jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2209515 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS ASTERIO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 12 décembre 2022, 4 octobre 2023 et 17 octobre 2023, la SASU Effet Lodge, représentée par le cabinet Asterio, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 2 novembre 2022 par laquelle la métropole de Lyon a refusé d'abroger partiellement la délibération du 13 mai 2019 approuvant la révision du plan local d'urbanisme et de l'habitat ;
2°) d'enjoindre à la métropole de Lyon d'inscrire à l'ordre du jour de son conseil l'abrogation partielle de la délibération du 13 mai 2019 approuvant la révision du plan local d'urbanisme et de l'habitat en tant qu'elle réduit la taille d'un espace boisé classé situé sur les parcelles cadastrées AP n° 241, 242, 244, 245 et 247 situées à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or et classe ces parcelles en zone urbanisée ;
3°) de mettre à la charge de la métropole de Lyon la somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa demande d'abrogation adressée à la métropole de Lyon, réceptionnée le 2 septembre 2022, n'a pas fait l'objet d'un accusé de réception, en violation des dispositions de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans la mesure où le parc des Ormes et l'espace boisé classé amputés par la délibération du 13 mai 2019 constituent un élément structurant du paysage de la commune, abritent des espèces à fort enjeux et où aucun élément tangible ne justifie du changement de zonage des parcelles en cause, qui ne forment pas une dent creuse et ne sont pas desservies par les réseaux ;
- les modifications contestées ont pour seule finalité de réaliser un programme immobilier de vingt-cinq logements fortement contesté par les habitants, dont les enjeux ne peuvent justifier l'atteinte au patrimoine environnemental ; par ailleurs, récemment, un refus de permis de construire a été opposé en raison du fait qu'il aurait conduit à porter atteinte à l'espace boisé classé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 octobre 2023, la métropole de Lyon, représentée par la SELARL Adden avocats Auvergne-Rhône-Alpes, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la SASU Effet Lodge le versement d'une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, la requérante étant dépourvue d'intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par la SASU Effet Lodge ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 21 septembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 27 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chapard,
- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,
- les observations de Me Teston, pour la SASU Effet Lodge, société requérante,
- et les observations de Me Chvetzoff, pour la métropole de Lyon.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 13 mai 2019, le conseil de la métropole de Lyon a approuvé la révision du plan local d'urbanisme et de l'habitat qui a, notamment, réduit la taille d'un espace boisé classé situé sur les parcelles cadastrées AP n° 241, 242, 244, 245 et 247 situées à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or et classé ces parcelles en zone urbanisée. La SASU Effet Lodge demande l'annulation de la décision implicite du 2 novembre 2022 par laquelle la métropole de Lyon a refusé d'abroger partiellement la délibération du 13 mai 2019, en tant qu'elle approuve cette réduction et ce classement.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception. " Aux termes de l'article L. 112-6 du même code : " Les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis ou ne comporte pas les indications exigées par la réglementation. / () ".
3. Les dispositions précitées, qui fixent, dans certains cas, une règle d'inopposabilité des délais de recours, sont sans incidence sur la légalité des décisions auxquelles s'applique cette règle. La SASU Effet Lodge ne peut, par suite, utilement soutenir que la décision implicite née à la suite du silence gardé par la métropole de Lyon sur sa demande d'abrogation partielle de la délibération du 13 mai 2019 approuvant la révision du plan local d'urbanisme et de l'habitat est illégale du fait que cette demande n'a pas donné lieu à un accusé de réception.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / () ". Aux termes de l'article R. 151-18 de ce code : " Les zones urbaines sont dites "zones U". Peuvent être classés en zone urbaine, les secteurs déjà urbanisés et les secteurs où les équipements publics existants ou en cours de réalisation ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter. " En application de l'article L. 113-1 du même code : " Les plans locaux d'urbanisme peuvent classer comme espaces boisés, les bois, forêts, parcs à conserver, à protéger ou à créer, qu'ils relèvent ou non du régime forestier, enclos ou non, attenant ou non à des habitations. Ce classement peut s'appliquer également à des arbres isolés, des haies ou réseaux de haies ou des plantations d'alignements. "
