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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2209441

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2209441

jeudi 22 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2209441
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 décembre 2022, M. E A, retenu au centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry et représenté par Me Grepinet, demande au tribunal :

1°) avant dire droit, de juger que son dossier doit être mis à disposition par la préfecture ;

2°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

3°) d'annuler les décisions du 17 décembre 2022 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de trente-six mois ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions contestées :

- il devra être justifié des délégations de signature ;

- elles sont insuffisamment motivées et entachées d'un défaut d'examen de sa situation personnelle en ce qu'elles ne tiennent pas compte de sa résidence habituelle en France depuis 2014, année de ses douze ans, de l'ensemble de ses attaches familiales sur le territoire, de ses problèmes de santé et de son activité professionnelle ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- il bénéficie de la protection prévue au 2° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il justifie résider habituellement en France depuis l'âge de ses douze ans ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :

- elle méconnaît les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il justifie de garanties de représentation écartant le risque de soustraction à la mesure d'éloignement ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle méconnaît les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est disproportionnée dans sa durée.

Le préfet du Puy de Dôme a produit des pièces, enregistrées le 20 décembre 2022.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Lyon a désigné Mme C pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Sautier, magistrate désignée ;

- les observations de Me Grepinet, représentant M. A, qui reprend les conclusions et moyens de la requête mais déclare renoncer au moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions litigieuses ; il invoque la protection contre l'éloignement dont bénéficie M. A dès lors que ce dernier est entré en France avant ses treize ans, fait valoir les liens personnels qu'il a tissés sur le territoire avec une femme et son fils français qu'il dénomme sa belle-mère et son demi-frère, ainsi que ses efforts d'intégration, notamment professionnelle ; il soutient que ces liens et ces efforts d'intégration constituent des circonstances humanitaires justifiant que le préfet ne prononce pas d'interdiction de retour, laquelle est disproportionnée dans sa durée au regard de la durée de son séjour sur le territoire ;

- les observations de Me Tomasi, représentant le préfet du Puy de Dôme, qui conclut au rejet de la requête au motif que les moyens ne sont pas fondés ; il fait notamment valoir, s'agissant de l'obligation litigieuse, qu'aucune pièce ne vient démontrer que l'intéressé est arrivé en France avant l'âge de ses treize ans, ce qui ne lui ouvre pas le bénéfice de la protection prévue au 2° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il ne démontre pas l'intensité des liens qu'il a créés en France et en tout état de cause, son comportement constitue une menace pour l'ordre public restreignant le droit protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; s'agissant du refus de délai de départ volontaire, que son comportement représente une menace pour l'ordre public et qu'il existe un risque de soustraction dès lors qu'il n'a pas sollicité de titre de séjour, qu'il a manifesté l'intention de ne pas exécuter la mesure d'éloignement, qu'il n'a pas exécuté les précédentes et enfin, qu'il ne présente pas de garanties de représentation ; s'agissant de l'interdiction de retour, il fait valoir qu'elle est proportionnée, en particulier, au regard de la menace qu'il représente pour l'ordre public ;

- les observations de M. A, requérant.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par décisions du 17 décembre 2022, le préfet du Puy de Dôme a obligé M. A, ressortissant algérien né le 28 novembre 2002, à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de trente-six mois. Le requérant demande l'annulation de ces décisions.

