jeudi 13 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2209709 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET DAUMIN COIRATON DEMERCIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés les 23 décembre 2022, 9 mai 2023 et 12 novembre 2024, M. et Mme B et H K, Mme F G et M. et Mme E et I A, les deux premiers nommés ayant la qualité de représentants uniques, représentés par la SELAL Daumin Coiraton-Demercière, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 juillet 2022 par lequel le maire de Corbas a délivré à M. et Mme D un permis de construire pour la construction d'une maison individuelle avec piscine et garage, ainsi que la décision de rejet de leur recours gracieux formé contre cette autorisation d'urbanisme ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Corbas la somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable dès lors qu'ils ont respecté les obligations de notification prévues par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme et qu'ils justifient d'un intérêt pour agir ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- le permis de construire a été délivré sur la base d'un dossier de demande incomplet ;
- il est entaché de fraude dans l'application de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, les pétitionnaires ayant affirmé, au sein de la demande de permis de construire, bénéficier d'une servitude de tréfonds pour le raccordement du terrain aux réseaux publics ;
- il méconnaît le caractère du secteur URi1b du règlement annexé au plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon en raison de l'implantation de la maison projetée en fond de parcelle ;
- il méconnaît l'article 2.1.1 de la zone URi1 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon dès lors que la maison sera implantée à plus 5 mètres de la limite de référence ;
- il méconnaît les dispositions du règlement annexé au plan de prévention des risques naturels d'inondation (PPRNi) de la vallée de l'Ozon ;
- il méconnaît l'article 5.1.1.2.1 des dispositions communes à toutes les zones du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires, enregistrés les 4 avril et 22 octobre 2023 M. et Mme D, représentés par la SELARL Adden avocats Auvergne-Rhône-Alpes, concluent au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est irrecevable, faute pour les requérants de justifier d'un intérêt pour agir et d'avoir respecté les obligations de notification prévues par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un mémoire, enregistré le 8 novembre 2024, la commune de Corbas conclut au rejet de la requête.
Elle s'en remet aux écritures des pétitionnaires qu'elle reprend à son compte.
Par ordonnance du 13 décembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 janvier 2025 à 16 h 30.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Flechet, rapporteure,
- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,
- les observations de Me Brand, représentant M. et Mme K et autres requérants,
- et celles de Me Magana, représentant la commune de Corbas.
Considérant ce qui suit :
1. Le 5 avril 2022, M. et Mme D ont déposé en mairie de Corbas une demande de permis de construire pour la construction d'une maison individuelle avec piscine et garage. Les requérants demandent d'annuler l'arrêté du 25 juillet 2022 accordant l'autorisation d'urbanisme ainsi sollicitée ainsi que la décision de rejet de leur recours gracieux formé contre cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal. () ".
3. L'arrêté attaqué a été signé par M. C J, premier adjoint au maire délégué à l'urbanisme et aux déplacements, qui disposait d'une délégation de fonctions dans le domaine de l'urbanisme par arrêté du maire de Corbas du 26 mai 2020. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence, faute d'une délégation accordée au bénéfice du signataire de l'arrêté attaqué, doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; () ". En vertu de l'article R. 431-9 de ce code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. () Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. () ".
5. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
6. Il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire déposée par M. et Mme D comporte deux documents graphiques qui ne permettent pas d'apprécier l'insertion de l'accès au terrain d'assiette du projet. Cependant, la configuration de cet accès est représentée avec précision sur le plan de masse, qui indique que l'accès et le portail existants seront conservés. Le traitement du terrain est en revanche bien exposé par ces deux documents graphiques, qui sont à cet égard suffisants et n'ont pas à représenter la partie du terrain d'assiette déjà construite non impactée par les travaux en litige. En tout état de cause, le plan de masse matérialise ces éléments bâtis existants, lesquels sont mentionnés par la notice descriptive et visibles sur les photographies annexées à ce dernier document. Enfin, la desserte à la construction projetée depuis l'accès existant est matérialisée sur le plan de masse, qui indique en outre que cette voie de desserte sera réalisée en graviers.
7. Par ailleurs, les dispositions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme n'ont pas pour objet et ne sauraient avoir pour effet d'imposer aux pétitionnaires de justifier, dans leurs demandes d'autorisations d'urbanisme, des autorisations éventuellement nécessaires sur le fondement du droit privé pour assurer le raccordement aux réseaux publics des ouvrages projetés. En l'espèce, le dossier de demande de permis de construire présenté par M. et Mme D comporte un plan de masse du projet et un plan de masse des réseaux sur lesquels figure le tracé des réseaux d'évacuation des eaux usées, d'eau potable et d'électricité, depuis la construction projetée jusqu'au point de raccordement avec le collecteur situé en contrebas, propriété des riverains, puis de ce point de raccordement jusqu'aux réseaux publics présents au droit de la rue de l'Agriculture ensuite, grâce à une servitude de passage en tréfonds sous l'impasse de l'Agriculture, mentionnée sur le plan de masse, distinctement de la servitude de passage sur cette même impasse. Ainsi, le dossier comporte des informations suffisantes à l'appréciation des modalités de raccordement aux réseaux publics concernés par le projet, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que celui-ci nécessiterait un raccordement au réseau de gaz.
8. Il résulte des trois points précédents que le moyen tiré du caractère incomplet du dossier de demande de permis de construire doit être écarté en toutes ses branches.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; / () ". En vertu du dernier alinéa de l'article R. 431-5 du même code, la demande de permis de construire comporte l'attestation du demandeur qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis.
10. Il résulte de ces dispositions que les demandes de permis de construire doivent seulement comporter l'attestation du pétitionnaire qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 cité ci-dessus. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Ainsi, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 423-1 du code doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande. Lorsque l'autorité saisie d'une demande de permis de construire vient à disposer, au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une mesure d'instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux, il lui revient de refuser la demande de permis pour ce motif. La fraude est caractérisée lorsqu'il ressort des pièces du dossier que le pétitionnaire a eu l'intention de tromper l'administration sur sa qualité pour présenter la demande d'autorisation d'urbanisme.
11. Par ailleurs, en vertu de l'article 6.2 des dispositions communes à toutes les zones du règlement annexé au plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon : " 6.2.1 - Eau potable. Toute construction ou installation susceptible de requérir une alimentation en eau potable est raccordée au réseau public de distribution d'eau potable conformément aux conditions définies par le règlement du service public de l'eau. / () 6.3.2 - Dans les zones U et AU. 6.3.2.1 - Eaux usées domestiques. a. Dans les zones d'assainissement collectif. Dans ces zones définies au zonage d'assainissement, toutes les constructions ou installations nouvelles sont raccordées au réseau public d'assainissement. / () ".
12. Comme il a déjà été dit, il ressort des pièces du dossier que le dossier de demande de permis de construire présenté par M. et Mme D comporte un plan de masse du projet et un plan de masse des réseaux sur lesquels figure le tracé des réseaux d'évacuation des eaux usées, d'eau potable et d'électricité, depuis la construction projetée jusqu'au point de raccordement avec le collecteur situé en contrebas, propriété des riverains, puis de ce point de raccordement jusqu'aux réseaux publics présents au droit de la rue de l'Agriculture ensuite, grâce à une servitude de passage en tréfonds sous l'impasse de l'Agriculture, mentionnée sur le plan de masse, distinctement de la servitude de passage sur cette même impasse. Le permis de construire étant délivré sous réserve des droits des tiers, les requérants ne peuvent utilement soutenir que les pétitionnaires ont indiqué une servitude de tréfonds sur le plan de masse sans justifier en être titulaires. En outre, le service instructeur disposait de l'avis favorable des services de la métropole de Lyon du 27 avril 2022, précisant, pour le raccordement du projet aux réseaux d'eaux usées et d'eau potable, que " le demandeur doit obtenir l'autorisation du propriétaire du fonds privé (fonds servant) " pour le passage de son réseau, puisque les réseaux publics sont situés sous la rue de l'Agriculture. Le maire ayant d'ailleurs délivré le permis de construire attaqué sous réserve que les prescriptions émises dans les avis soient respectées, il est réputé s'être approprié cette prescription émise le 27 avril 2022. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'autorité compétente a été induite en erreur quant à l'existence de la servitude de tréfonds située sous l'impasse de l'Agriculture dont se prévalent les pétitionnaires dans leur demande. En tout état de cause, l'éventuelle manœuvre quant à l'existence de cette servitude est sans incidence sur leur qualité pour déposer la demande de permis de construire, au sens de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme. Enfin, à supposer que les requérants aient entendu se prévaloir d'une fraude, non pas uniquement dans le cadre de l'application de ce dernier article, mais également de l'application des dispositions citées au point 11, la mention de la servitude en cause au dossier de demande d'autorisation d'urbanisme ne permet pas, à elle seule, d'établir que les pétitionnaires auraient délibérément porté cette indication au dossier en vue de tromper l'administration quant à la possibilité de raccorder le projet aux réseaux publics. Par suite, le moyen tiré de la fraude doit être écarté en toutes ses branches.
