vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2300164 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | TOMC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés respectivement le 6 janvier 2023 et le 10 janvier 2024, M. D C, représenté par Me Tomc, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 novembre 2022 par lequel le maire de la commune de Saint-Etienne lui a infligé une sanction d'exclusion temporaire de fonctions de trois semaines ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Saint-Etienne de lui verser le traitement correspondant à cette période d'exclusion ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Etienne une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme C soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- l'avis du conseil de discipline est entaché d'un défaut d'impartialité dès lors, d'une part que l'un de ses membres est le frère de son supérieur hiérarchique se trouvant ainsi en situation de conflit d'intérêts et, d'autre part, du fait de la présence de Mme B et de M. E qui ne sont pas mentionnés par l'arrêté du 13 décembre 2018 portant désignation des représentant du personnel ;
- la durée d'exclusion de trois semaines excède ce qui est prévu par l'article 66 de la loi du 11 janvier 1984.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 avril 2024, la commune de Saint-Etienne, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 soit mise à la charge de M. C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Saint-Etienne fait valoir que :
- les conclusions tendant au versement du traitement correspondant à la période d'exclusion sont irrecevables en l'absence de liaison du contentieux ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 16 juillet 2024 par une ordonnance du même jour prise en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n°89-677 du 18 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pouyet,
- les conclusions de Mme Fullana Thevenet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Garaudet, représentant la commune de Saint-Etienne.
Considérant ce qui suit :
1. Adjoint technique employé en qualité d'agent de nettoiement du domaine public par la commune de Saint-Etienne depuis 2012, M. C conteste l'arrêté du 8 novembre 2022 par lequel le maire de cette commune lui a infligé la sanction d'exclusion temporaire de fonctions d'une durée de trois semaines entre le 21 novembre 2022 et le 11 décembre 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 530-1 du code général de la fonction publique : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale. () ". Aux termes de l'article L. 553-1 du code général de la fonction publique, applicable au litige : " Les sanctions disciplinaires pouvant être infligées aux fonctionnaires sont réparties en quatre groupes : " () /3° Troisième groupe : /a) La rétrogradation au grade immédiatement inférieur et à l'échelon correspondant à un indice égal ou, à défaut, immédiatement inférieur à celui afférent à l'échelon détenu par le fonctionnaire ; b) L'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de seize jours à deux ans. () ". Selon l'article L. 532-5 du même code : " Aucune sanction disciplinaire autre que celles classées dans le premier groupe de l'échelle des sanctions de l'article L. 533-1 ne peut être prononcée à l'encontre d'un fonctionnaire sans consultation préalable de l'organisme siégeant en conseil de discipline au sein duquel le personnel est représenté ".
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 1er avril 2021, régulièrement publié, le maire de Saint-Etienne a donné délégation de signature à Mme F A, adjointe déléguée en charge des ressources humaines aux fins de signer, notamment, les décisions relatives à la discipline. Contrairement à ce que soutient le requérant, l'arrêté attaqué, signé par Mme A, n'avait pas à viser cet arrêté portant délégation de signature. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
4. En deuxième lieu, d'une part, la seule circonstance que l'un des membres du conseil de discipline était le frère du supérieur hiérarchique du requérant ne faisaient obstacle à ce qu'il pût régulièrement siéger au sein de ce conseil, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait, dans la conduite des débats, manqué à l'impartialité requise ou manifesté une animosité particulière à l'égard de l'intéressé. Pour les mêmes motifs, le requérant n'est pas fondé à demander que l'avis rendu par le conseil de discipline en date du 20 octobre 2022, qui n'est entaché d'aucun conflit d'intérêt, soit écarté des débats.
5. D'autre part, aux termes de l'article 1er du décret du 18 septembre 1989 susvisé : " Le conseil de discipline est une formation de la commission administrative paritaire dont relève le fonctionnaire poursuivi. () Le conseil de discipline comprend en nombre égal des représentants du personnel et des représentants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics. () Siègent en qualité de représentants du personnel les membres titulaires de la commission administrative paritaire appartenant à la même catégorie hiérarchique que l'intéressé ".
6. Le requérant ne saurait utilement invoquer la méconnaissance de l'arrêté du 13 décembre 2018 pour contester la présence de M. E et de Mme B, représentants du personnel au sein du conseil de discipline dès lors que cet arrêté porte sur la composition du comité technique paritaire et non de la commission administrative paritaire. Il ressort de l'arrêté du 14 octobre 2019 portant désignation des représentants du personnel au sein de la commission administrative paritaire de catégorie C que ces deux personnes étaient au nombre des élus composant cette commission de sorte qu'ils ont pu régulièrement, en cette qualité, siéger au sein du conseil de discipline.
7. En dernier lieu, le maire de la commune de Saint-Etienne a pu légalement se fonder sur les dispositions précitées pour prononcer à l'encontre du requérant une exclusion temporaire d'une durée de trois semaines, laquelle, contrairement ce que prétend l'intéressé correspond à une sanction disciplinaire du troisième groupe prévue par ces mêmes dispositions. Par suite, le moyen tiré de ce que cette sanction serait dépourvue de base légale doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 8 novembre 2022 par lequel le maire de la commune de Saint-Etienne lui a infligé une sanction d'exclusion temporaire de fonctions de trois semaines.
Sur les conclusions aux fins d'injonction avec astreinte :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par le requérant, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions aux fins d'injonction avec astreinte doivent par suite être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C la somme de 1 000 euros au titre des frais non compris dans les dépens exposés par la commune de Saint-Etienne. Par ailleurs, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de la commune, qui n'est pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : M. C versera à la commune de Saint-Etienne une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le jugement sera notifié à M. D C et à la commune de Saint-Etienne.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Dèche, présidente,
Mme Viallet, conseillère,
Mme Pouyet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
La rapporteure,
C. Pouyet
La présidente,
P. Dèche
La greffière,
N. Boumedienne
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026