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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2301417

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2301417

mardi 7 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2301417
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantLEVY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 20 février, 12 avril et 1er août 2023 et 31 janvier 2024, M. B C et M. A C, associés de la société civile immobilière Sebimo, le premier nommé ayant la qualité de représentant unique, représentés par Me Levy, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 21 novembre 2022 par laquelle le conseil métropolitain a approuvé la modification n° 3 du plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLUH) de la métropole de Lyon, en tant qu'elle modifie l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) " 13 Mansard " et inscrit les parcelles dont la société est propriétaire dans le périmètre d'intérêt patrimonial (PIP) A4 " Dedieu-Charmette " ;

2°) de mettre à la charge de la métropole de Lyon la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Ils soutiennent que :

- la modification de l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) " 13 Mansard ", qui prévoit des nouveaux principes d'aménagement trop précis, méconnaît l'article L. 151-6 du code de l'urbanisme ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation en tant qu'elle inclut les parcelles dont la société est propriétaire dans le périmètre d'intérêt patrimonial (PIP) A4 " Dedieu-Charmette ".

Par deux mémoires, enregistrés les 26 mai et 6 novembre 2023, la métropole de Lyon, représentée par la SELARL Adden Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable, faute pour les requérants de justifier de leur qualité pour agir pour le compte de la société Sebimo ; elle est irrecevable dès lors que les requérants ne justifient pas d'un intérêt pour agir ; elle est irrecevable car tardive ;

- aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.

Par ordonnance du 8 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 février 2024 à 16h30.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Flechet, rapporteure,

- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,

- les observations de Me Levy, représentant MM. C, requérants,

- celles de Me Magana, représentant la métropole de Lyon.

Considérant ce qui suit :

1. Les requérants sont associés de la SCI Sebimo, laquelle est propriétaire d'un bâtiment à usage d'entrepôt implanté sur deux parcelles situées 43 rue Anatole France à Villeurbanne. Par une délibération du 21 novembre 2022, le conseil métropolitain a approuvé la modification n° 3 du plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon. Les requérants demandent au tribunal d'annuler cette délibération en tant qu'elle modifie l'orientation d'aménagement et de programmation " 13 Mansard " et inclut le terrain dont la société Sebimo est propriétaire dans le périmètre d'intérêt patrimonial A4 " Dedieu-Charmette ".

2. En vertu de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / () ". Aux termes de l'article R. 153-20 du code de l'urbanisme : " Font l'objet des mesures de publicité et d'information prévues à l'article R. 153-21 : () 2° La délibération qui approuve, révise, modifie ou abroge un plan local d'urbanisme ; / () ". En vertu de l'article R. 153-21 de ce code : " Tout acte mentionné à l'article R. 153-20 est affiché pendant un mois au siège de l'établissement public de coopération intercommunale compétent et dans les mairies des communes membres concernées, ou en mairie. Mention de cet affichage est insérée en caractères apparents dans un journal diffusé dans le département, à l'exception de la décision mentionnée au 6° de l'article R. 153-20. / () / L'arrêté ou la délibération produit ses effets juridiques dès l'exécution de l'ensemble des formalités prévues au premier alinéa, la date à prendre en compte pour l'affichage étant celle du premier jour où il est effectué. ".

3. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que, pour chacun des actes réglementaires qu'elles visent, le délai de recours contentieux court, quelle que soit la date à laquelle le plan local d'urbanisme devient exécutoire, à compter de la plus tardive des deux dates correspondant, l'une au premier jour d'une période d'affichage, d'une durée d'un mois, dans les mairies concernées et, le cas échéant, au siège de l'établissement public de coopération intercommunale compétent, l'autre à celle de l'insertion effectuée dans un journal diffusé dans le département.

4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des attestations versées au débat émanant des autorités compétentes concernées dont aucun élément ne permet de douter du caractère probant, que la délibération du 21 novembre 2022, par laquelle le conseil métropolitain de la métropole de Lyon a approuvé la modification du plan local d'urbanisme et de l'habitat, a fait l'objet d'un affichage, pendant une durée d'un mois, au sein des locaux de la métropole de Lyon à compter du 24 novembre 2022, ainsi que dans les locaux de chacune des 59 communes qui en sont membres, à compter, pour la plus tardive des dates d'affichage, du 12 décembre 2022. Il ressort également des pièces du dossier que cette délibération a fait l'objet d'une publication, le 13 décembre 2022, dans le journal Le Progrès, diffusé dans le département. Cette publication mentionne en caractère apparent la date de la délibération concernée, précise de manière suffisante son objet et son champ d'application en indiquant qu'elle concerne l'approbation de la modification n° 3 du plan local d'urbanisme et de l'habitat de la métropole de Lyon et, enfin, précise que le dossier peut être consulté à l'hôtel de la métropole, dans les locaux de la préfecture du Rhône ainsi que dans les mairies des communes membres de la métropole et les mairies des neufs arrondissements de Lyon, à compter du 22 décembre 2022. Ainsi, une telle publication qui permet d'informer les intéressés de l'existence juridique de la délibération en cause et, ainsi, d'en rechercher l'annulation devant le juge de l'excès de pouvoir, doit être regardée comme répondant aux exigences des dispositions citées au point 2, la circonstance que le dossier du plan n'ait été mis à disposition du public qu'à compter du 22 décembre 2022 étant sans incidence sur le point de départ du délai de recours contentieux, dès lors qu'il n'est pas allégué que les intéressés auraient été empêchés d'en solliciter la communication sans délai dès le 13 décembre 2022. Enfin, les dates de publication de la délibération litigieuse sur le portail national de l'urbanisme et le site internet de la métropole de Lyon, eu égard au caractère surabondant de ces mesures de publicité, sont sans incidence sur le point de départ du délai de recours contentieux, qui a commencé à courir à l'égard des tiers le 14 décembre 2022. Dans ces conditions, le délai de recours contentieux de deux mois était expiré le 20 février 2023, date d'enregistrement de la requête de MM. C au greffe du tribunal. Les conclusions à fin d'annulation présentées par ces derniers doivent, par suite, être rejetées.

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme que les requérants demandent sur leur fondement soit mise à la charge de la métropole de Lyon, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge des requérants la somme globale de 1 400 euros à verser à la métropole de Lyon sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de MM. C est rejetée.

Article 2 : MM. C verseront à la métropole de Lyon la somme globale de 1 400 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, représentant unique, et à la métropole de Lyon.

Délibéré après l'audience du 11 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Jean-Pascal Chenevey, président,

Mme Marine Flechet, première conseillère,

Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.

La rapporteure,

M. Flechet

Le président,

J.-P. Chenevey

La greffière,

G. Reynaud

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

N° 2301417

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