lundi 27 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2301228 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | CADOUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 et 20 février 2023, M. F C demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 17 février 2023 par lequel la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
- elles sont entachées d'incompétence de leur signataire ;
- elles ne sont pas suffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit, faute pour la préfète du Rhône d'avoir procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision l'obligeant à quitter le territoire français :
- elle est illégale, dès lors qu'il remplit les conditions pour bénéficier d'un titre de séjour de plein droit sur le fondement des stipulations du 4) de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il justifie de garanties de représentation suffisantes ;
En ce qui concerne la décision lui interdisant de revenir sur le territoire français pendant un an :
- il justifie de circonstances humanitaires, faisant obstacle au prononcé d'une telle mesure ;
- en fixant à un an sa durée, la préfète du Rhône a commis une erreur d'appréciation ;
- la préfète du Rhône a commis une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences d'une telle décision sur sa situation personnelle.
Des pièces ont été produites en défense par la préfète du Rhône le 20 février 2023.
La présidente du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à Mme Gros, conseillère.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- l'accord du 27 décembre 1968 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leur famille ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 22 février 2023, Mme A a présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Cadoux, représentant M. C, qui reprend les conclusions et les moyens présentés dans les écritures, précise, s'agissant des moyens tirés de la méconnaissance des stipulations du 4) de l'article 6 de l'accord franco-algérien et du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, que le droit de visite a continué de s'exercer selon les mêmes modalités après l'expiration de la période de six mois mentionnée dans l'ordonnance du juge aux affaires familiales et que l'établissement de calendriers de visite successifs atteste de la présence du requérant aux rendez-vous fixés et ajoute, par ailleurs, que la décision de refus de délai de départ volontaire est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français,
- les observations de M. C, qui fait valoir qu'il travaille pour payer la contribution à l'éducation et à l'entretien de sa fille fixée par le juge aux affaires familiales et gagner sa vie dignement, précise ne manquer aucune visite et n'avoir obtenu que très récemment les coordonnées bancaires de la mère de l'enfant et exprime, enfin, le souhait de demeurer en France auprès de son enfant,
- et les observations de M. B, représentant la préfète du Rhône, qui conclut au rejet de la requête aux motifs que les décisions attaquées sont suffisamment motivées et procèdent d'un examen particulier de la situation personnelle de M. C, que l'obligation de quitter le territoire français ne méconnaît pas les stipulations invoquées, dès lors que le requérant est séparé de la mère de sa fille, ne justifie pas de manière probante exercer son droit de visite et s'acquitter de la contribution financière à l'éducation et à l'entretien de l'enfant fixée par le juge aux affaires familiales et a vécu l'essentiel de son existence dans son pays d'origine où sont nécessairement ancrées ses attaches, que le refus de délai de départ volontaire est justifié au regard de la menace à l'ordre public présentée par M. C et du risque qu'il se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet, caractérisé par l'inexécution d'une précédente mesure d'éloignement, l'absence d'hébergement stable et le défaut de moyens d'existence effectifs et, enfin, qu'aucune circonstance humanitaire ne fait obstacle au prononcé d'une interdiction de retour sur le territoire français, dont la durée, fixée à un an, revêt, en l'espèce, un caractère proportionné.
Le préfet de la Loire n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. F C, ressortissant algérien né le 17 novembre 1995, est entré régulièrement en France le 24 juillet 2019 à la suite de son mariage avec une ressortissante française célébré en Algérie le 30 août 2018. Il a bénéficié d'un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale " valable du 27 mai 2020 au 26 mai 2021, dont il a sollicité le renouvellement le 29 septembre 2021. Par un arrêté du 30 septembre 2021, la préfète de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. A la suite d'un contrôle routier, M. C a été placé en garde à vue pour des faits de conduite sans permis le 16 février 2023. Par un arrêté du 17 février 2023, la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. M. C, assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours en vertu d'un arrêté du préfet de la Loire du 20 février 2023 à la suite de sa libération par le juge des libertés et de la détention, demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
4. En premier lieu, les décisions attaquées ont été signées par Mme H G, adjointe à la cheffe du bureau de l'éloignement, qui a reçu délégation à cet effet par un arrêté de la préfète du Rhône du 30 janvier 2023, publié le jour même au recueil des actes administratifs de la préfecture. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées, qui manque en fait, doit être écarté.