Sur l'aide juridictionnelle :

2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions des articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions :

3. En premier lieu, l'arrêté du 17 décembre 2022 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a obligé M. A à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de trente-six mois vise les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que, notamment, les dispositions desarticles L. 611-1, L. 611-3, L.612-2, L. 612-3, L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il précise que l'intéressé déclare être entré sur le territoire national environ deux ans après son entrée en Espagne mais ne justifie pas de ses conditions d'entrée et de séjour en France, mentionne qu'il n'a pas exécuté deux précédentes mesures d'éloignement assorties d'une interdiction du territoire français, dont la durée a été à deux reprises prolongées, et qu'il a fait l'objet d'un procès-verbal de carence le 16 novembre 2022 pour non présentation dans le cadre de son assignation à résidence, qu'il est célibataire sans enfant et non dépourvu de liens familiaux en Algérie, enfin qu'il est très défavorablement connu des services de police pour des faits que le préfet énumère, qu'il a été condamné le 15 décembre 2020 par le tribunal pour enfants de F à un an de prison pour faits de vol avec violence ayant entrainé une incapacité totale de travail n'excédant pas huit jours aggravé par récidive et enfin qu'il a effectué une peine de prison durant un an au centre pénitentiaire de Fresnes avant d'être libéré en juillet 2022. Ainsi, alors que l'autorité administrative n'étant pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments caractérisant la situation administrative et personnelle de l'étranger, les décisions en litige comportent l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation des décisions attaquées doit être écarté.

4. En second lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué ni des autres pièces du dossier que le préfet du Rhône ne se serait pas livré à un examen réel et sérieux de la situation de M. A. Dès lors que le préfet n'est pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressé, la circonstance qu'il n'ait pas évoqué les liens privés qu'il allègue avoir créés en France, ses problèmes de santé évoqués lors de son audition comme étant terminés et son activité professionnelle, ne suffit pas à caractériser un tel défaut d'examen. Dès lors, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français :/()/ 2° L'étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans () ".

6. M. A fait valoir que le préfet du Puy de Dôme a méconnu l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il résidait en France avant l'âge de ses treize ans, soit avant le 28 novembre 2015. Toutefois, aucun élément n'est produit à l'instance pour corroborer l'allégation selon laquelle l'intéressé serait entré sur le territoire au cours de l'année 2014 après avoir vécu depuis 2013 dans un foyer en Espagne ni en outre pour démontrer qu'il résiderait, depuis, habituellement en France où il soutient avoir été scolarisé de 2016 à 2019 puis placé au foyer de jeunes travailleurs à F. Le moyen tiré de la méconnaissance du 2° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit donc être écarté.

7. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et liberté d'autrui ".

8. M. A fait valoir qu'il est arrivé en France en octobre 2014, qu'il parle français, qu'il y a rejoint " sa mère adoptive " et " son demi-frère ", de nationalité française, qui l'hébergent actuellement, après avoir été pris en charge par les services de la Mission Evaluation et Orientation Mineurs G D (B) en 2016 et scolarisé jusqu'en 2019, qu'il a été incarcéré deux mois en 2019 puis a été libéré sous contrainte, qu'il a été hospitalisé en 2020 sous contrainte pendant un mois en hôpital psychiatrique et suivi pendant un an, qu'il a effectué des stages en qualité de cuisinier dans un restaurant à F dont l'employeur lui a établi une promesse d'embauche, que son dossier de régularisation est en attente auprès de son avocate et enfin, qu'en cas d'éloignement vers l'Algérie, il sera isolé. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé, qui ne justifie par aucune pièce de l'ancienneté et du caractère habituel de sa résidence en France, s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français après deux obligations de quitter le territoire français prononcées à son encontre les 29 janvier 2021 et 5 décembre 2021 assortiesd'une interdiction de retour d'une durée respective de trois et deux ans, interdiction dont la durée a été prolongée à deux reprises les 31 août et 21 novembre 2022, pour respectivement deux et un ans. Si le requérant déclare lors de son audition du 17 décembre 2022 avoir déposé une demande de régularisation, il se borne à l'audience à soutenir que son dossier est entre les mains de son avocate. Il ne ressort pas des deux attestations produites qu'à la date de l'obligation de quitter le territoire français, les liens qu'il allègue entretenir avec une ressortissante française et son fils, avec lesquels il admet à l'audience n'être lié par aucun lien juridique, présentaient une intensité et une stabilité telle qu'ils justifiaient le maintien en France de l'intéressé. En outre, l'intéressé ne justifie pas, par la seule maîtrise de la langue française, les stages qu'il a effectués depuis mai 2021 en qualité de cuisinier et la promesse d'embauche qui lui a été faite, au demeurant postérieurement à la décision attaquée, d'une intégration particulière. Questionné sur son état de santé, l'intéressé se borne à affirmer, sans en justifier, qu'il bénéficie d'un traitement médicamenteux quotidien à base de calmants. Enfin, il n'est pas contesté que l'intéressé a été récemment condamné pénalement pour des faits de violence sur personne physique, dans des circonstances de récidive. Dans ces conditions, compte tenu de ses conditions de séjour, le préfet du Rhône n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels l'obligation a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit dès lors être écarté.

