mardi 19 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2301101 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SCP JAKUBOWICZ & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 février 2023, la SAS L'Apérothérapie, représentée par Me Mallet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 décembre 2022 par laquelle la direction régionale des finances publiques d'Auvergne-Rhône-Alpes a rejeté sa demande d'aides exceptionnelles au titre des mois de mai, octobre et novembre 2020, janvier, février et avril 2021 dans le cadre du fonds de solidarité institué à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;
2°) d'enjoindre à la direction régionale des finances publiques d'Auvergne-Rhône-Alpes de lui accorder le bénéfice de l'aide du fonds de solidarité à laquelle elle pouvait prétendre dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision en litige ne comporte aucune signature ni la qualité et le grade de son auteur ni mention d'une délégation de signature en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le refus d'octroyer le bénéfice de l'aide pour une erreur déclarative alors que les attestations produites démontrent que la condition de la variation du chiffre d'affaires était remplie est disproportionnée au moins pour les mois de janvier, février et avril 2021 ;
- le refus d'octroyer le bénéfice de l'aide en raison d'un arriéré fiscal faible au 31 décembre 2019 alors qu'elle n'était pas en mesure de solliciter un échéancier de paiement en raison de l'absence de possibilité de paiement compte tenu de la crise et alors qu'il n'existait aucun risque de fraude est disproportionné par rapport à l'objectif recherché.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 novembre 2023, le directeur régional des Finances publiques de la région d'Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, la demande de réexamen du 7 novembre 2022 est irrecevable en raison de sa tardiveté ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 13 juin 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 1er juillet 2024.
Par un courrier du 23 octobre 2024, les parties ont été informées, qu'en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le tribunal était susceptible de relever d'office d'une part, le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête dirigées contre les décisions de rejet du 30 novembre 2020 relative à la demande d'aide au titre du mois d'octobre 2020, du 21 décembre 2020 et 19 janvier 2021 relative à la demande d'aide au titre du mois de novembre 2020, du 31 mai 2021 relative à la demande d'aide au titre du mois de février 2021 qui sont tardives car introduites au-delà du délai raisonnable d'un an (CE, 13 juillet 2016, n° 387763, M. A p. 340) et d'autre part, celui tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête dirigées contre les décisions de rejet du 31 mai 2020 relative à la demande d'aide au titre du mois d'avril et de janvier 2021, du 4 juin 2020 relative à la demande d'aide du mois de mai 2020 qui sont tardives car introduites au-delà du délai de recours de deux mois en application des articles R. 421-1 et suivants du code de justice administrative et, enfin, le moyen tiré de l'irrecevabilité, par voie de conséquence, du recours gracieux exercé à l'encontre de la décision de refus du 13 décembre 2022 en tant qu'il porte d'une part, sur les demandes d'aide au titre des mois d'octobre 2020, de novembre 2020 et de février 2021 et d'autre part, sur les demandes d'aide au titre d'avril 2021, janvier 2021 et mai 2020 et des conclusions aux fins d'annulation de cette décision.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 2020-935 du 30 juillet 2020 ;
- la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010 ;
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bardad, première conseillère ;
- les conclusions de Mme Collomb, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS L'Apérothérapie, dont le siège social est situé à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or (Rhône), exerce une activité principale de " débit de boissons ". Elle a présenté des demandes d'aide exceptionnelle au titre des mois de mai 2020, octobre 2020, novembre 2020, janvier 2021, février 2021 et avril 2021 dans le cadre du fonds de solidarité institué à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19. Par des décisions des 4 juin 2020, 30 novembre 2020, 21 décembre 2020 et 19 janvier 2021, l'administration a rejeté les demandes d'aide au titre des mois de mai, octobre et novembre 2020 en raison de l'existence d'une dette fiscale au 31 décembre 2019 non couverte par un plan de règlement. Par ailleurs, par décisions du 31 mai 2021, le service a rejeté les demandes d'aide au titre des mois de janvier, février et avril 2021 compte tenu d'une incohérence relative au chiffre d'affaires de référence. Par l'intermédiaire de sa messagerie sécurisée, la société L'Apérothérapie a sollicité les 30 novembre et 21 décembre 2020, le réexamen de sa demande. Par une décision du 22 décembre 2020, l'administration a rejeté cette demande de réexamen. Par un courrier du 7 novembre 2022 reçu le 18 novembre 2022, la société requérante a formé un recours gracieux contre ces refus, qui a été rejeté par une décision du 13 décembre 2022. Par la présente requête, la société L'Apérothérapie doit être regardée comme demandant l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ", et aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai. / Lorsque dans le délai initial du recours contentieux ouvert à l'encontre de la décision, sont exercés contre cette décision un recours gracieux et un recours hiérarchique, le délai du recours contentieux, prorogé par l'exercice de ces recours administratifs, ne recommence à courir à l'égard de la décision initiale que lorsqu'ils ont été l'un et l'autre rejetés " et aux termes de l'article L. 411-3 du même code : " Les articles L. 112-3 et L. 112-6 relatifs à la délivrance des accusés de réception sont applicables au recours administratif adressé à une administration par le destinataire d'une décision ". Enfin, aux termes de l'article L. 112-3 du même code : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception ", et aux termes de l'article L. 112-6 du même code : " Les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis ou ne comporte pas les indications exigées par la réglementation. / Le défaut de délivrance d'un accusé de réception n'emporte pas l'inopposabilité des délais de recours à l'encontre de l'auteur de la demande lorsqu'une décision expresse lui a été régulièrement notifiée avant l'expiration du délai au terme duquel est susceptible de naître une décision implicite ".
3. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, soit dans sa notification si la décision est expresse, soit dans l'accusé de réception de la demande l'ayant fait naître si elle est implicite.
4. Toutefois, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
En ce qui concerne les demandes d'aide au titre des mois d'octobre 2020, novembre 2020, et février 2021 :
5. Il ressort des pièces du dossier que la société L'Apérothérapie a présenté par l'intermédiaire de la messagerie sécurisée de son espace fiscal professionnel, les 30 novembre 2020, 21 décembre 2020, 18 janvier 2021 et 27 avril 2021 des demandes d'aide au titre des mois d'octobre 2020, novembre 2020 et février 2021 qui ont fait l'objet de décisions de rejet, les 30 novembre 2020, 21 décembre 2020, 19 janvier 2021 et 31 mai 2021, notifiées par l'intermédiaire de messagerie sécurisée sans indication des voies et délais de recours contentieux. En application des principes énoncés au point 4, l'intéressée disposait d'un délai d'un an pour saisir le tribunal administratif d'un recours dirigé contre ces décisions. Le recours gracieux, en ce qu'il porte sur ces demandes et refus d'aides, formé le 7 novembre 2022 et reçu le 18 novembre suivant par l'administration, a été présenté après l'expiration de ce délai d'un an et n'a pu rouvrir un délai de recours contre ces décisions de refus qui étaient devenues définitives à cette date. Dans ces conditions, les conclusions de la requête de la société L'Apérothérapie aux fins d'annulation de ces décisions de rejet enregistrées au greffe du tribunal administratif de Lyon, le 13 février 2023, étaient ainsi tardives et doivent être, par suite, ainsi que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 13 décembre 2022 en tant qu'elle rejette le recours gracieux formé contre ces refus, rejetées comme étant irrecevables.
En ce qui concerne les demandes d'aide au titre des mois de mai 2020, janvier et avril 2021 :
6. Il ressort des pièces du dossier que les demandes formulées par la société L'Apérothérapie par l'intermédiaire de la messagerie sécurisée de son espace fiscal professionnel, les 3 juin 2020, les 27 avril et 10 mai 2021 au titre des mois de mai 2020, janvier et avril 2021, ont été rejetées par décisions des 4 juin 2020 et 31 mai 2021, lesquelles comportaient la mention complète des voies et délais de recours. Le recours gracieux, en ce qu'il porte sur ces demandes et refus d'aides des mois de mai 2020, janvier et avril 2021, formé le 7 novembre 2022 et reçu le 18 novembre suivant par l'administration, a été présenté après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois et n'a pu également rouvrir un délai de recours contre ces décisions de refus qui étaient devenues définitives à cette date. Dans ces conditions, les conclusions de la requête de la société L'Apérothérapie aux fins d'annulation de ces décisions de rejet enregistrée au greffe du tribunal administratif de Lyon, le 13 février 2023, étaient également tardives et doivent être, par suite, ainsi que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 13 décembre 2022 en tant qu'elle rejette le recours gracieux formé contre ces refus, rejetées comme étant irrecevables.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société L'Apérothérapie doit être rejetée y compris ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de la société L'Apérothérapie est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS L'Apérothérapie, au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie et au directeur régional des Finances publiques de la région d'Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône.
Délibéré après l'audience le 5 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
Mme Bardad, première conseillère,
Mme Boulay, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 novembre 2024.
La rapporteure,
N. BardadLe président,
J. Segado
La greffière,
E. Seytre
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026