LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2300281

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2300281

mardi 17 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2300281
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantBECHAUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 janvier 2023, et un mémoire enregistré le 17 janvier 2023, M. C D, représenté par Me Béchaux, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 20 décembre 2022 par lequel le préfet du Haut-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a désigné le pays de destination de son éloignement et lui a fait interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de trois ans ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à la suppression de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, effectué au titre de la décision portant interdiction circulation le territoire français, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce conseil de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat à sa mission d'aide juridictionnelle.

M. D soutient que :

- compte tenu de l'irrégularité de la notification de l'arrêté attaqué en détention, sa requête est recevable ;

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé et n'a pas été précédé d'un examen sérieux de sa situation personnelle ;

- le refus de lui accorder un délai de départ volontaire est entaché d'une erreur de droit et viole l'article 30 de la directive 2004/48/CE et l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'interdiction de circuler sur le territoire français a un caractère disproportionné et viole l'article L. 622-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article L. 251-4 du même code et l'article 27 de la directive 2004/38/CE.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 janvier 2023, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête, tardive, est irrecevable ;

- les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- directive 2004/38/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004, relative au droit des citoyens de l'Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties de l'audience publique du 17 janvier 2023, au cours de laquelle, après le rapport de l'affaire, ont été entendues :

- les observations de Me Béchaux, représentant M. D, qui conclut aux mêmes fins que la requête et le mémoire complémentaire, par les mêmes moyens, mais fait toutefois valoir que le moyen tiré de l'article L. 622-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui est le résultat d'une erreur, est abandonné ;

- les observations de M. D, requérant ;

- les observations de Me Morisson-Cardinaud, substituant Me Tomasi, avocat du préfet du Haut-Rhin, qui maintient les conclusions de son mémoire par les mêmes moyens, et fait valoir en outre que la requête introductive d'instance étant dirigée contre la seule interdiction de circulation sur le territoire français, les conclusions présentées ultérieurement contre les autres dispositions de l'arrêté sont tardives.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant italien né en janvier 1994, déclare être entré en France en 2018 pour y chercher du travail, et y résider depuis lors. Il a été incarcéré à la maison d'arrêt de Mulhouse puis au centre pénitentiaire de Mulhouse-Lutterbach du 3 juin 2021 au 13 janvier 2023, pour y purger des condamnations pénales pour outrage et violences sur personne dépositaire de l'autorité publique, rébellion, vol, destruction ou dégradation d'un bien appartenant à autrui, et voyage habituel dans un moyen de transport public sans titre de transport valable. M. D demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 20 décembre 2022 par lequel le préfet du Haut-Rhin lui a prescrit l'obligation de quitter le territoire français sans délai a fixé le pays de destination de son éloignement, et lui a fait interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par une décision prise et notifiée le jour de sa levée d'écrou, le même préfet a en outre placé l'intéressé en rétention administrative

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle :

2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté attaqué dans son ensemble :

3. L'arrêté attaqué a été signé par Mme E A, cheffe du bureau de l'asile et de l'éloignement de la préfecture du Haut-Rhin, qui a reçu délégation du préfet de ce département pour signer de tels actes en l'absence du directeur de la réglementation, par un arrêté du 12 janvier 2022, acte réglementaire publié le lendemain au recueil des actes administratifs de la préfecture. Le moyen tiré de l'incompétence de cette signataire ne peut dès lors être accueilli.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

4. Aux termes de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; 3° Ils sont inscrits dans un établissement fonctionnant conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur pour y suivre à titre principal des études ou, dans ce cadre, une formation professionnelle, et garantissent disposer d'une assurance maladie ainsi que de ressources suffisantes pour eux et pour leurs conjoints ou descendants directs à charge qui les accompagnent ou les rejoignent, afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale ; 4° Ils sont membres de famille accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées aux 1° ou 2° ; 5° Ils sont le conjoint ou le descendant direct à charge accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées au 3° ". Aux termes de l'article L. 251-1 du même code : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; 3° Leur séjour est constitutif d'un abus de droit. / Constitue un abus de droit le fait de renouveler des séjours de moins de trois mois dans le but de se maintenir sur le territoire alors que les conditions requises pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois ne sont pas remplies, ainsi que le séjour en France dans le but essentiel de bénéficier du système d'assistance sociale. / L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine ".

