lundi 2 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2300303 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | DANDAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés le 13 janvier 2023 et le 24 mai 2024, M. D E et Mme C E, agissant en leur nom propre et en qualité de représentants légaux de leur fils B E, représentés par Me Dandan, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 novembre 2022 des services de l'académie de Lyon rejetant leur demande indemnitaire et de condamner l'Etat à leur verser la somme de 7 500 euros en réparation des préjudices qu'ils ont subis ;
2°) de condamner l'Etat à leur verser la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision rejetant leur demande d'indemnité, qui est également insuffisamment motivée ;
- l'organisation de l'espace de récréation de l'école de leur fils est constitutif d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat dès lors que les faits de harcèlement qui l'ont justifiée ne sont pas démontrés, que le principe de coéducation n'a pas été respecté et que la sanction qu'elle constitue présente un caractère disproportionné ;
- le préjudice psychologique subi par leur fils peut être évalué à 3 000 euros et leur préjudice financier s'établit à 4 500 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés le 13 juillet 2023 et le 13 juin 2024, le recteur de l'académie de Lyon conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les illégalités et fautes invoquées ainsi que les préjudices allégués ne sont pas établis.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Reniez,
- et les conclusions de Mme Allais, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Parents du jeune B, scolarisé en classe de CE1 au sein de l'école élémentaire des Tilleuls (Charly) au cours de l'année scolaire 2021/2022, M. et Mme E demandent la condamnation de l'Etat à les indemniser des préjudices résultant, pour leur fils et eux-mêmes, des modalités selon lesquelles l'espace de récréation de l'école a été organisé entre le mois de mars 2022 et la fin de l'année scolaire.
2. La décision du 8 novembre 2022 rejetant la demande d'indemnité adressée par les requérants aux services de l'Etat a eu pour seul effet de lier le contentieux en vue de l'introduction de la présente requête et les vices propres dont cette décision serait entachée sont sans incidence sur la solution du litige. Par suite, M. et Mme E ne sauraient utilement se prévaloir de ce que cette décision serait signée par une autorité incompétente ou insuffisamment motivée.
3. Il est constant qu'à compter du mois de mars 2022 et avec l'assentiment des services académiques, la direction de l'école des Tilleuls a organisé l'espace de récréation de l'école en deux zones distinctes dont l'une n'était pas accessible au jeune B et à quelques-uns de ses camarades de classe en raison du comportement jugé harceleur prêté à ce groupe d'élèves. Si les requérants, qui tirent argument de ce que les dispositions relatives à la répression du délit de harcèlement n'ont pas été mises en œuvre, soutiennent qu'aucun fait de harcèlement n'est démontré et que la mesure qu'ils contestent présente un caractère stigmatisant et disproportionné, il résulte toutefois suffisamment de l'instruction, notamment d'un courrier d'un parent d'élève, du rapport établi par la directrice de l'école des Tilleuls au mois de février 2022 ainsi que du compte rendu d'une réunion avec les représentants des parents d'élèves du 3 février 2022 produits en défense, qu'à compter du début de l'année scolaire 2021-2022, un ensemble de six garçons de la classe du jeune B, par un langage et un comportement de groupe inadaptés, a entretenu durablement chez plusieurs de leurs camarades de classe un sentiment de mal-être ou d'appréhension. Il résulte également de l'instruction que le comportement des intéressés et le malaise ressenti en conséquence au sein de la classe ont perduré en dépit des initiatives prises par l'équipe enseignante ou le service périscolaire dans les premiers mois de l'année scolaire et se traduisant notamment par des rendez-vous avec les parents des enfants concernés, l'organisation d'une journée dédiée à la question du harcèlement ou un travail sur l'égalité hommes-femmes. Dans ces conditions et alors que les requérants ne précisent au demeurant pas les modalités selon lesquelles l'espace de récréation a été concrètement réorganisé, M. et Mme E ne sont pas fondés à soutenir que l'initiative qu'ils contestent est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat.
4. Si les requérants font valoir qu'en méconnaissance selon eux du principe de co-éducation promu par le législateur, les parents concernés n'ont pas été associés à la mise en place de la mesure qu'ils critiquent et exposent qu'ils n'ont été informés de cette mesure que lorsque leur fils s'en est ouvert auprès d'eux, le préjudice d'ordre psychologique subi par leur enfant et le préjudice financier dont il est demandé réparation sont en tout état de cause sans lien direct avec les manquements allégués.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions des requérants présentées au titre des frais d'instance et dirigées contre l'Etat, qui n'est pas partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D et Mme C E ainsi qu'au recteur de l'académie de Lyon.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
Mme Lacroix, première conseillère,
Mme Reniez, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.
La rapporteure,Le président,
E. ReniezA. Gille
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au recteur de l'académie de Lyon en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026