lundi 23 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2300352 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | VRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 janvier 2023 et des pièces complémentaires, enregistrées le 23 janvier 2023, M. A D, représenté par Me Vray, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 1er avril 2022 par lesquelles la préfète de l'Ain a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;
2) d'annuler les décisions du 23 décembre 2022 par lesquelles la préfète de l'Ain lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an, l'a assigné à résidence dans le département de l'Ain pour une durée de quarante-cinq jours renouvelable une fois et l'a astreint à se présenter à la gendarmerie d'Ambérieu-en-Bugey les lundis, mercredis, vendredis, dimanches et jours fériés.
M. D soutient que :
- il a reçu la décision portant obligation de quitter le territoire français " il y a trois mois " alors que sa présence " ne porte pas atteinte à la France ", qu'il travaille et dispose d'un logement à Saint-Rambert-en-Bugey ;
- l'autorité administrative a méconnu les dispositions des articles L. 521-3 et L. 531-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prononçant à son encontre une mesure d'expulsion.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 janvier 2023, la préfète de l'Ain conclut à l'irrecevabilité de la requête.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est tardive et, par suite, irrecevable ;
- à titre subsidiaire, la requête ne contient l'exposé d'aucun moyen dès lors qu'aucune décision d'expulsion n'a été prise à l'encontre de M. D.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue par l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 23 janvier 2023, Mme Collomb, magistrate désignée, a présenté son rapport, et entendu :
- les observations de Me Vray qui se désiste, compte tenu de leur caractère tardif et, par suite, irrecevables des conclusions dirigées contre l'arrêté du 1er avril 2022 et qui soutient que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an est entachée d'une erreur de droit en l'absence d'examen particulier de la situation du requérant ; que cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; cette décision présente un caractère disproportionnée au regard de sa situation professionnelle et personnelle.
La préfecture du Rhône n'étant ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant algérien, né le 25 septembre 2001, est entré sur le territoire français le 27 décembre 2018 muni d'un visa dit de court séjour à entrées multiples valide du 23 août 2015 au 22 août 2019 pour un séjour autorisé de quatre-vingt-dix jours. Le 21 janvier 2021, il a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence sur le fondement des stipulations de l'article 6-2 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié en qualité de conjoint d'une ressortissante française. Par des décisions du 1er avril 2022, notifiées le 2 mai suivant, la préfète de l'Ain a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office. Par des décisions du 22 décembre 2022, notifiées le 10 janvier 2023, la même autorité lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an, l'a assigné à résidence dans le département de l'Ain pour une durée de quarante-cinq jours et l'a astreint à se présenter quatre fois par semaine à la gendarmerie d'Ambérieu-en-Bugey. M. D demande l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
2. En premier lieu, il ne ressort ni de la motivation de la décision litigieuse, ni d'aucune autre des pièces du dossier que l'autorité préfectorale n'aurait pas procédé à un examen de la situation personnelle et familiale de M. D, au regard de l'ensemble des informations portées à sa connaissance préalablement à son édiction. S'il est loisible au requérant de contester l'appréciation portée par la préfète de l'Ain sur sa situation familiale ainsi que sur son insertion professionnelle, ces divergences ne sauraient suffire à établir le défaut d'examen allégué. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
4. M. D se prévaut de la durée de sa présence en France depuis le mois de décembre 2018 ainsi que de son insertion professionnelle et de la circonstance qu'il dispose d'un logement. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le requérant, qui a été condamné par une ordonnance pénale du ministère public du canton de Genève à une peine pécuniaire de soixante jours-amendes, avec sursis, et à une interdiction de l'espace Schengen pendant trois ans, soit jusqu'au 13 février 2023, n'a pas respecté cette interdiction et qu'il est ainsi entré irrégulièrement en France en 2020 où il s'est maintenu en dépit de la décision l'obligeant à quitter le territoire prise à son encontre le 1er avril 2022. En outre, les fiches de salaires qu'il verse au débat au titre de différents emplois occupés depuis 2019 notamment dans le cadre de missions d'intérim et la copie d'un contrat de travail à durée indéterminée conclu le 1er juin 2022 avec la société Nahel Transport pour un emploi de chauffeur livreur ne suffisent pas à démontrer une insertion professionnelle stable et pérenne en France. D'autre part, M. D fait état de son mariage avec une ressortissante française célébré le 11 janvier 2021 et des liens amicaux qu'il a noués depuis son arrivée en France. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu'à la date de la décision contesté le requérant était séparé de son épouse et qu'aucun enfant n'était né de cette union. Les attestations versées au débat et faisant part des qualités humaines et professionnelles de l'intéressé ne permettent pas davantage d'établir que sa vie privée et familiale serait désormais établie sur le territoire français. Il ressort enfin des pièces du dossier que M. D a vécu l'essentiel de son existence hors de France, notamment dans son pays d'origine où il ne soutient ni même n'allègue être dépourvu d'attaches familiales et où il dispose nécessairement d'un ancrage social et culturel. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, eu égard à la durée et aux conditions de son séjour en France, M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, par suite, être écarté.
5. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-7 du code précité : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ", et selon l'article L. 612-10 du même code " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. D s'est soustrait à la mesure d'éloignement prononcée le 1er avril 2022 par la préfète de l'Ain, décision qui lui a été régulièrement notifiée le 6 avril 2022, ainsi qu'à une interdiction de se trouver dans l'espace Schengen jusqu'au 13 février 2023 prise à son encontre par les autorités suisses. Il est donc par conséquent constant que M. D se maintien irrégulièrement en France. Le requérant ne justifie, en outre, d'aucune attache familiale en France ni ne démontre une insertion professionnelle en qualité notamment de chauffeur livreur particulièrement durable et ancrée alors, au demeurant, qu'il ne conteste pas être défavorablement connu des services de police pour des délits routiers. Dans ces conditions, et alors même que son comportement ne constituerait pas une menace à l'ordre public, la préfète de l'Ain a pu, sans méconnaître les dispositions précitées ni commettre d'erreur d'appréciation, prononcer une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an laquelle ne présente pas, dans les circonstances de l'espèce, de caractère disproportionné.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense par la préfète de l'Ain, que la requête de M. D doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et à la préfète de l'Ain.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2023
La magistrate désignée,
C. B
La greffière,
F. Gaillard
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour exécution conforme,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026