mercredi 15 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2300983 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | MANZONI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 février 2023, M. D B, représenté par Me Manzoni, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 6 janvier 2023 par lequel la préfète de la Loire a renouvelé son assignation à résidence pour une durée de 45 jours ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Loire de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il ait été à nouveau statué sur son cas ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au bénéfice de son conseil en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- la décision attaquée n'a pas été signée par une autorité compétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le délai de 45 jours de la précédente assignation était déjà échu depuis le 17 janvier 2023 et qu'il n'était donc plus assigné à résidence au jour de la notification de la décision attaquée.
Le préfet de la Loire a produit des pièces, enregistrées le 9 février 2023, mais n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 13 février 2023, ont été entendus :
- le rapport de Mme A,
- et les observations de Me Manzoni, représentant M. B, assisté de Mme C, interprète en langue arabe, qui reprend les conclusions de la requête par les mêmes moyens, et ajoute que la décision attaquée est infondée dès lors que M. B a toujours respecté ses obligations de pointage durant la première assignation, et qu'elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de son handicap physique qui limite ses possibilités de déplacement et rend difficile le trajet jusqu'au commissariat.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 5 octobre 1998, demande l'annulation de l'arrêté du 6 janvier 2023 par lequel la préfète de la Loire a prolongé son assignation à résidence pour une durée de 45 jours.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu de prononcer, dans les circonstances de l'espèce et en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la légalité de la décision attaquée :
3. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". L'article L. 732-3 du même code dispose : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable une fois dans la même limite de durée. ". Enfin, l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées. ".
4. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Dominique Schuffenecker, secrétaire général de la préfecture de la Loire, titulaire d'une délégation de signature à cet effet par arrêté du 12 juillet 2022 de la préfète de la Loire, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de la Loire en date du 13 juillet 2022. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit être écarté.
5. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, qui vise les textes sur lesquels il se fonde et cite notamment l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, indique que M. B a fait l'objet d'un arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours le 24 octobre 2022, puis d'un arrêté d'assignation à résidence en date du 3 décembre 2022. Il précise également que les modalités de départ définitives n'ont pas été obtenues dans le délai de 45 jours et que M. B ne peut quitter immédiatement le territoire français mais que son éloignement demeure une perspective raisonnable. Par suite, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde et est ainsi suffisamment motivée.
6. En troisième lieu, il résulte des termes mêmes de la décision attaquée que M. B est assigné à résidence " à l'issue de son premier délai d'assignation à résidence ", soit à compter du 17 janvier 2023, et que la décision d'assignation ne peut donc produire d'effets que jusqu'au 3 mars 2023 au plus tard. La circonstance que l'avis de notification de cette décision, daté du 7 février 2023, ait indiqué par erreur que la prolongation de l'assignation était ordonnée à compter de la notification de l'arrêté attaqué est sans incidence sur la légalité de cet arrêté et ne saurait avoir pour effet de reporter la date d'échéance de cette assignation, dès lors que cet avis de notification ne revêt aucune portée décisoire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
7. En quatrième lieu, la circonstance que M. B a respecté ses obligations de présentation périodique aux autorités au cours de sa première assignation ne fait pas obstacle à la prolongation de cette assignation, qui trouve son fondement dans l'existence d'une perspective raisonnable d'éloignement et dans l'impossibilité d'organiser immédiatement un tel éloignement, et qui ne concerne en tout état de cause que des étrangers présentant des garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement. Le moyen tiré de ce que la décision attaquée est infondée doit donc être écarté.
8. En dernier lieu, M. B, qui a perdu l'usage de ses jambes et se déplace en fauteuil roulant, soutient qu'il lui est très difficile de se rendre au commissariat de police dans le cadre de son assignation à résidence dès lors qu'il doit prendre un bus puis monter une côte, et que cela lui prend beaucoup de temps alors qu'il a de nombreux rendez-vous médicaux à honorer au regard de son état de santé. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'assignation à résidence en litige ne prévoit, pour M. B, qu'une seule obligation de présentation par semaine au commissariat de police, situé à moins de trois kilomètres de son lieu d'hébergement. Dans ces conditions, en dépit du handicap de l'intéressé, la décision attaquée ne peut être regardée comme entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et à fin d'application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet de la Loire.
Lu en audience publique le 15 février 2023.
La magistrate désignée,
C. ALa greffière,
G. Montézin
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
2300983
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026