5. L'arrêté attaqué vise notamment les articles L. 233-1 et L. 251-1, 1°, 2° et 3° et expose que si M. D présente une carte nationale d'identité italienne en cours de validité, a fait l'objet de condamnations pénales pour un total cumulé de 24 mois d'emprisonnement, pour des infractions qu'elle énumère et que son comportement est de nature à menacer l'ordre public. Il expose en outre que l'intéressé ne justifie pas disposer d'un droit au séjour en qualité de travailleur ou d'étudiant et n'établit pas disposer de ressources suffisantes pour ne pas devenir une charge pour le système d'assurance sociale. Cet arrêté énonce ainsi les considérations de droit et de fait qui constitue le fondement de l'obligation de quitter le territoire français. Le moyen tiré de ce qu'il serait insuffisamment motivé à cet égard ne peut dès lors être accueilli. En outre, il ressort de cette motivation que la mesure d'éloignement a été décidée après un examen de la situation personnelle de l'intéressé.

En ce qui concerne le refus d'un délai de départ volontaire :

6. Aux termes de l'article 30 de la directive du 29 avril 2004 visée ci-dessus : " 1. Toute décision prise en application de l'article 27, paragraphe 1, est notifiée par écrit à l'intéressé dans des conditions lui permettant d'en saisir le contenu et les effets. () 3. La notification comporte l'indication de la juridiction ou de l'autorité administrative devant laquelle l'intéressé peut introduire un recours ainsi que du délai de recours et, le cas échéant, l'indication du délai imparti pour quitter le territoire de l'État membre. Sauf en cas d'urgence dûment justifié, ce délai ne peut être inférieur à un mois à compter de la date de notification ". Aux termes de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision. / L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel "

7. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise notamment l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et expose que même si M. D détient une carte d'identité italienne authentique et valide, il ne présente pas de garanties suffisantes, notamment faute d'une adresse personnelle et stable sur le territoire français et qu'il présente une menace grave à l'ordre public, et l'arrêté attaqué en conclu une urgence caractérisée. L'arrêté attaqué énonce ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquelles le préfet a estimé devoir fonder le refus d'un délai de départ volontaire. Le moyen tiré de ce qu'il ne serait pas suffisamment motivé sur ce point ne peut dès lors être accueilli. Il ressort en outre de cette motivation, qui n'avait pas à détailler l'ensemble des attaches de l'intéressé et son expérience professionnelle, ni à expliquer le choix de ne pas simplement réduire le délai de départ volontaire, que le refus d'un tel délai a été décidé après un examen de la situation personnelle du requérant.

8. En deuxième lieu, il ressort de l'article 30 de la directive du 29 avril 2004, transposée à cet égard en droit français par l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'en cas d'urgence dûment justifié, le délai de départ volontaire accordé à un citoyen de l'Union européenne peut ne pas être seulement partiellement réduit, mais peut être refusé. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. D a été condamné à des peines d'emprisonnement pour des faits graves et répétés, pour certains violents. Si le requérant a fait valoir à l'audience qu'il avait changé en prison, il ne produit aucune pièce, telles qu'une attestation du service d'insertion et de probation, justifiant de son comportement en détention. Il ressort au contraire de la fiche pénale produite par l'administration qu'il a fait l'objet de décisions de retrait d'une partie de son crédit de réduction de peine, partiellement compensé par une réduction supplémentaire de peine, et que le bénéfice du régime de semi-liberté qui lui avait été accordé a été révoqué pour des motifs disciplinaires. Dans ces circonstances, le préfet du Haut-Rhin a estimé à bon droit que son comportement constituait une menace grave pour l'ordre public. En outre, alors même que l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne mentionne pas expressément les garanties de représentation, c'est sans commettre d'erreur de droit que le préfet a pris en compte la circonstance que l'intéressé, qui ne justifie pas d'une adresse personnelle stable, ne présentait pas de telles garanties, circonstance qui, du fait de la menace pour l'ordre public que représente l'intéressé, justifie d'une urgence caractérisée à procéder à son éloignement du territoire français. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 30 de la directive 2004/38/CE et de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit dès lors être écarté.

