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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2209352

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2209352

mardi 20 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2209352
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantBOUHALASSA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 décembre 2022, M. D C, représenté par Me Bouhalassa, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 décembre 2022 par lequel le préfet du Rhône a décidé son transfert aux autorités bulgares ;

2°) d'annuler l'arrêté du 14 décembre 2022 par lequel le préfet du Rhône l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours.

M. C soutient que :

- il a été obligé de donner ses empreintes en Bulgarie alors qu'il ne souhaitait pas y demander l'asile ;

- il a également été obligé de donner ses empreintes en Autriche alors qu'il ne souhaitait pas y demander l'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 décembre 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du

26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 19 décembre 2022, ont été entendus :

- le rapport de Mme A,

- et les observations de Me Bouhalassa, représentant M. C, assisté de M. B, interprète en langue dari, qui sollicite l'admission du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et soutient en outre que la décision de transfert est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que le préfet n'a pas fait usage de la clause discrétionnaire prévue par l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013,

- en l'absence du préfet du Rhône, ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant afghan né le 9 mars 1995, a fait l'objet de deux arrêtés du 14 décembre 2022 par lesquels le préfet du Rhône a décidé son transfert aux autorités bulgares et l'a assigné à résidence. M. C demande l'annulation de ces arrêtés.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu de prononcer, dans les circonstances de l'espèce et en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la décision de transfert aux autorités bulgares :

3. Aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / L'Etat membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'Etat membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité [] ". Ces dispositions doivent être appliquées dans le respect des droits garantis par la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

4. M. C soutient qu'il a été forcé de donner ses empreintes en Bulgarie alors qu'il ne souhaitait pas y demander l'asile, qu'il souhaite demander l'asile en France où résident plusieurs membres de sa famille, où il envisage de reprendre des études pour devenir interprète, et où il a commencé un suivi médical. Toutefois, M. C ne produit aucun élément au soutien de ses déclarations relatives à ses proches qui résideraient en France, pas plus qu'à ses projets d'études sur le territoire. S'agissant de son état de santé, les pièces médicales produites à l'audience font seulement état d'un rendez-vous pour une consultation médicale et d'un traitement dermatologique, et ne révèlent aucune situation d'urgence ni aucune prise en charge qui ne pourrait être poursuivie en Bulgarie. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la décision litigieuse serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ne peut qu'être écarté.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet du Rhône.

Lu en audience publique le 20 décembre 2022.

La magistrate désignée,

C. ALa greffière,

F. Gaillard

La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

2209352

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