mercredi 30 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2209314 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | LONCKE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 décembre 2022 et 24 janvier 2023, M. B A, représenté par Me Loncke, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 octobre 2022 par laquelle la commission de recours de l'invalidité a rejeté son recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la décision du 4 avril 2022 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande tendant à la révision de sa pension militaire d'invalidité pour aggravation de l'une des infirmités pensionnées ;
2°) d'enjoindre au ministre des armées de lui concéder la révision de sa pension au taux global d'invalidité de 100 %, au regard de l'aggravation de son infirmité liée au psycho-syndrome post-traumatique.
Il soutient que la décision attaquée a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 154-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 juillet 2024, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le moyen soulevé par M. A n'est pas fondé.
Par une décision du 16 janvier 2023, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C ;
- les conclusions de M. Gueguen, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, né le 26 mars 1941, a servi en qualité de harki dans l'armée française du 10 mai 1958 au 15 juin 1962 et a été reconnu en qualité de victime civile. Par un arrêté du 5 février 2007, le ministre des armées a concédé à M. A une pension militaire d'invalidité définitive au taux d'invalidité global de 80 % pour les infirmités de cervicarthrose C3 C4 post-traumatique et psycho-syndrome traumatique de révélation tardive. Par un arrêté du 26 mai 2015 pris en exécution d'un jugement du 14 octobre 2014 du tribunal départemental des pensions du Gard, le ministre des armées a révisé sa pension, à compter du 7 décembre 2011, au taux d'invalidité global de 90 %. En avril 2021, M. A a demandé une nouvelle révision de sa pension en faisant valoir l'aggravation de son psycho-syndrome traumatique avec révélation tardive. Par une décision du 4 avril 2022, le ministre des armées a rejeté sa demande. Le 5 juin 2022, M. A a saisi la commission des recours de l'invalidité d'un recours administratif préalable obligatoire, rejeté le 12 octobre 2022. Le requérant demande au tribunal l'annulation des décisions du 4 avril 2022 et du 12 octobre 2022 et la révision de sa pension militaire d'invalidité pour aggravation à hauteur de 100 %.
2. Aux termes de l'article L. 154-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " Le titulaire d'une pension d'invalidité concédée à titre définitif peut en demander la révision en invoquant l'aggravation d'une ou plusieurs des infirmités en raison desquelles cette pension a été accordée. / Cette demande est recevable sans condition de délai. / La pension ayant fait l'objet de la demande est révisée lorsque le pourcentage d'invalidité résultant de l'infirmité ou de l'ensemble des infirmités est reconnu supérieur de 10 points par rapport au pourcentage antérieur. / Toutefois, l'aggravation ne peut être prise en considération que si le supplément d'invalidité est exclusivement imputable aux blessures et aux maladies constitutives des infirmités pour lesquelles la pension a été accordée ".
3. Il résulte de ces dispositions que le droit à pension est destiné à réparer toutes les conséquences des faits de service dommageables telles qu'elles se révèlent par suite de l'évolution physiologique, pour autant qu'aucune cause étrangère, telle qu'une affection distincte de l'affection pensionnée, ne vienne, pour sa part, aggraver l'état de l'intéressé. Ainsi, l'aggravation de l'infirmité initiale, si elle est seulement due au vieillissement, peut justifier une révision du taux de la pension.
4. Il résulte de l'instruction que, pour rejeter la demande de M. A tendant à la révision de sa pension pour aggravation de l'infirmité de psycho-syndrome post-traumatique, la commission de recours de l'invalidité s'est fondée, en particulier, sur la divergence entre l'expertise médicale du médecin psychiatre expert désigné par le service des pensions et des risques professionnels, lequel a estimé, dans son rapport du 21 septembre 2021 que le taux d'invalidité global devait être porté à 100 %, et celle du médecin conseil chargé des pensions militaires d'invalidité, qui exprimait dans son avis du 16 février 2022 que l'aggravation n'était pas établie par rapport aux rapports médicaux précédemment établis en 2013, 1998 et 1996. La commission de recours de l'invalidité a également relevé que M. A n'avait produit à l'appui de son recours aucun document d'ordre médical de nature à contredire utilement l'analyse du médecin conseil du 16 février 2022.
5. D'une part, si le médecin psychiatre expert désigné par le service des pensions et des risques professionnels relève, dans son rapport du 21 septembre 2021, une " acutisation de l'anxiété au gré de l'actualité de guerre " et une " hypersensibilité aux faits violents avec moments limites confus et désorientés " en prenant pour exemple les attentats terroristes du Bataclan du 13 novembre 2015, le rapport d'expertise établi en 2013 évoquait également des " épisodes confusionnels ", une " anxiété permanente " de même nature. En outre, les troubles cognitifs relevés en 2021 se trouvaient également mentionnés dans le rapport de 2013, lequel évoquait " l'évolution en âge " et des " épisodes confusionnels ", de même que dans les rapports d'expertise médicale de 1996 et 1998 qui faisaient déjà état de " difficultés mnésiques ". D'autre part, l'expertise du médecin psychiatre expert, qui relève " une évolution sénile débutante " et des " éléments de sénilité ", fait ainsi apparaître une nouvelle affection, la sénilité, distincte de l'affection pensionnée, qui aggrave l'état de santé. Par suite, le moyen tiré de l'existence d'une aggravation du psycho-syndrome post-traumatique justifiant une révision de la pension de M. A doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
Mme Capucine Leravat, première conseillère,
Mme Aurélia de Tonnac, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 octobre 2024.
La rapporteure,
A. C
La présidente,
V. Vaccaro-Planchet
La greffière,
E. Gros
La République mande et ordonne au ministre des armées et des anciens combattants en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026