5. En second lieu, si, ainsi que le relève M. C, les décisions attaquées ne font état ni de son entrée régulière en France ni du certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale " dont il a bénéficié du 27 mai 2020 au 26 mai 2021, ces circonstances ne permettent, dans les circonstances de l'espèce, pas de considérer que la préfète du Rhône n'aurait pas procédé, pour chaque décision, à un examen particulier et complet de la situation personnelle de l' et aurait, ainsi, commis une erreur de droit.
En ce qui concerne la décision obligeant M. C à quitter le territoire français :
6. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ". Aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () ".
7. En premier lieu, la décision obligeant M. C à quitter le territoire français vise notamment les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que par une décision du 30 septembre 2021, notifiée le 8 octobre suivant, la préfète de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français. Elle comporte, ainsi, l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constitue le fondement et est, par suite, suffisamment motivée.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () 4) au ressortissant algérien ascendant direct d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il exerce même partiellement l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins. Lorsque la qualité d'ascendant direct d'un enfant français résulte d'une reconnaissance de l'enfant postérieure à la naissance, le certificat de résidence d'un an n'est délivré au ressortissant algérien que s'il subvient à ses besoins depuis sa naissance ou depuis au moins un an ; () ".
9. Il ressort des pièces des pièces du dossier que M. C a épousé, le 30 août 2018, Mme E, de nationalité française, avec laquelle il a eu une fille, D, née le 20 mars 2020. Mme E a présenté, le 6 octobre 2020, une requête en divorce et a obtenu, le 13 octobre suivant, au regard de la vraisemblance des violences alléguées tant sur sa personne que sur celle de l'enfant, une ordonnance de protection lui attribuant l'exercice exclusif de l'autorité parentale sur D, fixant sa résidence habituelle à son domicile, réservant les droits de visite du requérant et mettant, notamment, à la charge de ce dernier une contribution mensuelle à l'entretien et à l'éducation de l'enfant d'un montant de 150 euros. L'ordonnance de non-conciliation intervenue le 29 avril 2021 n'a pas modifié le lieu de résidence habituelle de l'enfant et le montant de la contribution alimentaire, objets d'un accord entre les parties. La juge aux affaires familiales a, par ailleurs, décidé que Mme E conserverait l'exercice exclusif de l'autorité parentale et que M. C bénéficierait d'un droit de visite dans les locaux de l'association Point Vert à Saint-Etienne deux fois par mois pendant une durée de six mois, précisant qu'à l'issue de cette période, et à défaut d'accord amiable, il appartiendrait à chacun des parents ou aux deux conjointement de saisir à nouveau le juge. M. C, à qui il incombe, à défaut d'exercice même partiel de l'autorité parentale, de justifier qu'il subvient effectivement aux besoins de sa fille, n'établit pas s'être acquitté de la contribution financière mensuelle définie par le juge avant le mois de janvier 2023, ni avoir été dans l'impossibilité de le faire en raison de sa situation financière ou d'autres circonstances, les difficultés pour obtenir les coordonnées bancaires de Mme E évoquées à l'audience n'étant corroborées par aucun élément du dossier. Les calendriers de visite établis par l'association Point Vert pour la période de juillet 2022 à mars 2023 et les photographies non datées versées aux débats ne suffisent, en outre, pas à considérer que le requérant exercerait son droit de visite. Dans ces conditions, M. C ne peut être regardé comme subvenant effectivement aux besoins de sa fille, de nationalité française. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la préfète du Rhône ne pouvait l'obliger à quitter le territoire français, dès lors qu'il remplit les conditions pour obtenir la délivrance d'un titre de séjour de plein droit sur le fondement des stipulations précitées du 4) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
11. Il résulte de ce qui précède que M. C ne justifie pas contribuer effectivement à l'éducation et à l'entretien de la jeune D. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir qu'en l'obligeant à quitter le territoire français, la préfète du Rhône aurait porté à l'intérêt supérieur de cet enfant une atteinte contraire aux stipulations précitées du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
12. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
13. Il ressort des pièces du dossier que M. C est entré en France le 24 juillet 2019, soit trois ans et demi avant l'intervention de la décision attaquée. Il est séparé de son épouse, de nationalité française, depuis le 12 août 2020, et ne justifie pas contribuer à l'éducation et à l'entretien de sa fille mineure, ainsi qu'il a été dit plus haut. Par ailleurs, le requérant n'établit, ni même n'allègue, être dépourvu d'attaches privées et familiales en Algérie, où il a vécu l'essentiel de son existence. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et méconnaîtrait, ainsi, les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision refusant à M. C un délai de départ volontaire :
14. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
15. En premier lieu, la décision privant M. C d'un délai de départ volontaire vise les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne que l'intéressé, défavorablement connu des services de police, a été interpellé et placé en garde à vue le 16 février 2023 pour des faits de conduite d'un véhicule sans permis et indique, après avoir relevé qu'il n'a pas exécuté la mesure d'éloignement prise à son encontre le 30 septembre 2021 et ne justifie pas disposer d'un hébergement stable et de moyens d'existence effectifs, qu'il existe un risque qu'il se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. Elle comporte, ainsi, l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, par suite, suffisamment motivée.
16. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision le privant de délai de départ volontaire.
17. En troisième lieu, si M. C conteste l'existence d'un risque de soustraction à l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet en arguant de ses garanties de représentation, il ressort des pièces du dossier que le requérant n'a pas exécuté la précédente mesure d'éloignement prise à son encontre le 30 septembre 2021. Il résulte de l'instruction que la préfète du Rhône aurait également retenu l'existence d'un risque de fuite si elle ne s'était fondée que sur cette seule circonstance, laquelle permet, en l'espèce, de caractériser un tel risque. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision de refus de délai de départ volontaire serait entachée, à cet égard, d'une erreur d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
18. La décision fixant le pays à destination duquel M. C pourra, le cas échéant, être éloigné d'office vise n l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, indique la nationalité de l'intéressé et précise qu'il n'établit pas que sa vie ou sa liberté serait menacée, ni qu'il serait exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans le cadre de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre. Elle comporte, ainsi, l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, par suite, suffisamment motivée.
En ce qui concerne la décision interdisant à M. C de revenir sur le territoire français pendant un an :
19. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
20. En premier lieu, la décision interdisant à M. C de revenir sur le territoire français pendant un an vise les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relève l'absence de circonstances humanitaires faisant obstacle au prononcé d'une telle mesure et indique que l'intéressé, célibataire, ne justifie pas subvenir aux besoins de son enfant, qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement et que son comportement délictueux est constitutif d'une menace pour l'ordre public. Elle comporte, ainsi, l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, par suite, suffisamment motivée.
21. En deuxième lieu, M. C a fait l'objet d'une mesure d'éloignement pour laquelle aucun délai de départ volontaire n'a été accordé. Il entre ainsi dans les cas prévus à l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour lesquels le préfet doit assortir son obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf s'il existe des circonstances humanitaires de nature à justifier qu'une telle interdiction ne soit pas décidée. Compte-tenu de ce qui a été dit au point 9, le requérant ne justifie d'aucune circonstance humanitaire. C'est dès lors à bon droit et sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que la préfète du Rhône a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français.
22. En troisième lieu, M. C séjournait en France depuis trois ans et demi à la date de la décision attaquée. Il n'a pas déféré à l'obligation de quitter le territoire français édictée le 30 septembre 2021. Ainsi qu'il a été dit plus haut, le requérant ne justifie, par ailleurs, pas subvenir effectivement aux besoins de sa fille mineure. Dans ces conditions, en fixant à un an la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre, la préfète du Rhône n'a pas commis d'erreur d'appréciation.
23. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision d'interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an emporterait des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la situation de M. C, qui dispose en tout état de cause de la possibilité d'en demander l'abrogation.
24. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 17 février 2023 par lequel la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur les frais liés au litige :
25. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie perdante du paiement par l'autre partie de ses frais d'instance. Par suite, les conclusions présentées à ce titre par M. C doivent être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F C, à la préfète du Rhône et au préfet de la Loire.
Copie en sera adressée à l'association Forum Réfugiés - Cosi.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2023.
La magistrate désignée,
R. A
La greffière,
C. Driguzzi
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône et au préfet de la Loire chacun en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026