En ce qui concerne le pays de renvoi :

9. Aux termes de l'article L. 261-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français prévue à l'article L. 251-1 mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-4, à destination duquel les étrangers dont la situation est régie par le présent livre sont renvoyés en cas d'exécution d'office ". Aux termes de l'article L. 721-4 du même code : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

10. L'arrêté attaqué vise l'article L. 261-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lequel renvoie à l'article L. 721-4, et relève que M. D, de nationalité italienne, ne justifie pas de menaces pour sa liberté ou sa sécurité en cas de retour dans son pays d'origine. Cet arrêté énonce ainsi les considérations de droit et de fait qui fondent le choix du pays de renvoi. Le moyen tiré de ce qu'il serait insuffisamment motivé à cet égard ne peut dès lors être accueilli. En outre, il ressort de cette motivation que le pays de renvoi a été désigné après un examen de la situation personnelle du requérant.

En ce qui concerne l'interdiction de circulation sur le territoire français :

11. Aux termes du paragraphe 2 de l'article 27 de la directive du 29 avril 2004 visée ci-dessus : " Les mesures d'ordre public ou de sécurité publique doivent respecter le principe de proportionnalité et être fondées exclusivement sur le comportement personnel de l'individu concerné. L'existence de condamnations pénales antérieures ne peut à elle seule motiver de telles mesures ". Aux termes de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans ".

12. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et expose que M. D, qui fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, a déclaré être célibataire et sans enfant, n'établit pas avoir constitué une vie privée stable sur le territoire français, n'allègue pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, ne justifie pas d'une intégration professionnelle et sociale en France, où il est sans ressource, et que son comportement constitue une menace pour l'ordre public. Cet arrêté énonce ainsi les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de l'interdiction de circulation sur le territoire français. Le moyen tiré de ce qu'il serait insuffisamment motivé sur ce point ne peut dès lors être accueilli. En outre, il ressort de cette motivation que cette interdiction a été prononcée après un examen de la situation personnelle de l'intéressé.

13. En deuxième lieu, M. D invoque la présence en France de deux de ses tantes, dont l'une qui l'a hébergé, ainsi que de périodes d'emploi en France et de ses tentatives pour se réinsérer en fin de peine. Toutefois, il ne produit aucune pièce justifiant de ce qu'il conserve des liens étroits avec ses tantes, alors que lors de son audition par la police nationale le 2 juin 2021, il a déclaré être sans domicile fixe avoir été pris en charge par le 115. Par ailleurs, le requérant, qui déclare avoir résidé en France près de cinq ans, ne justifie que d'un emploi d'opérateur polyvalent puis de conducteur de ligne dans le cadre de missions d'intérim entre février 2018 et mars 2019, et d'un emploi de manutentionnaire entre mars et avril 2020 et s'il avait rendez-vous pour un entretien à sa sortie de prison, il n'apparaît pas des pièces du dossier qu'il avait déjà retrouvé un emploi. Enfin, le préfet du Haut-Rhin ne s'est pas borné à tirer les conséquences des condamnations pénales prononcées à l'encontre du requérant, mais a tenu compte de la nature des faits qui lui étaient reprochés. En l'absence de production de tout élément justifiant d'un amendement de la conduite du requérant en détention, le préfet a légalement pu estimer, au regard des faits qui lui sont reprochés, que son comportement constitue une menace grave pour l'ordre public. Dans ces circonstances, l'interdiction de circulation sur le territoire français prononcée à l'encontre de M. D n'a pas un caractère disproportionné, et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 27 de la directive du 29 avril 2004 et de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

14. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'arrêté du 20 décembre 2022 doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées par le préfet du Haut-Rhin.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

15. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution de la part de l'administration. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par M. D doivent être également rejetées.

Sur les frais liés au litige :

16. Les dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au préfet du Haut-Rhin.

Copie en sera adressée à Me Béchaux et à l'association Forum Réfugiés.

Jugement rendu en audience publique le 17 janvier 2023.

Le magistrat désigné,

J. B,

Premier conseiller

La greffière,

C. Driguzzi

La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions