lundi 6 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2300644 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | SCP COUDERC ZOUINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 janvier 2023, M. B A, représenté par la SCP Couderc-Zouine, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler les décisions du 26 janvier 2023 par lesquelles la préfète de l'Ain l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée de 12 mois ;
3°) d'annuler la décision du 26 janvier 2023 par laquelle la préfète du Rhône l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours ;
4°) d'enjoindre à l'autorité compétente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de cinq jours suivant la notification du jugement à intervenir et de procéder au réexamen de sa situation dans le délai de deux mois ;
5°) de mettre à la charge de l'État au profit de son conseil la somme de 1 200 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Le requérant soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence ;
- cette décision est illégale, par la voie de l'exception, dès lors que le refus d'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour déposée en temps utiles est illégal ; cette décision est illégale, en application de la théorie des opérations complexes, seule l'illégalité du refus d'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour ayant permis d'édicter la mesure d'éloignement ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors qu'il a demandé le renouvellement de son titre de séjour dans le délai prescrit ;
- elle est entachée d'erreur de fait quant à sa situation administrative et sa date d'entrée en France ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;
- la décision refusant un délai de départ volontaire est illégale, par la voie de l'exception, étant fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale :
- elle est entachée d'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale, par la voie de l'exception, étant fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale ;
- la décision interdisant le retour sur le territoire français est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;
- la décision prononçant son assignation à résidence est illégale, étant fondée sur une obligation de quitter le territoire français et un refus de délai de départ volontaire illégaux.
Par un mémoire enregistré le 30 janvier 2023, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue par l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Flechet, magistrate désignée ;
- les observations de Me Zouine, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens.
- et les observations de M. A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien né le 1er mars 1994, est entré pour la dernière fois sur le territoire français au cours de l'année 2021 sous couvert d'un visa long séjour en qualité de conjoint de français. Par arrêté du 26 janvier 2023, la préfète de l'Ain l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée de 12 mois. Par décision du 26 janvier 2023, le préfet du Rhône a décidé de l'assigner à résidence pour une durée de 45 jours. M. A demande l'annulation de ces décisions de la préfète de l'Ain et du préfet du Rhône.
Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. F C, chef du bureau de l'éloignement et du contentieux, qui a reçu délégation à cet effet par arrêté de la préfète de l'Ain du 31 janvier 2022, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 1er février suivant, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme G E, directrice de la citoyenneté et de l'immigration. Il ne ressort pas des pièces du dossier que cette dernière n'aurait pas été absente ou empêchée. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées, qui manque en fait, doit être écarté.
4. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; () ". Aux termes de l'article L. 423-1 du même code d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français. ". L'article L. 433-1 de ce code précise que : " A l'exception de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " salarié détaché ICT ", prévue à l'article L. 421-26, et de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise ", prévue à l'article L. 422-10, qui ne sont pas renouvelables, le renouvellement de la carte de séjour temporaire ou pluriannuelle est subordonné à la preuve par le ressortissant étranger qu'il continue de remplir les conditions requises pour la délivrance de cette carte. / L'autorité administrative peut procéder aux vérifications utiles pour s'assurer du maintien du droit au séjour de l'intéressé et, à cette fin, convoquer celui-ci à un ou plusieurs entretiens./ () ". Le seul dépôt d'une demande de titre de séjour ne saurait faire obstacle à ce que l'autorité administrative décide de l'éloignement d'un étranger qui se trouve dans l'un des cas mentionnés aux 1° et 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ne saurait davantage y faire obstacle la circonstance qu'un récépissé ou une autorisation provisoire de séjour a été délivré à l'intéressé pendant la durée d'instruction de cette demande de titre de séjour. Il ne saurait en aller autrement que lorsque la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à l'intéressé, cette circonstance faisant alors obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'éloignement.
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La détention d'un document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour, d'une attestation de demande d'asile ou d'une autorisation provisoire de séjour autorise la présence de l'étranger en France sans préjuger de la décision définitive qui sera prise au regard de son droit au séjour. Sous réserve des exceptions prévues par la loi ou les règlements, ces documents n'autorisent pas leurs titulaires à exercer une activité professionnelle ". Aux termes de l'article R. 431-12 du même code : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de tire de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. (.) Ce document n'est pas remis au demandeur d'asile titulaire d'une attestation de demande d'asile ". Hors le cas de demandes réitérées sur une courte période et présentant un caractère abusif, qui peuvent, seules, faire l'objet d'un refus d'enregistrement, il résulte de ces dispositions que l'étranger qui sollicite soit pour la première fois la délivrance soit le renouvellement d'un titre de séjour a le droit, s'il a déposé un dossier complet, d'obtenir immédiatement un récépissé de sa demande qui vaut autorisation provisoire de séjour le temps de son instruction, que ce dépôt résulte d'une présentation personnelle au guichet ou d'un envoi postal.
