mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2209643 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 décembre 2022, Mme D A agissant en qualité de représentante légale de son enfant mineur, M. F G C, représentée par Me Sabatier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 novembre 2022 par laquelle le préfet de la Loire a refusé de délivrer à son enfant mineur, M. F G C, une carte nationale d'identité et un passeport ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire de délivrer à son fils, M. F G C, une carte nationale d'identité française et un passeport, ou à tout le moins de réexaminer sa demande, dans un délai de d'un mois à compter de la notification du jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte attaqué ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que la fraude n'est pas établie et que le père de l'enfant, M. I G C, participe à son entretien et à son éducation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 janvier 2023, le préfet de la Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 29 février 2024 par une ordonnance du 7 février précédent.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de procédure civile ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le décret n° 55-1397 du 22 octobre 1955 instituant la carte nationale d'identité ;
- le décret n° 2005-1726 du 30 décembre 2005 relatif aux passeports ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jorda, conseillère,
- et les observations de Me Guillaume substituant Me Bescou, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. M. I G C, né le 28 février 1964 à Congo-Léopoldville, en République Démocratique du Congo, de nationalité française, a reconnu le 27 septembre 2021 l'enfant F G C né le 2 avril 2022 à Bron (Rhône), ayant pour mère Mme D A, née le 3 juillet 1992 à Soubré, en Côte d'Ivoire, ressortissante ivoirienne. Le 14 juin 2022, Mme A a sollicité la délivrance d'une carte nationale d'identité et d'un passeport pour son enfant, M. F G C, auprès du préfet de la Loire qui l'a informée, le 13 juillet suivant, que plusieurs éléments de son dossier suscitaient des doutes sur la réalité du lien de filiation unissant son enfant à M. H G C et sur la transmission de son dossier au référent fraude. Par une décision du 18 novembre 2022, le préfet de la Loire a rejeté les demandes de carte nationale d'identité et de passeport effectuées au nom de M. F G C. Par la présente requête, agissant en sa qualité de représentante légale de son fils mineur, Mme A demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. En premier lieu, par un arrêté n°20-45 du 24 août 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de la Loire du 25 août 2020, le préfet de la Loire a donné délégation à Mme E B, cheffe du centre d'expertise et des ressources titres CNI-passeports, à l'effet de signer tous les documents administratifs établis par son service, à l'exception de certains actes dont ne fait pas partie la décision en litige. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte doit, par suite, être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article 18 du code civil : " Est français l'enfant dont l'un des parents au moins est français ". Selon l'article 29 du même code : " La juridiction civile de droit commun est seule compétente pour connaître des contestations sur la nationalité française ou étrangère des personnes physiques. / Les questions de nationalité sont préjudicielles devant toute autre juridiction de l'ordre administratif ou judiciaire (). ". L'article 30 de ce code dispose également que : " La charge de la preuve, en matière de nationalité française, incombe à celui dont la nationalité est en cause. / Toutefois, cette charge incombe à celui qui conteste la qualité de Français à un individu titulaire d'un certificat de nationalité française délivré conformément aux articles 31 et suivants ". Aux termes de l'article 2 du décret du 22 octobre 1955 instituant la carte nationale d'identité : " La carte nationale d'identité est délivrée sans condition d'âge à tout Français qui en fait la demande ". Selon l'article 4 de ce décret : " I.- En cas de première demande, la carte nationale d'identité est délivrée sur production par le demandeur : / () / c) ou, à défaut de produire l'un des passeports mentionnés aux deux alinéas précédents, de son extrait d'acte de naissance de moins de trois mois, comportant l'indication de sa filiation () ". L'article 4 du décret du 30 décembre 2005 dispose : " Le passeport est délivré, sans condition d'âge, à tout Français qui en fait la demande ". Aux termes de l'article 5 de ce décret : " I. - En cas de première demande, le passeport est délivré sur production par le demandeur : / () 4° Ou à défaut de produire l'un des titres mentionnés aux alinéas précédents, de son extrait d'acte de naissance de moins de trois mois, comportant l'indication de sa filiation () ".
4. Pour l'application de ces dispositions, il appartient aux autorités administratives de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, que les pièces produites à l'appui d'une demande de carte nationale d'identité ou de passeport sont de nature à établir l'identité et la nationalité du demandeur. Seul un doute suffisant sur l'identité ou la nationalité de l'intéressé peut justifier le refus de délivrance ou de renouvellement de la carte nationale d'identité et du passeport. Dans ce cadre, si la reconnaissance d'un enfant est opposable aux tiers, en tant qu'elle établit un lien de filiation et, le cas échéant, en tant qu'elle permet l'acquisition par l'enfant de la nationalité française, et s'impose donc en principe à l'administration tant qu'une action en contestation de filiation n'a pas abouti, il appartient néanmoins au préfet ou à l'autorité consulaire s'il est établi, lors de l'examen d'une demande de titre, qu'une reconnaissance de paternité a été souscrite frauduleusement, de faire échec à cette fraude et de refuser, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la délivrance du titre sollicité.
5. Pour rejeter la demande de carte nationale d'identité et de passeport de l'enfant F G C né le 2 avril 2022, le préfet a considéré que sa nationalité française n'était pas établie dès lors notamment que la reconnaissance de paternité rédigée le 27 septembre 2021 a été effectuée uniquement dans le but d'octroyer la nationalité française à un enfant dont la mère est en situation irrégulière sur le territoire français. Pour contester ce motif, la requérante fait valoir que M. H G C, ressortissant français, qui a rédigé la reconnaissance de paternité de l'enfant alors à naître, participe à l'entretien et à l'éducation de cet enfant. Toutefois, d'une part, cette circonstance, qui au demeurant n'est pas établie par les pièces du dossier, est sans incidence sur la détermination de la filiation de l'enfant. D'autre part, il ressort des procès-verbaux des auditions réalisées au cours de l'enquête administrative diligentée par le pôle fraude de la préfecture de la Loire que Mme A et M. G C ont tous deux déclaré que cette dernière avait des relations intimes avec au moins un autre homme dans les mois qui ont précédé la naissance de l'enfant, soit au cours de la période de sa conception. De plus, tous les deux émettent de sérieux doutes quant à la paternité de l'enfant, M. G C ayant déclaré " je ne pourrai pas vous dire si je suis le père ou non, je suis même d'ailleurs presque sûr que non " et Mme A répondant, à la question " êtes-vous absolument certaine que le père de cet enfant est M. G C ' ", " moi je pense qu'il est de M. G C mais je ne peux pas en être sûre ". Ainsi dans les circonstances propres à l'affaire, et alors que les intéressés ont refusé de réaliser un test de paternité, le préfet a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, estimer qu'il existait un doute suffisant sur la filiation de l'enfant et sur sa nationalité française, et refuser pour ce motif de lui délivrer une carte nationale d'identité et un passeport. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées aux fins d'injonction et celles présentées au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et au préfet de la Loire.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bour, présidente ;
Mme Jorda, conseillère ;
Mme Le Roux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le1er octobre 2024.
La rapporteure,
V. JordaLa présidente,
A-S. Bour
La greffière,
C. Delmas
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026