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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2300458

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2300458

vendredi 27 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2300458
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantMOREL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 janvier 2023, et un mémoire, enregistré le 23 janvier 2023, M. E, représentée par Me Morel, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2023 par lequel le préfet du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a désigné le pays de destination, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois et l'arrêté du même jour par lequel le préfet du Rhône l'a assigné à résidence ;

3°) d'enjoindre au préfet du Rhône, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de statuer sur son droit au séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il ait de nouveau statué sur son droit au séjour dans un délai de sept jours à compter du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour ce dernier de renoncer au bénéfice de la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.

Il soutient que :

- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;

- le préfet a commis un vice de procédure en ne saisissant pas le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet ne pouvait prendre une telle mesure avant qu'il ne soit statué sur son admission au séjour au titre de l'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

- la décision de refus de délai de départ volontaire doit être annulée compte tenu de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de destination sera annulée compte tenu de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français sera annulée compte tenu de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant assignation à résidence sera annulée compte tenu de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Le préfet du Rhône a présenté des pièces qui ont été enregistrées les 23 et 24 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Reniez, première conseillère, pour statuer en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Reniez, magistrate désignée ;

- les observations de Me Morel, avocat, représentant M. C, qui reprend les moyens de la requête et confirme s'agissant de la décision fixant le pays de destination qu'elle soulève la méconnaissance de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non de l'ancien article L. 513-2 du même code ;

- les observations de M. C, assisté de Mme D, interprète en langue géorgienne ;

- les observations de Mme A, représentant le préfet du Rhône, qui conclut au rejet de la requête et soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant géorgien, conteste l'arrêté du 18 janvier 2023 par lequel le préfet du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a désigné le pays de destination, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois ainsi que l'arrêté du même jour par lequel le préfet du Rhône l'a assigné à résidence.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle :

2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 précédemment visée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français vise les dispositions dont il est fait application, notamment le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne la décision de refus de titre de séjour édictée le 14 août 2020 et précise les éléments de faits propres à la situation du requérant. Elle comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est, par suite, suffisamment motivée.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés : " 1. Aucun des États contractants n'expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques () ". Aux termes de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile se présente en personne à l'autorité administrative compétente qui enregistre sa demande et procède, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat, à la détermination de l'Etat responsable en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, ou en application d'engagements identiques à ceux prévus par le même règlement. ". Il résulte de ces dispositions que le ressortissant étranger qui a manifesté son intention de demander l'asile ne peut faire l'objet d'une mesure d'éloignement avant qu'il ait été mis en mesure de déposer sa demande et que celle-ci ait été examinée, ou que l'intéressé ait été effectivement transféré à l'État responsable de son examen.

5. M. C, qui a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 30 avril 2019 et par une ordonnance de la Cour nationale du droit d'asile rendue le 17 octobre 2019 et notifiée le 5 novembre 2019, soutient qu'il doit être regardé comme ayant manifesté son intention de solliciter le réexamen de sa demande d'asile. Il est vrai que lors de son audition par les services de police le 18 janvier 2023, à la question formulée par son avocat " Craignez-vous pour votre sécurité si vous êtes renvoyé en Géorgie ' ", le requérant a répondu qu'il allait " mourir dans un an " s'il retournait en Géorgie. Toutefois, lors de cette même audition, interrogé par les services de police sur les raisons de sa venue sur le territoire français, le requérant a indiqué être venu en France " Car on soigne mieux ici ". Par ailleurs, postérieurement à cette audition, après avoir été informé que le préfet du Rhône était susceptible de prendre à son encontre une mesure d'éloignement du territoire français, il a uniquement formulé comme observations " Je veux rester car je suis malade et je dois me faire soigner ". Compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, il ne peut être regardé comme ayant entendu manifesté son intention de demander le réexamen de sa demande d'asile. Dès lors le moyen, soulevé par le requérant, tiré de ce que le préfet du Rhône aurait commis une erreur de droit en prenant à son encontre la décision en litige avant qu'il ne soit statué sur son admission au séjour au titre de l'asile doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. / () ". Aux termes de l'article R. 611-1 du même code : " Pour constater l'état de santé de l'étranger mentionné au 9° de l'article L. 611-3, l'autorité administrative tient compte d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / Toutefois, lorsque l'étranger est assigné à résidence aux fins d'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français ou placé ou maintenu en rétention administrative en application du titre IV du livre VII, l'avis est émis par un médecin de l'office et transmis sans délai au préfet territorialement compétent. ".

7. Lorsqu'il envisage de prononcer une obligation de quitter le territoire français à l'encontre d'un étranger, le préfet n'est tenu, en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de recueillir préalablement l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) que s'il dispose d'éléments d'information suffisamment précis permettant d'établir que l'intéressé présente un état de santé susceptible de le faire entrer dans la catégorie des étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une telle mesure d'éloignement.

8. Par un avis du 28 février 2020, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que l'état de santé de M. C nécessitait une prise en charge dont le défaut pouvait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire il pouvait y bénéficier d'un traitement approprié et que son état de santé lui permettait de voyager sans risque vers son pays d'origine. Suite à cet avis, le préfet du Rhône a par un arrêté du 14 août 2020 refusé d'accorder un titre de séjour pour raison de santé à M. C et a pris à son encontre une mesure d'éloignement. Par un jugement du 10 février 2021, le tribunal administratif de Lyon a rejeté la requête de M. C contre cet arrêté et par un arrêt du 16 décembre 2021, la cour administrative d'appel de Lyon a rejeté la requête de M. C contre ce jugement.

