mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2301482 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DOUËB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 février 2023 et le 5 juillet 2023, la société Immoplus N. L., représentée par Me Douëb, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2022 par lequel le maire de la commune de Montbrison a sursis à statuer sur sa demande de permis de construire en vue de la construction d'une salle de sport et le réaménagement du parking sur un terrain situé 79 avenue de Saint-Étienne sur le territoire de la commune et la décision implicite rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Montbrison une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision attaquée ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme ;
- cette décision est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité des dispositions du plan local d'urbanisme de la commune de Montbrison qui ne respecte pas les prescriptions des délibérations de la communauté d'agglomération Loire Forez.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mai 2023, la commune de Montbrison, représentée par la Société CJA Public Chavent-Mouseghian-Cavrois, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 17 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard-Rendolet, premier conseiller,
- les conclusions de M. Gilbertas, rapporteur public,
- les observations de Me Douëb, pour la société Immoplus N. L., et celles de Me Guérin, pour la commune de Montbrison.
Considérant ce qui suit :
1. La société Immoplus N. L. a déposé le 27 juin 2022 une demande de permis de construire en vue de la construction d'une salle de sport et le réaménagement du parking sur un terrain situé 79 avenue de Saint-Étienne sur le territoire de la commune de Montbrison. Par un arrêté du 15 décembre 2022, le maire de cette commune lui a opposé un sursis à statuer au regard de la compromission du futur plan local d'urbanisme en cours d'élaboration. La société Immoplus N. L. demande l'annulation de cette décision et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué est signé par M. A B, adjoint au maire de la commune de Montbrison en charge de l'urbanisme, investi à cet effet d'une délégation de signature par arrêté du maire en date du 28 mai 2020, régulièrement publié. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte en litige doit ainsi être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " () Le sursis à statuer doit être motivé et ne peut excéder deux ans () ".
4. L'arrêté en litige vise les dispositions du code de l'urbanisme et du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté d'agglomération Loire Forez dont il estime que le projet est de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse la réalisation, et relève les éléments de fait pertinents pour cette appréciation, et notamment la destination de la construction projetée dont l'autorité administrative expose qu'elle méconnaît les dispositions du chapitre 9 du règlement précité. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cet arrêté doit ainsi être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " () Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations dans les cas prévus au 6° de l'article L. 102-13 et aux articles L. 121-22-3, L. 121-22-7, L. 153-11 et L. 311-2 du présent code et par l'article L. 331-6 du code de l'environnement. () ". Selon l'article L. 153-11 du même code : " () L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable. " Le chapitre 9 du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUI) de la communauté d'agglomération Loire Forez dispose : " La zone UE1 correspond aux zones dédiées au commerce de détail. Ces zones ont pour vocation d'accueillir de nouveaux commerces en complémentarité des centres villes ".
6. Un sursis à statuer ne peut être opposé à une demande de permis de construire qu'en vertu d'orientations ou de règles que le futur plan local d'urbanisme pourrait légalement prévoir, et à la condition que la construction, l'installation ou l'opération envisagée soit de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse son exécution.
7. Il ressort des pièces du dossier que la zone dans laquelle se situe le projet a vocation à être réservée, en application des dispositions précitées, au commerce de détail. Alors qu'il n'est pas contesté par le pétitionnaire que la salle de sport dont la construction est projetée appartient à la sous-destination " activités de services où s'effectue l'accueil d'une clientèle " et ne correspond pas à la vocation de la zone, la surface de 1250 m2 de la construction l'empêche d'être regardée comme un projet dont le peu d'importance ne serait pas de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du plan local d'urbanisme intercommunal. Dans ces conditions, c'est sans méconnaître les dispositions de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme que le maire de Montbrison a sursis à statuer à la demande de permis de construire présentée par la société Immoplus N.L.
8. En dernier lieu, si la société requérante expose que l'arrêté attaqué est illégal par voie d'exception de l'illégalité des dispositions du plan local d'urbanisme de la commune de Montbrison, qui ne respecte pas les prescriptions des délibérations de la communauté d'agglomération Loire Forez, il est constant que le maire de la commune de Montbrison s'est fondé sur les seules dispositions du plan local d'urbanisme intercommunal de ladite communauté d'agglomération pour décider d'un sursis à statuer. Le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit ainsi être écarté.
9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions de la requête de la société Immoplus N.L. à fin d'annulation de l'arrêté du 15 décembre 2022 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent être rejetées les conclusions de cette même requête tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la société Immoplus N.L. la somme que demande la commune de Montbrison sur le fondement du même article.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de la société Immoplus N.L. et les conclusions présentées par la commune de Montbrison sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Immoplus N.L. et à la commune de Montbrison.
Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Drouet, président,
M. Richard-Rendolet, premier conseiller,
Mme Viotti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 octobre 2024.
Le rapporteur,
M. Richard-Rendolet
Le président,
H. Drouet
La greffière,
L. Khaled
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026