mardi 20 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2300381 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ALPHAJURIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 16 janvier, 19 juin et 11 juillet 2023, le syndicat des copropriétaires de l'ensemble immobilier " Parc des Cimes ", représenté par son syndic le Cabinet Clefeld Immobilier et ayant Me Galletti pour avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 juillet 2022 par lequel le maire de la commune de Saint-Chamond a délivré à la société Immolife 3 un permis de construire en vue de la création de deux extensions et de la réhabilitation d'un bâtiment situé 11 route du Coin, ainsi que la décision rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Chamond une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- le dossier de demande de permis de construire est insuffisant ; tant l'environnement immédiat que l'insertion du projet dans celui-ci ne sont pas décrits de manière satisfaisante ; différentes modifications en cours de l'existant ne sont pas représentées ;
- le projet et les travaux initiés méconnaissent les droits issus des servitudes de tous ordres octroyées ; il méconnaît le règlement du lotissement " Parc des Cimes " au regard de la servitude non aedificandi y étant mentionnée ;
- l'octroi du permis de construire en litige procède de manœuvres frauduleuses ; les déclarations de surfaces et volumes du bâtiment existant sont intentionnellement erronées ; des constructions existantes ne sont pas représentées ;
- L'insertion du projet dans son environnement contrevient aux exigences de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;
- le cheminement piéton prévu méconnaît les exigences des dispositions applicables à la zone Up du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Chamond ;
- les conditions de desserte du terrain d'assiette présentent des risques proscrits par les dispositions des articles R. 111-2 et R. 111-5 du code de l'urbanisme ;
- la hauteur maximale du projet méconnaît les dispositions de l'article Up 10 du même règlement, le projet ne pouvant être qualifié d'extension mais de construction nouvelle ;
- le projet porte atteinte à un espace boisé classé protégé par l'article L. 113-1 du même code.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 26 mai et 10 juillet 2023, la société Immolife 3, représentée par Me Thiry, conclut au rejet de la requête, ou à tout le moins à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge du syndicat requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en application de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistrés le 20 juin 2023, la commune de Saint-Chamond, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du syndicat requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le syndic représentant le syndicat requérant ne démontre pas avoir qualité pour agir ;
- la requête est irrecevable en application de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gilbertas, premier conseiller,
- les conclusions de M. Borges Pinto, rapporteur public,
- les observations les observations de Me Teyssier, suppléant Me Petit, pour la commune de Saint-Chamond, et celles de Me Thiry, pour la société Immolife 3
Considérant ce qui suit :
1. La société Immolife 3 a déposé, le 2 mai 2022, une demande de permis de permis de construire en vue de la création de deux extensions et de la réhabilitation d'un bâtiment situé 11 route du Coin, sur le territoire de la commune de Saint-Chamond. Par un arrêté du 29 juillet 2022, le maire de cette commune lui en a accordé le bénéfice. Le syndicat des copropriétaires de l'ensemble immobilier " Parc des Cimes ", représenté par son syndic le Cabinet Clefeld Immobilier, demande au tribunal l'annulation de cet arrêté et de la décision rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En vertu de l'article 18 de la loi du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis, le syndic représente le syndicat des copropriétaires en justice. Aux termes de l'article 55 du décret du 17 mars 1967 pris pour l'application de cette loi : " Le syndic ne peut agir en justice au nom du syndicat sans y avoir été autorisé par une décision de l'assemblée générale. / Une telle autorisation n'est pas nécessaire pour les actions en recouvrement de créance, la mise en œuvre des voies d'exécution forcée à l'exception de la saisie en vue de la vente d'un lot, les mesures conservatoires et les demandes qui relèvent des pouvoirs de juge des référés, ainsi que pour défendre aux actions intentées contre le syndicat. / Dans tous les cas, le syndic rend compte à la prochaine assemblée générale des actions introduites ".
3. Il résulte de ces dispositions que, dans les cas où une autorisation est requise, le syndic, agissant au nom de la copropriété, est tenu de disposer, sous peine d'irrecevabilité de sa demande, d'une autorisation formelle de l'assemblée générale des copropriétaires pour agir en justice en son nom, habilitation qui doit préciser l'objet et la finalité du contentieux engagé. Le pouvoir ainsi donné au syndic est compris dans les limites qui ont, le cas échéant, été fixées par la décision de l'assemblée générale.
4. La commune de Saint-Chamond soutient que le syndic Cabinet Clefeld Immobilier, représentant le syndicat requérant, n'a pas qualité pour agir en l'absence d'autorisation pour ce, exigée en application des principes ci-dessus analysés, émanant de l'assemblée générale des copropriétaires de l'ensemble immobilier " Le parc des Cimes ". Si le syndicat requérant produit, dans ses écritures enregistrées le 11 juillet 2023, un projet de procès-verbal de l'assemblée générale du syndicat des copropriétaires de l'ensemble immobilier " Le Parc des Cimes " du 27 juin 2022, dont l'ordre du jour comprend un point 9 intitulé " Autorisation à donner au syndic d'engager des procédures judiciaires ", le document produit ne contient aucune délibération sur ce point 9, alors qu'il contient par ailleurs les délibérations nommant un nouveau syndic. Dans ces conditions, la commune est fondée à soutenir que, en l'absence d'une telle autorisation, les conclusions à fin d'annulation des décisions attaquées sont irrecevables.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées par le syndicat requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du syndicat requérant le versement d'une somme de 700 euros, chacune, à la commune de Saint-Chamond et à la société Immolife 3.
D E C I D E :
Article 1er : La requête n° 2300381 est rejetée.
Article 2 : Le syndicat requérant versera une somme de 700 (sept cents) euros, chacune, à la commune de Saint-Chamond et à la société Immolife 3 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires de l'ensemble immobilier " Parc des Cimes ", à la commune de Saint-Chamond et à la société Immolife 3.
Délibéré après l'audience du 6 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Drouet, président,
Mme Maubon, première conseillère,
M. Gilbertas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2024.
Le rapporteur,
M. Gilbertas
Le président,
H. Drouet
La greffière,
C. Amouny
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026