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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2301007

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2301007

vendredi 28 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2301007
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème chambre
Avocat requérantFRERY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 février 2023, et un mémoire complémentaire enregistré le 13 mars 2023, Mme B A, représentée par Me Fréry, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 26 septembre 2022 par lesquelles le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale ", à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision portant refus de titre de séjour est insuffisamment motivée, ce qui révèle un défaut d'examen particulier ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- les décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination sont illégales par voie d'exception d'illégalité du refus de titre de séjour ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles de l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la décision fixant le pays de destination méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles de l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.

La préfète du Rhône a produit des pièces enregistrées le 22 février 2023.

Par une ordonnance du 21 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 15 mars 2023.

Un mémoire et des pièces produits par la préfète du Rhône, ont été enregistrés le 31mars 2023, après la clôture d'instruction.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Verley-Cheynel, présidente,

- et les observations de Me Tronquet, substituant Me Fréry, représentant Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante angolaise née le 18 mai 1962, est entrée en France le 12 juin 2015 sous couvert d'un visa de court séjour délivré par les autorités consulaires portugaises, en vue d'y solliciter l'asile. Sa demande d'asile a été rejetée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 16 juin 2016, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 28 février 2017. Le 11 décembre 2018, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en invoquant son état de santé. Elle a bénéficié d'un titre de séjour délivré sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 alors applicable du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, valable du 8 juillet 2018 au 7 juillet 2019, régulièrement renouvelé jusqu'au 10 décembre 2021. Le 15 décembre 2021, Mme A a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 26 septembre 2022 dont elle demande l'annulation, le préfet du Rhône a refusé de renouveler ce titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, la décision attaquée vise les textes utiles sur lesquels elle se fonde, notamment l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle précise le contenu de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) rendu le 30 mars 2022, dont le préfet s'est approprié les termes, et rappelle les éléments de fait qui constituent la situation de l'intéressée relatifs à son état de santé et à sa vie privée et familiale en France. Dans ces conditions, elle comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement et satisfait ainsi aux exigences de motivation résultant des dispositions des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit, par suite, être écarté.

3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni de l'ensemble des pièces du dossier, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de la requérante, notamment au regard de son état de santé et de sa situation familiale, et aurait ainsi entaché sa décision d'une erreur de droit.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat (). / Si le collège des médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. ". Aux termes de l'article R. 425-11 de ce code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre le titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé (). ".

5. Il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans le pays dont l'étranger est originaire et que si ce dernier y a effectivement accès. Toutefois, la partie qui justifie de l'avis d'un collège de médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays de renvoi.

6. Le préfet s'est approprié l'avis précité du collège de médecins selon lequel si l'état de santé de la requérante nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, toutefois, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, elle peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Si Mme A soutient qu'elle ne pourra bénéficier en Angola d'un suivi médical et psychiatrique adapté à sa pathologie, laquelle est directement liée à des évènements vécus dans son pays d'origine, les deux certificats médicaux qu'elle produit ne se prononcent pas sur la disponibilité des soins en Angola, vers lequel le collège de médecins de l'OFII a estimé qu'elle pouvait voyager sans risque médical ni sur l'impossibilité pour l'intéressée d'être prise en charge dans son pays au regard des violences conjugales, à l'origine de ses troubles, qu'elle y aurait subies. En outre, les éléments généraux dont se prévaut Mme A relatifs au système de santé angolais, à l'absence de stratégie nationale pour le diabète et à l'état des soins psychiatriques ainsi que le courriel d'un laboratoire pharmaceutique daté du 8 mars 2023 indiquant qu'il ne commercialise pas une partie des médicaments prescrits à l'intéressée mais qu'il est possible que ces spécialités génériques soient mises à dispositions par d'autres laboratoires pharmaceutiques dans le pays, demeurent insuffisants pour justifier de ce que les médicaments prescrits seraient indisponibles en Angola. Dans ces conditions, Mme A n'établit pas qu'elle ne pourrait pas effectivement bénéficier d'un traitement et d'un suivi psychiatrique adapté à son état de santé en Angola. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. Le préfet n'a pas davantage commis d'erreur manifeste d'appréciation au regard de son état de santé.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

8. Mme A se prévaut, au titre de sa vie privée et familiale, de sa durée de résidence en France, de ce qu'elle dispose d'attaches personnelles et justifie d'une insertion professionnelle. S'il ressort des pièces du dossier que la requérante, célibataire âgée de 60 ans, réside en France depuis plus de sept ans à la date de la décision attaquée, il est constant qu'elle a été autorisée à séjourner en France de 2018 à 2021 en raison de son état de santé, ce qui ne lui donnait pas vocation à s'installer durablement sur le territoire français. En outre, elle ne justifie d'aucune vie privée et familiale intense ancienne et stable en France, alors qu'elle a vécu la majorité de son existence dans son pays d'origine, où elle ne conteste pas que ses trois enfants majeurs résident. Enfin, les engagements associatifs de l'intéressée, les emplois occupés en qualité d'aide-lingère du 1er janvier 2019 au 31 mai 2020, d'agent de buanderie à temps partiel pour le mois de mars 2020 ainsi que les démarches entreprises en vue de la création d'une entreprise textile, suite à l'obtention d'un titre professionnel de piqueur en maroquinerie le 15 juin 2021, ne suffisent à démontrer qu'elle aurait désormais en France le centre de ses intérêts privés et familiaux. Dans ces circonstances, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et ainsi méconnu les stipulations susmentionnées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

9. En dernier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 6 et 8 s'agissant de la vie privée et familiale de Mme A, et alors qu'elle ne démontre pas qu'elle ne pourrait bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision au regard de sa situation personnelle et médicale.

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours :

10. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par la voie de l'exception, à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, doit être écarté.

11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ".

12. Ainsi qu'il a été dit au point 6, Mme A ne justifie pas qu'elle ne pourra bénéficier d'un traitement et d'une prise en charge appropriés dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de ce que la mesure d'éloignement méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

13. En dernier lieu, aux termes de l'article 7 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".

14. En l'absence de tout élément particulier invoqué, et même en tenant compte des conséquences spécifiques à la mesure d'éloignement, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celles de l'article 7 précité de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

15. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.

16. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains et dégradants. ".

17. Mme A soutient qu'elle encourrait des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour en Angola, eu égard aux violences subies de la part de son concubin. Toutefois, il ressort de la décision de la Cour nationale du droit d'asile du 28 février 2017, que la requérante est restée très générale sur les violences conjugales évoquées et les maltraitances subies de la part de ce dernier et ses propos sont apparus vagues et impersonnels sur les menaces dont elle aurait personnellement fait l'objet. Dans le cadre de la présente instance, la requérante ne produit aucun élément au soutien de ses allégations, de sorte qu'elle n'établit pas le caractère réel, sérieux et actuel des menaces invoquées, alors qu'au demeurant, ainsi qu'il a été dit précédemment, elle pourra effectivement accéder à des soins appropriés à son état de santé dans son pays d'origine. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays de destination aurait été prise en méconnaissances des stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

18. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays de destination méconnaîtrait les stipulations de l'article 7 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

19. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi que par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1 : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Verley-Cheynel, présidente,

M. Segado, vice-président,

Mme Marginean-Faure, présidente honoraire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 avril 202La présidente,

G. Verley-CheynelLe vice-président,

J. Segado

La greffière,

C. Driguzzi

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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