vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2300161 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | ROYON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 janvier 2023, M. D C, représentée par Me Royon demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 juillet 2022 par laquelle le préfet de la Loire a refusé de lui délivrer un document de circulation pour étranger mineur (A) pour l'enfant H C ;
2°) d'enjoindre à titre principal au préfet de la Loire de lui délivrer le document de circulation pour étranger mineur demandé dans un délai d'un mois à compter de la date du jugement à intervenir, sous peine d'astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre à titre subsidiaire au préfet de la Loire de procéder à un nouvel examen de sa demande de A dans un délai d'un mois à compter de la date du jugement à intervenir, sous peine d'astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser Me Royon en application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, étant ici précisé que cette dernière renoncerait dans ce cas à percevoir l'indemnité allouée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- le signataire de la décision en litige ne disposait pas de la compétence pour ce faire ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2024, le préfet de la Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle n°2022/015525 du 10 novembre 2022, M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme E, magistrate rapporteure,
- les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est né en Côte d'Ivoire en 1999. Il est de nationalité française et réside sur le territoire français. Son frère M. B C, ainsi que l'épouse de ce dernier, Mme G, demeurant en Côte d'Ivoire sont décédés respectivement le 30 décembre 2019 et le 30 avril 2020 en laissant derrière eux leur fille mineure, H C, née le 14 octobre 2011 à Gagnoa en Côte d'Ivoire. Avant leur décès, le 20 février 2020, M. B C, père H a obtenu une ordonnance en délégation de l'autorité parentale sur H à son frère français M. D C par le Tribunal de Première Instance de Gagnoa en Côte d'Ivoire. La fillette entrait sur le territoire français, afin de rejoindre son oncle dès février 2020. Le 9 décembre 2021, le tribunal judiciaire de Saint-Etienne rendait un jugement d'exequatur à l'égard de l'ordonnance ivoirienne de délégation d'autorité parentale. Dans l'intérêt de sa nièce mineure, M. D C a sollicité la délivrance d'un A auprès des services préfectoraux de la Loire. Par décision du 05 juillet 2022, la préfète de la Loire a refusé la délivrance de ce document. C'est la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 414-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un document de circulation pour étranger mineur est délivré à l'étranger mineur résidant en France : 1° Dont au moins l'un des parents est titulaire d'une carte de séjour temporaire, d'une carte de séjour pluriannuelle ou d'une carte de résident ; 2° Qui est l'enfant étranger d'un ressortissant français ou un descendant direct d'un citoyen de l'Union européenne, d'un ressortissant de la République d'Islande, de la Principauté du Liechtenstein, du Royaume de Norvège ou de la Confédération suisse satisfaisant aux conditions énoncées aux 1° ou 2° de l'article L. 233-1 ou qui est l'enfant à charge d'un ressortissant d'un de ces mêmes Etats satisfaisant aux conditions énoncées au 3° du même article L. 233-1 ; 3° Qui est un descendant direct à charge du conjoint d'un citoyen de l'Union européenne, d'un ressortissant de la République d'Islande, de la Principauté du Liechtenstein, du Royaume de Norvège ou de la Confédération suisse satisfaisant aux conditions énoncées aux 1° ou 2° de l'article L. 223-1 ; 4° Dont au moins l'un des parents a acquis la nationalité française ; 5° Qui relève, en dehors de la condition de majorité, des prévisions de l'article L. 423-22 ; 6° Qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou s'est vu accorder le bénéfice de la protection subsidiaire ; 7° Qui est entré en France sous couvert d'un visa d'une durée supérieure à trois mois en qualité d'enfant de Français ou d'adopté ; 8° Qui est entré en France avant l'âge de treize ans sous couvert d'un visa d'une durée supérieure à trois mois délivré en qualité de visiteur et qui justifie avoir résidé habituellement en France depuis. Le document de circulation pour étranger mineur est délivré dans des conditions fixées par voie réglementaire. ".
3. Il appartient à l'autorité administrative, saisie d'une demande de délivrance d'un document de circulation au bénéfice d'un étranger mineur qui n'appartient pas à l'une des catégories mentionnées par l'article précité, de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, qu'un refus de délivrance d'un tel document ne méconnaît pas les stipulations du 1 de l'article 3de la convention relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 selon lesquelles " dans toutes les décisions qui concernent les enfants () l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
4. L'intérêt supérieur d'un étranger mineur qui ne remplit pas les conditions légales pour bénéficier du document de circulation prévu par l'article L. 414-4 du code précité, lequel ne constitue pas un titre de séjour mais est destiné à faciliter le retour sur le territoire national, après un déplacement hors de France, des mineurs étrangers y résidant, s'apprécie au regard de son intérêt à se rendre hors de France et à pouvoir y revenir sans être soumis à l'obligation de présenter un visa.
5. La situation H, jeune ivoirienne confiée par ses parents avant leur décès, à son oncle paternel M. D C, par une ordonnance de délégation de l'autorité parentale du 20 février 2020, qui vit auprès du requérant en France où elle est scolarisée depuis l'âge de 8 ans, ne rentre dans aucune des catégories mentionnées par l'article L. 414-4 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, M. C soutient, sans que l'inexactitude de ces faits ne ressorte d'aucune pièce du dossier, que la grand-mère de l'enfant, âgée et malade se trouve dans l'impossibilité de lui rendre visite et que H, désormais orpheline, a par conséquent intérêt à voyager hors de France pour lui rendre visite et conserver des liens avec elle et avec son pays d'origine. Il soutient en outre sans être contredit que H a intérêt à sortir du territoire national pour participer à des voyages et sorties scolaires, et qu'enfin elle pourrait être amenée à le suivre dans ses affectations à l'étranger dans le cadre de son incorporation au sein de l'Armée de Terre en 2022. Dans ces conditions, M. C est fondé à soutenir qu'en refusant de délivrer un document de circulation pour étrangers mineurs au bénéfice H C, le préfet de la Loire n'a pas pris en compte l'intérêt supérieur de cette enfant, au sens des stipulations précitées du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'annuler, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, la décision du 5 juillet 2022 refusant à M. C la délivrance du document demandé pour le bénéfice de l'enfant H C.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
7. Eu égard au motif de l'annulation ci-dessus prononcée, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Loire de délivrer à M. C un document de circulation pour étranger mineur au profit de l'enfant H C dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à Me Julie Royon, au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que cette dernière renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 5 juillet 2022 du préfet de la Loire est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Loire de délivrer un document de circulation pour étranger mineur au bénéfice de l'enfant H C dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à Me Julie Royon, la somme de 1 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que cette dernière renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à Me Julie Royon et au préfet de la Loire.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Pascale Dèche, présidente,
Mme Marie-Laure Viallet, conseillère,
Mme Ludivine Journoud, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
La rapporteure,
L. E
La présidente,
P. Dèche
La greffière,
I. Rignol
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière.
N°2300161
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026