5. Il ressort des pièces du dossier que trois des cinq parcelles litigieuses étaient déjà classées en zone urbaine avant la révision du plan local d'urbanisme litigieuse, les deux autres étant en zone naturelle. La révision approuvée par la délibération du 13 mai 2019 de la métropole de Lyon classe ces cinq parcelles en zone URc2. Cette délibération a également pour objet de réduire l'emprise de l'espace boisé classé présent sur la parcelle n° AP 245. Si la requérante fait valoir que les cinq parcelles en question font partie du parc des Ormes, qui constitue un élément patrimonial fort participant à la qualité paysagère de la commune, et présentent un potentiel écologique important lié à la présence d'espèces protégées, il ressort des pièces du dossier que les évolutions du document d'urbanisme attaquées ne suppriment pas cet espace boisé, qui n'est que pour une superficie limitée situé sur ces parcelles, et s'accompagnent d'une augmentation de la surface totale de l'espace boisé, au nord et au sud du tènement en cause. Cette tendance à l'accroissement s'observe également à l'échelle de la commune de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, qui présentait, avant la révision litigieuse, 158,69 hectares d'espaces boisés classés, pour 171,13 hectares après l'approbation de cette révision. En outre, il n'est pas contesté que la diminution de l'emprise de l'espace boisé classé présent sur la parcelle cadastrée AP 245 a été opérée en tenant compte des arbres remarquables présents sur cette parcelle et de leur développement. S'agissant du classement des cinq parcelles en litige, outre le fait que seules deux d'entre elles passent d'une zone naturelle à une zone urbaine, ce classement répond aux orientations fixées par le projet d'aménagement et de développement durable pour la commune de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, notamment à celle visant à " contribuer au développement de l'offre de logements à prix abordables " et à " poursuivre l'effort de rattrapage " en matière de construction de logements sociaux, le règlement graphique habitat prévoyant sur le tènement en cause " une réservation " pour réaliser un programme immobilier composé en totalité de logements aidés. Le classement de ce tènement en zone URc2, qui est définie par le règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat comme une zone à dominante résidentielle regroupant des immeubles de logements collectifs dans un environnement paysager qualitatif, est ainsi en cohérence avec cette orientation. Accompagnés d'une augmentation de l'emprise totale de l'espace boise classé, qui demeure présent sur la parcelle cadastrée AP 245 malgré une réduction de sa surface à cet endroit précis, la révision du plan local d'urbanisme et de l'habitat approuvé en 2019 est également en cohérence avec l'orientation fixée par le projet d'aménagement et de développement durable visant à " affirmer la qualité de vie du cadre communal " et à valoriser le " cadre naturel exceptionnel des grandes propriétés qui contribuent au paysage et au patrimoine de la commune ". Dans ces conditions, et alors qu'il n'est pas démontré que les cinq parcelles, qui jouxtent une résidence pour personnes âgées et une zone urbanisée, ne seraient pas desservies par des équipements publics d'une capacité suffisante, la SASU Effet Lodge n'est pas fondée à soutenir que la métropole de Lyon a commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant d'abroger partiellement la délibération du 13 mai 2019 approuvant la révision du plan local d'urbanisme et de l'habitat.
6. En dernier lieu, comme cela a été dit au point précédent, le classement du tènement en litige en zone URc2 pour y permettre la réalisation d'un programme de constructions de logements aidés est en cohérence avec les orientations générales retenues par le projet d'aménagement et de développement durable. La circonstance selon laquelle le maire de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or a opposé, postérieurement à la décision attaquée, sur les parcelles litigieuses, un refus de permis de construire pour un projet immobilier n'est pas de nature à entacher d'illégalité le refus d'abroger partiellement la délibération du 13 mai 2019 approuvant la révision du plan local d'urbanisme et de l'habitat.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à demander l'annulation du refus implicite de la métropole de Lyon d'abroger partiellement la délibération du 13 mai 2019 approuvant la révision du plan local d'urbanisme et de l'habitat.
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par la SASU Effet Lodge au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la métropole de Lyon qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la SASU Effet Lodge le versement de la somme demandée par la métropole de Lyon au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SASU Effet Lodge est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la métropole de Lyon présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SASU Effet Lodge, à la métropole de Lyon et à la commune de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or.
Délibéré après l'audience du 25 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Jean-Pascal Chenevey, président,
- Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère,
- Mme Marie Chapard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.
La rapporteure,
M. Chapard
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
A. Baviera
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026