En ce qui concerne le refus de départ volontaire :

8. En application des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire si le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ou s'il existe un risque, sauf circonstances particulières, que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. Un tel risque peut être regardé comme établi notamment quand l'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à l'obligation, s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ou quand l'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5.

9. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet du Puy de Dôme a refusé d'accorder à M. A un délai de départ volontaire au motif que son comportement représente une menace pour l'ordre public et qu'il existe un risque de soustraction à la mesure d'éloignement dès lors que l'intéressé a explicitement déclaré ne pas vouloir se conformer à l'obligation litigieuse, n'a pas déféré à deux précédentes mesures d'éloignement antérieures et ne présente pas de garanties de représentation suffisantes. Si le requérant fait valoir que le risque de soustraction n'est pas établi dès lors qu'il justifie d'une adresse stable et qu'il a respecté ses obligations de pointage durant les mesures d'assignation, la carence constatée à partir du 8 novembre 2022 étant justifiée par ses contraintes professionnelles, il ne conteste pas s'être soustrait aux deux précédentes mesures d'éloignement prononcées à son encontre en 2021 et a déclaré lors de son audition le 17 décembre 2022 " ne pas souhaiter être renvoyé en Algérie ". En outre, les liens qu'il allègue entretenir avec une ressortissante française, qui l'aurait élevé, et son fils, ne saurait constituer, en l'absence d'éléments démontrant leur réalité et leur intensité, des circonstances particulières écartant le risque de soustraction. Par ailleurs, il ne conteste pas le parcours pénal que retrace le préfet qui a estimé que son comportement représente une menace pour l'ordre public. Dès lors, le préfet pouvait, sans erreur de droit ni erreur d'appréciation, refuser d'accorder à l'intéressé un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois :

10. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

11. Il ressort des termes de la décision en litige que, pour décider du principe et de la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français en litige, le préfet du Puy de Dôme a relevé que M. A, déclare sans en justifier être entré en France en octobre 2014, ne justifie pas de liens personnels et familiaux anciens, intenses et stables sur le territoire, s'est soustrait à deux précédentes mesures d'éloignement et représente une menace pour l'ordre public, sans qu'il ne justifie de circonstances humanitaires y faisant obstacle. Dans ces conditions, alors que le requérant ne justifie pas davantage à l'instance de l'ancienneté de son séjour en France ni de l'intensité des liens personnels qu'il y aurait créés, il n'est pas fondé à soutenir que la mesure d'interdiction de retour en litige pour une durée de trente-six mois méconnaîtrait les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droits d'asile ni qu'elle serait entachée d'erreur d'appréciation dans son principe comme dans sa durée.

12. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de faire droit à la mesure d'instruction sollicitée avant-dire-droit, que les conclusions à fin d'annulation des décisions du préfet du Puy de Dôme en date du 17 décembre 2022 doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E

Article 1er : M. A est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et au préfet du Puy de Dôme.

Jugement rendu en audience publique le 22 décembre 2022.

La magistrate désignée

M. CLa greffière,

G. Montezin

La République mande et ordonne au préfet du Puy de Dôme, en ce qui les concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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