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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2300595

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2300595

lundi 30 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2300595
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantVRAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 et 27 janvier 2023, M. C, représenté par Me Vray, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 24 janvier 2023 par laquelle le préfet du Rhône a décidé sa remise aux autorités croates, responsables de sa demande d'asile, ainsi que la décision du même jour l'assignant à résidence pour une durée de 45 jours dans le Rhône ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile, dans un délai de 48h à compter du jugement et sous astreinte de cent euros par jour de retard ; de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour en qualité de demandeur d'asile dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

M. C soutient que :

- la décision méconnaît les dispositions de l'article 5 du règlement n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- la décision méconnaît les dispositions de l'article 17 du règlement n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 27 janvier 2023, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu la prestation de serment de M. A, interprète en langue pachtou.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bertolo, magistrat désigné ;

- les observations de Me Vray, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.

La préfète du Rhône n'étant ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. E C, ressortissant afghan, demande au tribunal d'annuler la décision du 24 janvier 2023 par laquelle le préfet du Rhône a décidé sa remise aux autorités croates, responsables de sa demande d'asile, ainsi que la décision du même jour l'assignant à résidence pour une durée de 45 jours dans le Rhône

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle :

2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 572-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le requérant a fait l'objet d'un entretien individuel et confidentiel, à l'issue duquel un compte rendu a été établi, conformément à l'article 5 du règlement susvisé. Par ailleurs, si le requérant soutient qu'aucune copie du résumé de l'entretien ne lui a été fournie, il ne justifie pas avoir vainement sollicité une copie du résumé de cet entretien. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 5 du règlement du 26 juin 2013 doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. () ".

5. La faculté laissée à chaque État membre, par les dispositions précitées de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.

6. La seule circonstance que le requérant souhaite rester en France, pays dans lequel il disposerait de relations familiales, alors qu'il a déclaré lors de son entretien n'y disposer d'aucune famille, n'est pas de nature à démontrer que le préfet du Rhône aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas application de la clause discrétionnaire prévue par les dispositions précitées du paragraphe 1 de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Le moyen doit, par suite, être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit également être écarté.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : M. E C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E C est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E C et à la préfète du Rhône.

Copie en sera adressée à Me Vray.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2023.

Le magistrat désigné,

C. B

La greffière

F. Gaillard

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier.

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