6. Il ressort des pièces du dossier que le requérant, titulaire d'un titre de séjour valable jusqu'au 31 décembre 2021, a obtenu un rendez-vous en préfecture du Rhône le 20 octobre 2021 pour le dépôt d'une demande de renouvellement de son titre de séjour. Il soutient qu'un refus d'enregistrement de sa demande lui a alors été opposé au guichet au motif que son épouse n'était pas présente, motif également opposé lors des rendez-vous suivants qu'il a honorés les 21 mars 2022 et 17 mai 2022. Ses dires, non contestés en défense, sont corroborés par une attestation d'un proche l'ayant accompagné lors de ses différents rendez-vous en préfecture ainsi que par les confirmations de rendez-vous délivrées par la préfecture au requérant pour les dates précitées. Toutefois, à supposer ce motif de refus d'enregistrement d'une demande de la demande de renouvellement de titre de séjour illégal, cette circonstance ne saurait permettre de présupposer du dépôt par l'intéressé d'un dossier de demande de renouvellement de titre de séjour complet et du droit de ce dernier à la délivrance d'un récépissé de demande de renouvellement d'un titre de séjour auquel il aurait droit de plein droit. A cet égard, alors que la préfète de l'Ain oppose en défense l'absence de dépôt d'un dossier complet de demande de renouvellement de titre de séjour, l'intéressé n'établit pas, par la seule attestation du même proche témoignant de la complétude du dossier sans autre détail, s'être effectivement présenté aux rendez-vous en cause en possession de l'ensemble des éléments exigés par les textes pour le renouvellement de son titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit à avoir opposé l'absence de demande de renouvellement de titre de séjour doit être écarté. Par ailleurs, M. A ne peut utilement, pour critiquer la légalité de l'obligation de quitter le territoire français, laquelle n'a pas été prise pour l'application du refus d'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour et dont celui-ci n'en constitue pas d'avantage la base légale, exciper de l'illégalité de ce refus d'enregistrement, même par le biais de la théorie des opérations complexes. Les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'exception d'illégalité du refus d'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour doivent, par suite, être écartés.
7. En troisième lieu, tel qu'il a été dit, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A aurait déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour complète. Par suite, la décision attaquée, qui mentionne que M. A ne justifie pas avoir demandé le renouvellement de ce titre et a reconnu que la demande qu'il avait présentée était incomplète, n'est pas entachée d'erreur de fait. En outre, la décision attaquée indique seulement que l'intéressé est entré en France, pour la dernière fois, en décembre 2021 sous couvert d'un visa long séjour valant titre de séjour. Si cette précision, qui n'entre pas en contradiction avec une première entrée sur le territoire français de M. A au cours de l'année 2015, est en revanche erronée dès lors que l'intéressé est entré en France sous couvert de son visa le 5 janvier 2021, cette erreur de fait est sans incidence sur le sens de la décision attaquée dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas pris en compte les années précédentes de présence de l'intéressé sur le territoire français. Pour les mêmes motifs et alors en outre qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen complet et sérieux de la situation de M. A, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation de ce dernier doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. M. A soutient qu'il réside sur le territoire français depuis 2015, ne l'ayant quitté que pour régulariser son entrée en France en fin d'année 2020 et qu'il y a établi sa vie familiale et professionnelle. Il avance à cet égard qu'il s'est marié avec une ressortissante française le 8 août 2020 à Saint-Fons, qu'il est titulaire depuis le 31 décembre 2020 d'un visa long séjour valant titre de séjour d'un an en qualité de conjoint de français dont il a demandé le renouvellement et qu'il a signé, le 24 octobre 2022, un contrat à durée indéterminée pour un emploi à temps plein dans le domaine du bâtiment. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que la relation entretenue par M. A et son épouse aurait été entamée avant le mariage célébré le 8 août 2020 et le requérant précise avoir vécu éloigné de son épouse partie rejoindre sa famille sur l'île de la Réunion durant plus de six mois, avant que le couple ne se sépare. Dans ces conditions, à supposer même que la séparation du couple soit intervenue postérieurement au 26 janvier 2023, M. A ne justifie pas à la date de la décision attaquée d'une relation maritale suffisamment ancienne et stable pour que l'obligation de quitter le territoire français porte une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale normale. Il ne justifie pas plus d'une intégration sociale ou professionnelle qui soit telle que la mesure d'éloignement porterait une atteinte disproportionnée à ce même droit. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences qu'emportent la décision attaquée sur la situation personnelle du requérant doit être écarté.
En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :
10. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". L'article L. 612-3 du même code dispose que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; : () ".
12. Tel qu'il a été dit au point 6, M. A ne peut être regardé comme ayant déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour. Dans ces conditions, alors même que l'intéressé n'aurait pas déclaré son intention de ne pas se conformer à la mesure d'éloignement, le préfet aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur les dispositions des 3° de l'article L. 612-3 précitées. Les circonstances que l'intéressé n'a fait l'objet d'aucune précédente mesure d'éloignement et qu'il justifie d'une adresse stable ne permettent pas de remettre en cause le risque de soustraction de M. A à la mesure d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions précitées doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
13. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ni de celle, en tout état de cause, de la décision refusant un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la décision interdisant le retour sur le territoire français :
14. Tel qu'il a été exposé au point 9, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant, qui ne justifie pas résider en France depuis 2015 comme il l'allègue, aurait établi une vie privée et familiale ancienne et stable sur le territoire français. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences qu'emporterait la décision attaquée sur la situation personnelle du requérant ne peut, dès lors, qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision prononçant l'assignation à résidence :
15. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est fondé à demander l'annulation de la décision attaquée par voie de conséquence de l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et interdisant le retour sur le territoire français.
Sur les conclusions accessoires :
16. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions qu'il attaque. Ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent, par voie de conséquence, qu'être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A, à la préfète de l'Ain et au préfet du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2023.
La magistrate désignée,
M. D
La greffière,
C. Driguzzi
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain et au préfet du Rhône en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026