13. En quatrième lieu, aux termes du préambule de la zone URi1 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon : " Cette zone regroupe les secteurs à dominante résidentielle et d'habitat individuel dont le bâti s'organise principalement selon un front bâti homogène soit à l'alignement, soit en recul de la voie. L'occupation des terrains à l'arrière du front bâti est variable mais toujours accompagnée d'une végétation abondante, perçue depuis la rue. / L'objectif est d'accompagner la gestion de ces espaces en préservant leur organisation urbaine, tout en permettant une évolution du bâti. / La zone comprend quatre secteurs URi1a, URi1b, URi1c et URi1d qui se distinguent par une gestion différenciée du rapport entre le bâti et les espaces végétalisés. "
14. Si la zone URi1 se caractérise par des constructions principalement implantées selon un front bâti à l'alignement ou en recul de la voie, il ne résulte pas de ces dispositions que les implantations de villas en fond de parcelle seraient prohibées en présence d'un front bâti homogène. Au surplus, il ne ressort pas des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet se situerait au sein ou dans la continuité d'un front bâti. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance par le projet du caractère du secteur URi1b doit être écarté.
15. En cinquième lieu, aux termes de l'article 2.1.1 du règlement applicable à la zone URi1 de PLU-H de la métropole de Lyon : " Les constructions peuvent être implantées soit en limite de référence* ou en limite de la marge de recul*, soit en recul* de ces dernières. / () En cas de recul*, ce dernier est au maximum égal à 5 mètres (Rl = 5 m). / () ". Aux termes de l'article 2.1.1 des dispositions communes à toutes les zones du règlement annexé au PLU-H : " a. Emprises publiques et voies constituant des limites de référence. • La limite de référence. La limite de référence est constituée par la limite séparant : - d'une part, les emprises publiques et les voies privées définies ci-après ; - d'autre part, la propriété riveraine de ces voies. / Les emprises publiques et les voies sont exclusivement constituées des emprises et voies existantes ou à créer, permettant notamment la desserte des constructions, usages des sols, natures d'activités et des opérations d'aménagement, de division ou de construction admises par le règlement de zone, énumérées ci-après : - les voies publiques ou privées ouvertes ou destinées à être ouvertes à la circulation automobile (). / Les servitudes de passage et les espaces de dessertes internes ne constituent pas des limites de référence au sens de la présente définition. " En vertu de l'article 2.1.3 de ces mêmes dispositions communes : " - Champ d'application. a. Premier rang Les constructions de premier rang par rapport à la limite de référence sont celles qui sont implantées : - soit sur cette limite ; - soit en recul par rapport à cette limite, à la condition qu'aucune construction principale ne puisse s'interposer entre elles et cette limite. / b. Second rang. Les constructions de second rang sont : - lorsque le terrain est bordé par une limite de référence, celles qui sont situées à l'arrière d'une construction de premier rang implantée sur le même terrain, et qui ne lui sont pas contigües ; - lorsque le terrain n'est pas bordé par une limite de référence, celles qui sont situées sur ce terrain. Les dispositions du règlement relatives à l'implantation des constructions par rapport aux emprises publiques et voies ne leur sont pas applicables. ".
16. Il ressort des pièces du dossier que la maison projetée sera implantée en fond de parcelle au regard de l'impasse des Mousserons, à l'arrière de la construction existante située sur cette même parcelle. Par ailleurs, la configuration des lieux permet l'implantation future d'une construction principale sur l'espace libre restant, au nord-ouest de la parcelle d'assiette, entre cette impasse et la construction projetée. Dans ces conditions, cette dernière doit être regardée comme implantée en second rang, au sens des dispositions de l'article 2.1.3 précité. Par conséquent, les dispositions du règlement relatives à l'implantation des constructions par rapport aux emprises publiques et voies ne sont pas applicables au permis de construire attaqué, conformément à ce que prévoient ces mêmes dispositions de l'article 2.1.3. Les requérants ne peuvent par suite utilement invoquer la méconnaissance de l'article 2.1.1 des dispositions de la zone URi1 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon, en raison d'un recul supérieur à 5 mètres depuis l'impasse des Mousserons.
