jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2300897 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LEBEAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 février 2023 et 8 février 2024, M. et Mme D C, représentés par Me Lebeaux, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 décembre 2022 par lequel le maire de Lyon a refusé de leur délivrer un permis de construire portant sur la réalisation d'un immeuble de huit logements et d'une maison individuelle, sur un terrain situé 18 rue Saint-Maurice dans le 8ème arrondissement ;
2°) d'enjoindre au maire de Lyon de leur délivrer l'autorisation sollicitée dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la métropole de Lyon le versement d'une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le motif de refus fondé sur la méconnaissance de l'article 2.5.4.4 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon est entaché d'une erreur d'appréciation ;
- le motif de refus fondé sur la méconnaissance de l'article 2.6.1 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon est entaché d'une erreur d'appréciation ;
- le motif de refus fondé sur la méconnaissance de l'article 5.2.3.1.2 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon est entaché d'une erreur d'appréciation ;
- le motif de refus fondé sur la méconnaissance des dispositions du a de l'article 2.2.1.2 applicables à la zone URm1 du règlement du PLU-H est entaché d'une erreur d'appréciation ;
- le motif de refus fondé sur la méconnaissance des dispositions de l'article 2.4.1 applicables à la zone URm1 du règlement du PLU-H est entaché d'une erreur d'appréciation ;
- le motif de refus fondé sur la méconnaissance des dispositions de l'article 3.1 applicables à la zone URm1 du règlement du PLU-H est entaché d'une erreur d'appréciation ;
- le motif de refus fondé sur la méconnaissance de la règle de hauteur est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation ;
- le motif de refus fondé sur la méconnaissance de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme est entaché d'une erreur d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 26 janvier et 23 février 2024, la ville de Lyon conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés ;
- la décision attaquée aurait pu également être fondée sur la méconnaissance de l'article 2.5.2.3.1 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon et de l'article 2.2.1.3 des dispositions applicables à la zone URm1 du règlement du PLU-H.
Par une lettre du 8 janvier 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 29 janvier 2024 sans information préalable.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 20 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,
- les observations de Me Lebeaux, représentant M. et Mme C, requérants,
- et celles de Mme A, représentant la ville de Lyon.
Considérant ce qui suit :
1. Le 23 septembre 2022, M. et Mme C ont déposé une demande de permis de construire portant sur la réalisation d'un immeuble de huit logements et d'une maison individuelle, sur un terrain situé 18 rue Saint-Maurice dans le 8ème arrondissement de Lyon. Par un arrêté du 9 décembre 2022, le maire de Lyon a refusé de délivrer le permis ainsi sollicité. Par la présente requête, M. et Mme C demandent au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte :
2. Aux termes de l'article 2.6.1 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon : " Continuité obligatoire / Lorsqu'une prescription de continuité obligatoire est fixée par les documents graphiques du règlement, les constructions situées dans la BCP, ou en 1er rang, sont implantées d'une limite séparative latérale à l'autre, à l'exception toutefois des césures et fractionnements imposés par la partie II ou la partie III du règlement. ". Si, en application du chapitre préalable des dispositions communes du règlement du plan, les parties I, II et III du règlement s'appliquent, en règle générale, de façon cumulative ou complémentaire, en revanche, en cas de prescriptions du règlement écrit et de mentions des documents graphiques ayant un même objet mais une portée différente, et sauf dispositions contraires du règlement, les mentions graphiques prévalent.
3. Il ressort du plan de masse que la partie ouest du bâtiment collectif projeté, situé en bande de constructibilité principale (BCP), est implantée en retrait de la limite séparative latérale sud, alors que le terrain d'assiette est soumis, selon le règlement graphique du PLU-H, à une prescription de continuité obligatoire qui, en application de l'article 2.6.1 précité des dispositions communes du règlement, impose une implantation du projet d'une limite latérale à l'autre, à l'exception toutefois des césures et fractionnements imposés par la partie II ou la partie III du règlement. Si les requérants font valoir qu'ils ont entendu faire application de la règle prévue par le c) de l'article 2.2.1.1 du règlement applicable à la zone URm1, les dispositions du chapitre préalable des dispositions communes du règlement du plan font obstacle à ce que les dispositions écrites de l'article 2.2.1.1, portant sur l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives, priment sur les prescriptions du document graphique. Par ailleurs, il n'est ni établi, ni même allégué, que le retrait de cette partie du bâtiment constitue une césure ou un fractionnement imposés par la partie II ou la partie III du règlement du PLU-H. Dans ces conditions, le maire de Lyon a légalement pu refuser de délivrer à M. et Mme C le permis de construire sollicité au motif que le projet méconnaît la règle de prescription de continuité obligatoire.
4. Le motif tiré de la méconnaissance de l'article 2.6.1 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon étant, à lui seul, de nature à justifier légalement le refus de permis de construire, l'éventuelle illégalité des autres motifs de refus de l'autorisation d'urbanisme ne serait pas de nature à entacher d'illégalité la décision attaquée, dès lors qu'il résulte de l'instruction que le maire de Lyon aurait pris la même décision s'il n'avait retenu que le motif dont la légalité est confirmée au point 3 du présent jugement.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de procéder aux substitutions de base légale et de motifs sollicitées en défense par la ville de Lyon, que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 9 décembre 2022 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la métropole de Lyon, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, ni d'ailleurs la qualité de partie à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme D C et à la ville de Lyon.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
Mme Marine Flechet, première conseillère,
Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
La rapporteure,
F.-M. BLe président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
A. Baviera
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026