lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2209616 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS TOURNAIRE MEUNIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 décembre 2022, la société Atelier d'architecture Panthéons by Charlotte Dumas, représentée par la société d'avocats Tournaire Meunier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'avis de sommes à payer du 7 novembre 2022 d'un montant de 31 292,22 euros émis à son encontre par la région Auvergne-Rhône-Alpes, ainsi que la lettre de relance du 30 novembre 2022 tendant au versement de cette somme ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme qui lui est réclamée ;
3°) de mettre à la charge de la région Auvergne-Rhône-Alpes la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le manquement qui fonde les pénalités en litige n'est pas prévu par l'article 6.3.2 du CCAP ;
- la maîtrise d'œuvre n'a pas commis de faute et a effectué les diligences requises ;
- le maître de l'ouvrage ne démontre l'existence d'aucun préjudice.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 mars 2023, la région Auvergne-Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 500 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un courrier du 17 janvier 2023 et en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées que le tribunal était susceptible de relever d'office l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre une lettre de relance, qui ne constitue pas une décision susceptible de recours.
La société Atelier d'architecture Panthéons by Charlotte Dumas a présenté des observations en réponse au courrier le 24 janvier 2024.
Vu les actes attaqués et les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Reniez,
- les conclusions de Mme Allais, rapporteure publique,
- et les observations de Me Meunier pour la société requérante, ainsi que celles de Mme A pour la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Considérant ce qui suit :
1. Par un marché conclu le 11 décembre 2015 en vue de la réalisation des travaux de rénovation et d'extension du lycée Murat (Issoire), la région Auvergne a conclu un marché de maîtrise d'œuvre avec la société Atelier d'architecture Panthéon, mandataire d'un groupement comptant également les sociétés Igetec et Agna. Dans la perspective d'une modification du phasage des travaux envisagés au regard des nécessités de l'accueil du public, la région a demandé au maître d'œuvre d'interroger les entreprises concernées afin que celles-ci fassent connaître les conséquences financières et opérationnelles d'un changement de calendrier. Cessionnaire de ce contrat de maîtrise d'œuvre, la société requérante conteste les pénalités de retard dont la région Auvergne-Rhône-Alpes lui a demandé le paiement à hauteur de 31 292,22 euros en raison du retard mis par le groupement de maîtrise d'œuvre pour répondre à sa demande.
Sur les conclusions relatives à l'avis des sommes à payer du 7 novembre 2022 :
2. En vertu de l'article 9 du cahier des clauses techniques particulières du marché en litige, les tâches à effectuer par le maître d'œuvre au titre de sa mission de direction de l'exécution des travaux portent notamment sur l'" état d'avancement général des travaux à partir du planning général " et sur l'" information du maître d'ouvrage : avancement, dépenses et évolutions notables ". Aux termes de l'article 6.3.2. du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) de ce marché, relatif aux pénalités pour retard : " () les pénalités encourues par jour calendaire de retard sont les suivantes : / () / Réponse à une question de la maîtrise d'ouvrage : l/2000ème du montant total hors taxes du présent marché, dito pour demande d'un titulaire de marché, (demande faite par courrier télécopie mail ou tout moyen permettant de donner une date certaine), / () ".
3. Il résulte de l'instruction que la région Auvergne-Rhône-Alpes a sollicité le maître d'œuvre afin que celui-ci lui fournisse un état des réponses des différentes entreprises concernées par le changement envisagé du planning des travaux par un courrier électronique du 30 juin 2021, en lui fixant le 15 juillet 2021 comme échéance. Alors que seul un tableau incomplet faisant état des réponses reçues par le maître d'œuvre n'avait été produit le 22 septembre 2021 en réponse à un courrier de relance du 16 septembre précédent du maître d'ouvrage, celui-ci a mis la requérante en demeure, par un courrier du 28 octobre 2021, de lui produire un état récapitulatif des prétentions des entreprises concernées avant le 15 novembre 2021 et il est constant que l'état demandé a été produit le 3 février 2022.
4. Contrairement à ce que soutient la société requérante et en dépit des diligences répétées que celle-ci dit avoir dû effectuer en raison de l'inertie des entreprises qu'elle avait elle-même interrogées, l'absence de réponse satisfaisante du maître d'œuvre avant l'échéance fixée en dernier lieu au 15 novembre 2021 aux interrogations que le maître d'ouvrage lui avait soumises, dont l'objet n'a pas évolué au cours du temps, relève des prévisions de l'article 6.3.2 du CCAP cité au point 2 et justifiait légalement en l'espèce l'application des pénalités de retard prévues par cet article pour la période courant du 15 novembre 2021 au 3 février 2022. Par suite, les conclusions de la société requérante dirigées contre l'avis des sommes à payer du 7 novembre 2022 portant ampliation du titre de recette émis à son encontre le 3 août 2022 et mettant à sa charge la somme de 31 292,22 euros correspondant à ces pénalités doivent être rejetées, ainsi que ses conclusions tendant à la décharge de l'obligation de payer cette somme.
Sur les conclusions relatives à la lettre de relance reçue le 30 novembre 2022 :
5. La lettre par laquelle le comptable public invite une personne visée par un titre exécutoire à s'acquitter de la somme mise à sa charge par celui-ci ne constitue pas un acte faisant grief susceptible de recours. Par suite, les conclusions dirigées contre la lettre de relance en date du 15 novembre 2022 reçue par la requérante le 30 novembre suivant ne sont pas recevables et doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la requérante présentées sur leur fondement et dirigées contre la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui n'est pas partie perdante. La région Auvergne-Rhône-Alpes ne faisant pas état de frais spécifiquement exposés à l'occasion de la présente instance, il y a lieu de rejeter les conclusions qu'elle présente au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Atelier d'architecture Panthéons by Charlotte Dumas est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la région Auvergne-Rhône-Alpes présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Atelier d'architecture Panthéons by Charlotte Dumas, à la région Auvergne-Rhône-Alpes et à la direction régionale des finances publiques d'Auvergne-Rhône-Alpes.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
Mme Lacroix, première conseillère,
Mme Reniez, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.
La rapporteure,Le président,
E. ReniezA. Gille
La greffière,
K. Schult
La République mande et ordonne au préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026