jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2300150 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LEBEAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 janvier 2023 et 24 janvier 2024, M. et Mme C B, représentés par Me Lebeaux, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 21 novembre 2022 par laquelle le conseil de la métropole de Lyon a approuvé la modification n° 3 du plan local d'urbanisme et de l'habitat en tant qu'elle fixe une règle de hauteur de 16 mètres, applicable à la parcelle cadastrée section BP n° 37 située dans le 8ème arrondissement de Lyon ;
2°) de mettre à la charge de la métropole de Lyon le versement d'une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt à agir ;
- la règle de hauteur applicable à leur parcelle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et n'est pas justifiée dans le rapport de présentation, en méconnaissance de l'article R. 151-2 du code de l'urbanisme ;
- cette règle révèle une contradiction avec le jugement n° 1909075 devenu définitif rendu par le tribunal administratif de Lyon le 26 novembre 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 septembre 2023, la métropole de Lyon, représentée par la SELARL Carnot avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que les requérants lui versent solidairement la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que les requérants auraient dû saisir le tribunal d'une requête en difficulté d'exécution du jugement n° 1909075 ;
- les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.
Par une lettre du 8 janvier 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 29 janvier 2024 sans information préalable.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 5 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,
- les observations de Me Lebeaux, représentant M. et Mme B, requérants,
- et celles de Me Arnaud, représentant la métropole de Lyon.
Considérant ce qui suit :
1. Par délibération du 21 novembre 2022, le conseil de la métropole de Lyon a approuvé la modification n° 3 du plan local d'urbanisme et de l'habitat. M. et Mme B demandent l'annulation de cette délibération en tant qu'elle fixe une règle de hauteur de 16 mètres, applicable à la parcelle cadastrée section BP n° 37 située dans le 8ème arrondissement de Lyon.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. () ". Aux termes de l'article L. 151-8 du même code : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. ". Aux termes de l'article L. 151-18 de ce code : " Le règlement peut déterminer des règles concernant l'aspect extérieur des constructions neuves, rénovées ou réhabilitées, leurs dimensions, leurs conditions d'alignement sur la voirie et de distance minimale par rapport à la limite séparative et l'aménagement de leurs abords, afin de contribuer à la qualité architecturale, urbaine et paysagère, à la mise en valeur du patrimoine et à l'insertion des constructions dans le milieu environnant. ". Et aux termes de l'article R. 151-2 du même code : " Le rapport de présentation comporte les justifications de () : / 2° La nécessité des dispositions édictées par le règlement pour la mise en œuvre du projet d'aménagement et de développement durables et des différences qu'elles comportent, notamment selon qu'elles s'appliquent à des constructions existantes ou nouvelles ou selon la dimension des constructions ou selon les destinations et les sous-destinations de constructions dans une même zone ; / () ".
3. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction, sans que puisse leur être opposé un droit acquis au maintien des classements et prescriptions d'urbanisme antérieures. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
4. En l'espèce, la parcelle en litige est classée en zone URm1, zone composite à dominante d'habitat collectif à intermédiaire, couvrant des secteurs de liaison entre les quartiers centraux et les quartiers périphériques. Le rapport de présentation du plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) précise que le bâti, de volumétrie variée selon les secteurs, s'y organise majoritairement en ordre discontinu, de façon dense en front de rue ou avec de faibles reculs. Les objectifs de cette zone sont de favoriser et d'accompagner un fort renouvellement urbain, dans une diversité de formes et de gabarits des constructions, afin de concilier densité et enjeux environnementaux et de favoriser les transparences visuelles vers les cœurs d'îlots. Il ressort des pièces du dossier, en particulier de la représentation graphique de la règle de hauteur, que la hauteur maximale autorisée est de 16 mètres pour les constructions implantées en bande de constructibilité principale le long de la rue Saint-Maurice et de 22 mètres pour celles implantées rue Saint-Nestor, cette règle de hauteur n'étant pas déterminée en fonction du zonage mais en tenant compte du parti d'urbanisme retenu à l'égard des constructions implantées le long d'une même voie, afin que ces constructions soient intégrées au sein de la morphologie urbaine existante. Par ailleurs, s'il est vrai que le rapport de présentation indique qu'il poursuit l'objectif de prise en compte de la décision rendue par le tribunal administratif le 26 novembre 2020 annulant la règle de hauteur de 13 mètres pour la parcelle cadastrée section BP n° 37, il n'appartient pas au rapport de présentation de justifier le classement et les règles applicables à l'échelle de chaque parcelle. La circonstance que la parcelle contigüe cadastrée section BP n° 38 se voit appliquer la règle de hauteur maximale de 22 mètres et que cette parcelle, ainsi que la parcelle litigieuse, aient fait l'objet du même classement pendant de longues années est sans incidence sur l'application de la règle de hauteur, cette parcelle contiguë étant d'ailleurs située à l'angle des rues Saint-Maurice et Saint-Nestor. De même, la circonstance que l'architecte des bâtiments de France recommande un aménagement commun de ces deux parcelles est sans incidence sur la légalité de la délibération contestée. Enfin, la prescription de continuité obligatoire grevant ces deux parcelles, imposant une implantation des constructions d'une limite séparative latérale à l'autre, ne fait pas obstacle à ce qu'elles soient soumises à des règles de hauteur différentes. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la hauteur maximale de 16 mètres procède d'une appréciation manifestement erronée doit être écarté.
5. En second lieu, la règle de hauteur maximale ainsi définie ne révèle aucune contradiction avec le jugement n° 1909075 devenu définitif rendu par le tribunal administratif de Lyon le 26 novembre 2020, lequel s'est fondé sur ce que seule la parcelle en litige se trouvait soumise, à l'échelle de la rue et même du secteur, à une limitation de la règle de hauteur à 13 mètres. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'autorité de la chose jugée ne peut qu'être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. et Mme B ne sont pas fondés à demander l'annulation de la délibération du 21 novembre 2022 en tant qu'elle fixe une règle de hauteur de 16 mètres, applicable à la parcelle cadastrée section BP n° 37.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la métropole de Lyon, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge solidaire des requérants le versement d'une somme de 1 400 euros à la métropole de Lyon au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : M. et Mme B verseront solidairement à la métropole de Lyon la somme de 1 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C B et à la métropole de Lyon.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
Mme Marine Flechet, première conseillère,
Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
La rapporteure,
F.-M. ALe président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
A. Baviera
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026