mercredi 1 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2300579 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | MAHDJOUB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 janvier 2023, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 24 janvier 2023 par lequel la préfète de la Loire lui fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de départ volontaire de trente jours et fixe le pays de destination.
M. B soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale.
Des pièces ont été produites le 31 janvier 2023 par la préfète de la Loire.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a délégué à Mme C les pouvoirs qui lui sont attribués en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 1er février 2023, Mme C a présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Mahjoub, avocate de M. B, qui a demandé le bénéfice de l'aide juridictionnelle, a repris les moyens soulevés dans la requête et soutenu en outre que l'obligation de quitter le territoire français n'est pas motivée en droit ni suffisamment en fait, qu'elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle et qu'elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa vie privée et familiale ; elle demande que soit mis à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 751-1 du code de justice administrative ;
- les observations de M. B, requérant ; il a indiqué être arrivé en France à l'âge de 16 ans, avoir sollicité un titre de séjour à l'époque où la Pologne n'avait pas intégré l'Union européenne mais n'avoir accompli aucune démarche depuis pour régulariser sa situation administrative ; il a précisé que sa mère, malade, vit à Toulon dans un logement social ;
- la préfète de la Loire n'était pas représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant polonais né le 4 janvier 1979, est incarcéré depuis le 7 septembre 2022 au centre pénitentiaire de Saint-Étienne La Talaudière à la suite de sa condamnation à une peine d'emprisonnement de douze mois dont quatre mois avec sursis pour des faits de récidive de conduite de véhicule sous l'empire d'un état alcoolique. Il doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision de la préfète de la Loire du 24 janvier 2023 lui faisant obligation de quitter le territoire français.
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions des articles L. 251-7 et L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
3. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables aux citoyens de l'Union européenne quant à leur droit au séjour en France et aux mesures d'éloignement les concernant. Elle expose les éléments de faits retenus pour justifier la mesure contestée, à défaut pour l'intéressé de disposer d'un droit au séjour. Elle comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui la fonde. Elle est, dès lors, motivée.
4. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision en litige, ni des pièces du dossier que la préfète de la Loire n'a pas procédé à un examen particulier de la situation de l'intéressé avant d'édicter la mesure en cause au regard des éléments dont elle disposait.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
6. Si M. B se prévaut d'une résidence en France depuis qu'il a l'âge de 16 ans, de la présence de sa mère sur le territoire français et de son insertion professionnelle, il justifie être présent en France seulement depuis 2009, avoir suivi une formation indemnisée en 2014 et 2016 et avoir exercé une activité professionnelle continue d'août 2014 à décembre 2015, puis très irrégulière en 2018, 2019 et 2021. Il n'apparaît pas entretenir de lien particulier avec sa mère qui habite à Toulon. Dans ces conditions, ces éléments ne sont pas suffisants pour établir son intégration sociale, ni l'existence de liens familiaux ou privés stables et anciens sur le territoire français alors qu'il n'indique pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Ainsi, la mesure d'éloignement litigieuse ne porte pas, au regard des buts en vue desquels elle a été prise, une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. B. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, cette mesure d'éloignement n'est pas entachée d'une erreur d'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur sa vie privée et familiale et sa vie personnelle.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français du 24 janvier 2023.
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de la Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.
La magistrate désignée,
K. C
La greffière,
C. Driguzzi
La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026