mercredi 30 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2209252 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CADOUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 décembre 2022, M. B A, représenté par la Selarl Lozen Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 octobre 2022 par laquelle le préfet du Rhône a rejeté sa demande d'autorisation de regroupement familial au bénéfice de son épouse ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de faire droit à sa demande dans le délai d'un mois ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de quinze jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence de la signataire de la décision attaquée ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen de sa situation et d'une erreur de droit dès lors que la préfète s'est estimée à tort liée par le montant de ses ressources pour rejeter sa demande ;
- c'est à tort que le préfet a estimé que la condition de ressources n'était pas satisfaite ;
- le refus critiqué méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.
La requête a été communiquée à la préfète du Rhône, qui a produit des pièces enregistrées le 17 septembre 2024.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Le rapport de Mme Lacroix a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant tunisien né en 1984 et titulaire d'une carte de résident, M. A a sollicité une autorisation de regroupement familial au bénéfice de son épouse. Il demande l'annulation de la décision du 12 octobre 2022 par laquelle le préfet du Rhône a rejeté sa demande au motif que ses ressources n'étaient pas suffisantes.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : / 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ; () ". Aux termes de l'article L. 434-8 de ce code : " Pour l'appréciation des ressources mentionnées au 1° de l'article L. 434-7 toutes les ressources du demandeur et de son conjoint sont prises en compte, indépendamment des prestations familiales, de l'allocation équivalent retraite et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles, à l'article L. 815-1 du code de la sécurité sociale et aux articles L. 5423-1 et L. 5423-2 du code du travail. Ces ressources doivent atteindre un montant, fixé par décret en Conseil d'Etat, qui tient compte de la taille de la famille du demandeur et doit être au moins égal au salaire minimum de croissance mensuel et au plus égal à ce salaire majoré d'un cinquième () ". Au terme de l'article R. 434-4 du même code : " Pour l'application du 1° de l'article L. 434-7, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à : () / 2° Cette moyenne majorée d'un dixième pour une famille de quatre ou cinq personnes ; () ".
3. La décision attaquée a été signée par Mme C, adjointe à la cheffe du bureau des examens spécialisés, en vertu de la délégation que le préfet du Rhône lui a donnée par un arrêté du 16 septembre 2022 publié le 20 septembre suivant au recueil des actes administratifs de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision en litige doit être écarté.
4. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des termes circonstanciés de la décision en litige, que le préfet du Rhône a procédé à un examen particulier de la situation de M. A et ne s'est pas cru tenu de rejeter sa demande pour le seul motif qu'il a retenu tiré du caractère insuffisant de ses ressources. Par suite, les moyens tirés par le requérant du défaut d'examen de sa situation et de l'erreur de droit commise par l'autorité administrative doivent être écartés.
5. Pour rejeter la demande de M. A, le préfet du Rhône s'est fondé sur les dispositions citées au point 2 et sur la circonstance que, tant sur la période courant des mois de novembre 2020 à octobre 2021 où il s'est établi à 833,33 euros que sur l'année 2021 où il s'est établi à 936,66 euros, le revenu mensuel net moyen du requérant demeurait inférieur au montant de 1351,90 euros requis par ces dispositions pour une famille de quatre personnes. Si M. A soutient que l'autorité préfectorale s'est méprise sur sa situation et le niveau de ses ressources en 2021, la seule production d'un nouvel avis d'imposition faisant apparaître au titre de cette année un chiffre d'affaires de 17 000 euros déclaré en qualité d'auto-entrepreneur dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux ne suffit pas, compte tenu en particulier de l'abattement qu'il convient d'appliquer à ce montant au titre des charges afférentes à son activité, pour justifier de ce que le revenu effectivement perçu par le requérant excédait le montant minimum requis. Par suite, le moyen invoqué par M. A selon lequel il remplissait la condition de ressources qui lui a été opposée doit être écarté.
6. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Aux termes de l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants () l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
7. A l'appui de sa contestation, M. A fait également valoir sa situation familiale et, en particulier, la présence en France depuis 2015 de son épouse, titulaire d'une carte de séjour temporaire en qualité d'étudiante, et de leurs trois enfants nés 2016, 2017 et 2022. Toutefois, eu égard au motif ainsi qu'aux effets de la décision en litige, qui n'implique pas la séparation des membres de la famille de M. A, et alors que l'épouse du requérant se trouve en situation régulière sur le territoire français, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de la convention internationale relative aux droits de l'enfant citées au point précédent doivent être écartés. Les circonstances dont le requérant fait état ne suffisent pas davantage pour considérer que l'autorité préfectorale a entaché sa décision de refus d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences de cette décision sur la situation personnelle de M. A.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. A dirigées contre la décision du 12 octobre 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête de M. A à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de l'Etat, qui n'est pas partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
Mme Lacroix, première conseillère,
Mme Reniez, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 octobre 2024.
La rapporteure,
A. Lacroix
Le président,
A. Gille La greffière,
K. Schult
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026