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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2301225

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2301225

lundi 27 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2301225
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantCADOUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 février 2023, M. B C doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 18 février 2023 par lequel la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois ;

3°) d'annuler l'arrêté du 18 février 2023 par lequel la préfète du Rhône l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

Il soutient que :

- il vit en concubinage avec Mme F ;

- il serait en danger en cas de retour dans son pays d'origine ;

- sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public.

Des pièces ont été produites en défense par la préfète du Rhône le 21 février 2023.

La présidente du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à Mme Gros, conseillère.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 22 février 2023, Mme A a présenté son rapport et entendu :

- les observations de Me Cadoux, représentant M. C, qui soutient que :

* En ce qui concerne les décisions obligeant M. C à quitter le territoire français, refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois : elles ne sont pas suffisamment motivées ; elles n'ont pas été précédées d'un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé ;

* En ce qui concerne la décision obligeant M. C à quitter le territoire français : elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

* En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire : elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ; la préfète du Rhône a commis une erreur de droit en lui opposant l'absence de moyens d'existence effectifs ; il ne peut être regardé comme s'étant soustrait à l'exécution de la mesure d'éloignement édictée à son encontre le 22 juin 2021, qui ne lui a pas été régulièrement notifiée ; il justifie, en outre, de garanties de représentation ayant permis son assignation à résidence, notamment d'un hébergement stable ;

* En ce qui concerne la décision interdisant à M. C de revenir sur le territoire français pendant six mois : elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de délai de départ volontaire ; elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de ses attaches privées et familiales en France et en l'absence de toute menace à l'ordre public ;

* En ce qui concerne la décision assignant M. C à résidence pour une durée de quarante-cinq jours : elle est illégale en raison de l'illégalité des décisions susmentionnées,

- les observations de M. C, qui indique qu'il était victime de maltraitances de la part de ses oncles et contraint de vivre dans la misère avant son arrivée en France, qu'il veut s'établir en France auprès de sa compagne et qu'il est menacé de mort en cas de retour en Côte d'Ivoire,

- les observations de Mme D, représentant la préfète du Rhône, qui conclut au rejet de la requête aux motifs que :

* les décisions obligeant M. C à quitter le territoire français, refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois sont suffisamment motivées et ont été précédées d'un examen particulier de la situation personnelle du requérant, au regard de ses déclarations et des documents remis dans le cadre de la procédure de retenue administrative ;

* la décision obligeant M. C à quitter le territoire français ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale, dès lors qu'il ne justifie pas d'une insertion particulière en France, que la réalité et la stabilité de sa relation avec une ressortissante française n'est pas établie et qu'il conserve des attaches familiales en Côte d'Ivoire, où il a vécu l'essentiel de son existence et où réside notamment son fils ;

* le refus de délai de départ volontaire est justifié au regard du risque que M. C, qui n'a pas exécuté la mesure d'éloignement prise à son encontre le 22 juin 2021 et notifiée le lendemain, ne dispose d'aucun document d'identité ou de voyage et est hébergé à titre gratuit chez une tierce personne, se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français en litige ;

* la décision fixant le pays de renvoi ne méconnaît pas les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que M. C n'établit pas être exposé à des risques de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour au Sénégal ;

* l'interdiction de retour sur le territoire français, dont la durée a été fixée à six mois, revêt un caractère proportionné dans les circonstances de l'espèce, alors même que M. C ne représente pas une menace pour l'ordre public.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, ressortissant ivoirien né le 6 février 1992, serait entré en France au mois de mars 2019. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides du 24 juillet 2020, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 14 mai 2021. A la suite d'un contrôle d'identité, M. C a été placé en retenue administrative pour vérification de son droit de séjour ou de circulation en France le 17 février 2023. Par des arrêtés du 18 février 2023, dont le requérant demande l'annulation, la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois, d'une part, et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, d'autre part.

Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions obligeant M. C à quitter le territoire français, refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois :

4. Ni les termes des décisions attaquées, ni aucune autre pièce du dossier, ne permettent de considérer que la préfète du Rhône n'aurait pas procédé, pour chaque décision, à un examen particulier et complet de la situation personnelle de M. C compte-tenu des éléments en sa possession et aurait, ainsi, commis une erreur de droit.

En ce qui concerne la décision obligeant M. C à quitter le territoire français :

5. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ".

6. En premier lieu, la décision obligeant M. C à quitter le territoire français vise notamment les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que la demande d'asile présentée par l'intéressé a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides du 24 juillet 2020, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 14 mai 2021. Elle comporte, ainsi, l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, par suite, suffisamment motivée.

7. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

8. M. C déclare être entré en France au mois de mars 2019, après avoir vécu jusqu'à l'âge de 27 ans en Côte d'Ivoire. Il ne justifie d'aucune insertion particulière dans la société française. S'il se prévaut de sa relation avec Mme F, de nationalité française, avec laquelle il aurait pour projet de se marier, les éléments versés aux débats, consistant en des photographies non datées et une attestation rédigée par l'intéressée en termes peu circonstanciés le 17 février 2023, ne permettent pas d'établir l'ancienneté de leur communauté de vie. M. C n'est, par ailleurs, pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où réside notamment son fils. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et méconnaîtrait, ainsi, les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision refusant à M. C un délai de départ volontaire :

9. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

10. En premier lieu, la décision refusant d'accorder à M. C un délai de départ volontaire vise notamment les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que le risque que l'intéressé se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet est caractérisé, dès lors qu'il n'a pas exécuté la mesure d'éloignement prise à son encontre le 22 juin 2021 et qu'il ne justifie disposer ni d'un hébergement stable ni de moyens d'existence effectifs. Elle comporte, ainsi, l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, par suite, suffisamment motivée.

11. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.

12. En troisième lieu, si M. C soutient qu'il dispose d'un hébergement stable au domicile de sa compagne situé 21 rue du professeur E à Lyon, le courrier d'un opérateur téléphonique mentionnant une date de commande le 6 février 2023 et l'attestation d'hébergement rédigée en termes peu circonstanciés le 17 février 2023, soit la veille de la décision attaquée, versés aux débats ne suffisent pas à établir le caractère effectif et permanent de la résidence du requérant à cette adresse. Il résulte de l'instruction que la préfète du Rhône aurait pris la même décision de refus de délai de départ volontaire si elle ne s'était fondée que sur cette circonstance, qui suffisait, en l'espèce, à caractériser l'existence d'un risque que M. C se soustraie à la mesure d'éloignement dont il fait l'objet. Au demeurant, la préfète du Rhône s'est prévalue à l'audience de la circonstance, non mentionnée dans l'arrêté litigieux, que le requérant était, à la date de celui-ci, dépourvu de documents d'identité ou de voyage, ce qu'il ne conteste pas. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation dont cette décision serait entachée doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

13. Aux termes de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français (). ". Aux termes de l'article L. 721-4 de ce code : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". L'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

14. En premier lieu, la décision fixant le pays à destination duquel M. C pourra, le cas échéant, être éloigné d'office vise notamment l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, indique la nationalité de l'intéressé et précise qu'il n'établit pas que sa vie ou sa liberté serait menacée ou qu'il serait exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans le cadre de l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre. Elle comporte, ainsi, l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, par suite, suffisamment motivée.

15. En second lieu, si M. C indique craindre pour sa vie en cas de retour en Côte d'Ivoire, où il était maltraité par ses oncles et contraint de vivre dans la misère, il n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination méconnaîtrait les stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision interdisant à M. C de revenir sur le territoire français pendant six mois :

16. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

17. En premier lieu, la décision interdisant à M. C de revenir sur le territoire français vise notamment les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relève l'absence de circonstances humanitaires faisant obstacle au prononcé d'une telle mesure et indique qu'il y a lieu de fixer sa durée à six mois, dès lors que l'intéressé se maintient irrégulièrement sur le territoire français en dépit d'une précédente mesure d'éloignement, qu'il ne justifie ni de la nature ni de l'ancienneté de ses liens avec la France et que son comportement constitue une menace à l'ordre public. Elle comporte, ainsi, l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, par suite, suffisamment motivée.

18. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision lui interdisant de revenir sur le territoire français pendant six mois.

19. En troisième lieu, eu égard aux éléments mentionnés au point 8, et alors même que la préfète du Rhône reconnaît à l'audience que la présence en France de M. C ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'elle ne démontre pas, par la production d'un accusé de réception vierge de toute mention, qu'une précédente mesure d'éloignement lui aurait été régulièrement notifiée, alors que le requérant conteste en avoir eu connaissance, la décision prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois n'est pas entachée d'une erreur d'appréciation.

En ce qui concerne la décision assignant M. C à résidence :

20. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à exciper de l'illégalité des décisions l'obligeant à quitter le territoire français et refusant de lui accorder un délai de départ volontaire ni, en tout état de cause, de celle des décisions fixant le pays de destination et lui interdisant de revenir sur le territoire français pendant six mois à l'appui des conclusions dirigées contre la décision l'assignant à résidence.

21. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés attaqués.

Sur les frais liés au litige :

22. En vertu de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut faire bénéficier la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais d'instance. Les conclusions présentées par M. C à ce titre doivent, dès lors, être rejetées.

DECIDE :

Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la préfète du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2023.

La magistrate désignée,

R. A

La greffière,

C. Driguzzi

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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