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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2209266

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2209266

vendredi 29 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2209266
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantHASSID

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Hassid, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle la préfète du Rhône a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard :

- en cas d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour pour un motif de légalité interne, de lui délivrer, à titre principal, une carte de séjour temporaire et à titre subsidiaire, une autorisation provisoire de séjour,

- en cas d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour pour un motif de légalité externe, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- en méconnaissance des dispositions combinées des articles L. 211-2, L. 211-5 et L. 211-6 du code des relations entre le public et l'administration, la décision implicite de refus d'admission au séjour n'est pas motivée, la préfète du Rhône n'ayant pas répondu à sa demande du 15 décembre 2021, en sollicitant la communication des motifs ;

- la décision est entachée d'un vice de procédure :

. au regard des dispositions combinées des articles L. 422-13 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en l'absence de la saisine de la commission du titre de séjour ;

. au regard des dispositions combinées des articles R. 425-11 et R. 425-12 et 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il appartiendra à la préfète du Rhône de justifier :

. de la saisine de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII),

. de ce que le médecin auteur du rapport médical n'a pas siégé au sein du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration,

. que la délibération dudit collège était effectivement une délibération collégiale,

. de la compétence des médecins ayant participé à la délibération dudit collège ;

- la décision en litige est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa demande ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du même code, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire enregistré le 7 mars 2024, la préfète du Rhône informe le tribunal de ce qu'elle a délivré à M. A, le 30 janvier 2024, une carte de séjour temporaire valide du 29 novembre 2023 au 28 novembre 2024.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur un non-lieu à statuer s'agissant des conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête, une carte de séjour temporaire valide du 29 novembre 2023 au 28 novembre 2024 ayant été délivrée à M. A, le 30 janvier 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de cette audience publique :

- le rapport de Mme Baux,

- les observations de Me Cavalli représentant M. A

Considérant ce qui suit :

1. M. A, né le 10 octobre 1965, de nationalité togolaise, déclare être entré en France le 28 juillet 2006. L'intéressé a bénéficié d'une carte de séjour temporaire portant la mention " profession artistique et culturelle " valide du 26 mai 2009 au 25 juin 2010 qui sera successivement renouvelée jusqu'en septembre 2014. Par une décision du 23 novembre 2015, confirmée par un jugement du tribunal du 29 novembre 2016 puis par un arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon, du 19 juin 2017, le préfet du Rhône a rejeté une demande de l'intéressé tendant, à titre principal, à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 313-11, 7°), et L. 313-14 alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à titre subsidiaire, au renouvellement de sa carte de séjour. Le 17 octobre 2017, le requérant a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par un courrier du 30 mars 2018, le préfet du Rhône l'a informé de ce qu'il allait soumettre sa situation à la commission du titre de séjour. Le 22 janvier 2020, M. A a sollicité la délivrance d'une carte de séjour temporaire en qualité d'étranger malade. Par une décision en date du 4 août 2020, le préfet du Rhône lui a délivré une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". Par un courrier daté du 25 juin 2021, déposé auprès des services préfectoraux, l'intéressé a sollicité, à titre principal, la délivrance d'une carte de séjour temporaire sur le fondement des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code du séjour et de l'entrée des étrangers et du droit d'asile, et, à titre subsidiaire, le renouvellement de son dernier titre de séjour. Dans le silence gardé durant quatre mois par l'administration, une décision implicite de rejet de cette demande est née. Enfin, par un courrier reçu en préfecture le 15 décembre 2021, l'intéressé a sollicité la communication des motifs de cette décision. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de prononcer l'annulation de la décision par laquelle la préfète du Rhône a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour.

2. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, la préfète du Rhône a délivré le 30 janvier 2024 une carte de séjour temporaire valide du 29 novembre 2023 au 28 novembre 2024. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation par laquelle la préfète du Rhône a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour, ensemble ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ont perdu leur objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.

DÉCIDE :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête.

Article 2 : L'État versera à M. A la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 15 mars 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Baux, présidente,

M. Bertolo, premier conseiller,

M. Gueguen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mars 2024.

La présidente-rapporteure,

A. Baux

L'assesseur le plus ancien

dans l'ordre du tableau,

C. Bertolo

Le greffier,

J. P. Duret

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

2209266

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