17. En sixième lieu, aux termes du paragraphe 0.2 du préambule du règlement annexé au plan de prévention des risques naturels d'inondation de la vallée de l'Ozon : " Les zones non exposées à un risque d'inondation mais susceptibles d'aggraver ce risque sont classées en zone A (zone blanche). Ces zones sont appelées " zones d'apport en eaux pluviales ". A chacune de ces 4 zones s'applique le titre spécifique correspondant. ". En vertu de l'article 2 du titre 3 de ce règlement : " Prescriptions. L'imperméabilisation nouvelle occasionnée par : • toute construction nouvelle soumise à autorisation au titre du Code de l'Urbanisme. Cela ne concerne ni les changements de destination, ni les extensions de bâtiment existant conduisant à une augmentation de la surface imperméabilisée de moins de 30 m2. • tout équipement ou infrastructure dont la surface est supérieure à 1 ha ne doit pas augmenter le débit naturel en eaux pluviales de la parcelle (ou du tènement*). Cette prescription est valable pour tous les évènements pluvieux jusqu'à l'événement d'occurrence 30 ans. () Les débits seront écrêtés au débit naturel avant aménagement ou au plus au débit de 6 l / ha / s. Le dispositif d'écrêtement sera dimensionné pour limiter ce débit de restitution pour une pluie d'occurrence 30 ans. Le pétitionnaire devra réaliser une étude technique permettant de justifier la prise en compte de ces prescriptions. () ".
18. Il ressort des termes de l'étude de gestion des eaux pluviales jointe à la demande de permis de construire de M. et Mme D qu'a été prise en compte, pour le dimensionnement du dispositif de gestion de ces eaux, une surface imperméabilisée de 445 m² correspondant à la surface " toitures-terrasse-piscine ", ainsi qu'une surface imperméabilisée de 135 m² pour la voirie et le " parking - finitions enrobé ". Contrairement à ce que soutiennent les requérants, cette étude, qui se limite à bon droit aux surfaces nouvellement imperméabilisées par les travaux projetés, n'avait pas à prendre également en compte les surfaces imperméabilisées existantes, qui entraîne un débit en eaux pluviales réputé être déjà géré.
19. Il ressort des pièces du dossier que le maire de Corbas a délivré le permis de construire en litige en l'assortissant d'une prescription imposant aux pétitionnaires de respecter strictement les prescriptions réglementaires du plan de prévention des risques naturels d'inondation de la vallée de l'Ozon. Par suite, alors même que l'étude de gestion des eaux pluviales jointe à la demande de permis de construire n'a pas été établie avec un dispositif d'écrêtement dimensionné pour limiter le débit de restitution pour une pluie d'occurrence de 30 ans, l'autorisation d'urbanisme en litige ne méconnaît pas les prescriptions réglementaires du plan de prévention des risques naturels d'inondation de la vallée de l'Ozon
20. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. " Aux termes de l'article 5.1.1.1.4 des dispositions communes à toutes les zones du PLU-H de la métropole de Lyon : " Voie de desserte du terrain. La voie de desserte du terrain (privée, publique ou emprise d'une servitude de passage), assure la desserte automobile de celui- ci. Elle lui est toujours extérieure. " En vertu de l'article 5.1.1.2 des dispositions communes à toutes les zones de ce même règlement : Règles. 5.1.1.2.1 - Conditions de desserte des terrains par les voies. a. Règles applicables à l'ensemble des voies de desserte. Les voies de desserte des terrains : - présentent des caractéristiques répondant à la nature et à l'importance du projet situé sur le terrain à desservir ; - permettent la mise en œuvre de la défense incendie des constructions desservies. / () ".
21. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est desservi par l'impasse de l'Agriculture. Si ce terrain se situe au fond de cette impasse, dont la largeur de quatre mètres ne permet que difficilement à deux véhicules de se croiser, cette impasse rectiligne ne dessert que cinq autres villas et est bordée, au niveau de trois des accès à celles-ci, d'espaces permettant un croisement des véhicules. En outre, le débouché de cette impasse sur la rue de l'Agriculture, en forme d'entonnoir, permet à un véhicule entrant de stationner le temps du passage d'un véhicule sortant de l'impasse. Dans ces conditions, et compte tenu de la nature du projet, dont l'objet est la construction d'une villa, le permis de construire attaqué ne méconnaît pas les dispositions de l'article 5.1.1.2.1 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon et n'est pas entaché d'erreur manifeste dans l'application de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
22. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. et Mme K et autres requérants doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune de Corbas, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge des requérants la somme globale de 1 500 euros à verser à M. et Mme D au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme K et autres requérants est rejetée.
Article 2 : M. et Mme K et autres requérants verseront une somme globale de 1 500 euros à M. et Mme D en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme K, représentants uniques, à la commune de Corbas et à M. et Mme D.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
Mme Marine Flechet, première conseillère,
Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2025.
La rapporteure,
M. Flechet
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
S. Saadallah
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026