que l'infraction était " insuffisamment caractérisée ", le président de la métropole de Lyon n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en retirant à Mme E son agrément d'assistante maternelle.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de Mme E doivent être rejetées, ainsi par voie de conséquence, que ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E née D et à la métropole de Lyon.
Délibéré après l'audience du 2 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller ;
Mme Bardad, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.
Le rapporteur,
L. DelahayeLe président,
J. Segado
La greffière,
F. Abdillah
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026