9. M. C fait valoir qu'il souffre " d'une épilepsie lésionnelle symptomatique d'une malformation artériovéneuse pariétale droite ", d'une toxicomanie qui est traitée, d'une hépatite C et d'un " syndrome dystonique hémicorporel gauche ancien, probablement toxique ". Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier ni même n'est soutenu qu'il aurait invoqué une évolution concernant son état de santé ou la disponibilité d'un traitement approprié en Géorgie depuis le précédent avis rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Rhône aurait dû saisir le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration pour obtenir un nouvel avis avant d'édicter l'arrêté contesté.

10. Par ailleurs, le requérant n'établit ni même n'allègue que son état de santé aurait évolué depuis l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et il n'apporte aucun élément de nature à démontrer que son traitement ne serait pas disponible en Géorgie. Par suite, à le supposer soulevé, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du 9° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

11. En dernier lieu, M. C est célibataire sans enfant à charge et ne se prévaut d'aucune attache familiale en France. Par ailleurs, il n'établit ni même n'allègue être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. S'il fait valoir qu'il souffre de graves pathologies et est pris en charge sur le territoire français, ainsi qu'il a été dit au point 10, il n'apporte pas d'éléments de nature à démontrer qu'il ne pourrait bénéficier d'un traitement adapté à son état dans son pays d'origine. Par ailleurs, il ne justifie pas d'une insertion particulière sur le territoire français. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.

12. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 18 janvier 2023 par laquelle le préfet du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

13. En premier lieu, M. C n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, il n'est pas fondé à se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision lui refusant un délai de départ volontaire.

14. En deuxième lieu, la décision de refus de délai de départ volontaire comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est par suite suffisamment motivée.

15. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

16. Il est constant qu'ainsi que l'a relevé le préfet du Rhône M. C s'est soustrait à la mesure d'éloignement prononcée à son encontre le 14 août 2020. Par ailleurs, compte tenu de ce qui a été dit au point 10, le requérant ne justifie pas de circonstances particulières au sens des dispositions précitées de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. A supposer même que le comportement de l'intéressé ne constituerait pas une menace pour l'ordre public et qu'il justifierait d'un hébergement stable, il résulte de l'instruction que le préfet du Rhône aurait pris la même décision en se fondant sur le seul motif tiré de la soustraction à une précédente mesure d'éloignement. Par suite, le préfet du Rhône a pu, sans méconnaître les dispositions précitées ni commettre d'erreur manifeste d'appréciation, refuser d'accorder un délai de départ volontaire au requérant.

17. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 18 janvier 2023 par laquelle le préfet du Rhône a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

18. En premier lieu, M. C n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, il n'est pas fondé à se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination.

19. En deuxième lieu, la décision fixant le pays de destination comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est par suite suffisamment motivée.

20. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des traitements inhumains ou dégradants ".

21. Si le requérant invoque des craintes en cas de retour en Géorgie, il n'apporte au tribunal, et ce alors que sa demande d'asile a été rejetée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile, aucun élément permettant d'établir l'existence de risques réels et actuels en cas de retour en Géorgie. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent par suite être écartés.

22. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 18 janvier 2023 par laquelle le préfet du Rhône a fixé le pays de destination.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

23. En premier lieu, M. C n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, il n'est pas fondé à se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.

24. En deuxième lieu, M. C n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision de refus de délai de départ volontaire, il n'est pas fondé à se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.

25. En troisième lieu, la décision portant interdiction de retour vise les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquels le préfet du Rhône s'est fondé. Par ailleurs, le préfet, qui a précisé que l'intéressé serait entré sur le territoire français le 28 mai 2018, a indiqué que M. C s'est maintenu sur le territoire français malgré la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre qui lui a été notifiée en 2020, qu'il ne justifie ni de la nature ni de l'ancienneté de ses liens avec la France, qu'il n'a aucune famille en France et qu'il est défavorablement connu des services de police. Par suite, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est suffisamment motivée.

26. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

27. M. C a fait l'objet d'une mesure d'éloignement pour laquelle aucun délai de départ volontaire n'a été accordé. Il entre ainsi dans le cas prévu à l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour lequel le préfet assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour, sauf s'il existe des circonstances humanitaires de nature à justifier qu'une telle interdiction de retour ne soit pas édictée. En l'espèce, compte tenu en particulier de ce qui a été dit au point 10, le requérant ne justifie pas de circonstances humanitaires au sens des dispositions précitées.

28. Par ailleurs, le requérant, qui est entré sur le territoire français en 2018 selon ses déclarations, est célibataire sans enfant à charge et il n'établit ni même n'allègue avoir des attaches familiales sur le territoire français. Il ne justifie pas d'une insertion particulière sur le territoire français et il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement. Dans ces conditions, le préfet du Rhône n'a pas fait une inexacte application des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois, durée qui ne présente pas en l'espèce de caractère disproportionné.

29. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 18 janvier 2023 par laquelle le préfet du Rhône a pris à son encontre une interdiction de retour d'une durée de douze mois.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

30. En premier lieu, M. C n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, il n'est pas fondé à se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision portant assignation à résidence.

31. En second lieu, la décision portant assignation à résidence comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est par suite suffisamment motivée.

32. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 18 janvier 2023 par laquelle le préfet du Rhône l'a assigné à résidence.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

33. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. C, n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent par suite être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

34. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Les conclusions de la requête de M. C sont rejetées pour le surplus.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E et au préfet du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 2023.

La magistrate désignée,

E. Reniez

La greffière,

G. Montézin

La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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