jeudi 16 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2301953 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 mars 2023, M. D A, représenté par la Selarl BS2A Bescou et Sabatier avocats associés (Me Sabatier), demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 janvier 2023 par laquelle le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a refusé de lui reconnaître la qualité d'apatride ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'Office français des réfugiés et apatrides de lui reconnaître la qualité d'apatride ou de réexaminer sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter du prononcé du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le versement d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'acte ;
- la décision en litige méconnaît les stipulations de l'article 1er de la convention de New York du 28 septembre 1954.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 février 2024, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides conclut au rejet de la requête.
Il soutient les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de New-York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Soubié, première conseillère,
- et les observations de Me Drahy, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A qui indique être né le 10 octobre 1996 au Maroc et être entré en France, encore mineur, demande l'annulation de la décision du 25 janvier 2023 par laquelle le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a refusé de lui reconnaître la qualité d'apatride.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
2. La décision en litige a été signée par Mme C B, cheffe du bureau des apatrides, en vertu de la délégation de signature que le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides lui a consentie par une décision du 9 janvier 2023 publiée le 16 janvier 2023 sur le site internet public de l'Office. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté.
3. Aux termes de l'article L. 582-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La qualité d'apatride est reconnue à toute personne qui répond à la définition de l'article 1er de la convention de New-York, du 28 septembre 1954, relative au statut des apatrides. Ces personnes sont régies par les dispositions applicables aux apatrides en vertu de cette convention. ". Aux termes de l'article 1er de la convention de New-York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides : " 1. Aux fins de la présente convention, le terme " apatride " désigne une personne qu'aucun Etat ne considère comme son ressortissant par application de sa législation () ". Il incombe à toute personne se prévalant de la qualité d'apatride d'apporter la preuve qu'en dépit de démarches répétées et assidues, l'Etat de la nationalité duquel elle se prévaut a refusé de donner suite à ses démarches.
4. Pour rejeter la demande de M. A, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a retenu qu'il n'apportait aucune preuve relative à son parcours et ses lieux de résidence avant son arrivée en France en 2012, ni de document attestant de la réalité de son état civil et de son identité, que les pièces produites ne permettaient pas de conclure que les autorités marocaines refuseraient de le reconnaître comme leur ressortissant et, qu'enfin, il ne justifiait pas de la finalité des nouvelles diligences qu'il aurait engagées auprès des autorités marocaines.
5. Il ressort des pièces du dossier qu'alors qu'il était pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance après son arrivée en France, le conseil départemental du Rhône a sollicité les autorités marocaines en vue d'obtenir un acte de naissance pour M. A. Ces autorités ont effectué des recherches. Toutefois, aucun document n'ayant été adressé, en réponse, à ce service, celui-ci a ensuite engagé une procédure devant le tribunal de grande instance de Lyon aux fins d'obtenir un jugement supplétif, lequel est suffisamment probant de l'identité du requérant. Si M. A indique avoir engagé de nouvelles démarches en 2019 et 2020, il ne produit aucun document probant, en dépit de la demande qui avait été formulée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides au cours de la procédure d'instruction de sa demande. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait renouvelé ses démarches depuis 2020, ni que les autorités marocaines auraient indiqué ne pas reconnaître M. A comme l'un de leurs ressortissants. Dans ces conditions, M. A n'établit pas avoir engagé vainement des démarches répétées et assidues en vue d'obtenir la nationalité marocaine, à laquelle rien n'indique qu'il ne pourrait prétendre. Par suite, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides pouvait pour ce seul motif rejeter sa demande, sans entacher sa décision d'erreur manifeste d'appréciation.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions dirigées contre le refus de reconnaître la qualité d'apatride à M. A, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.
Délibéré après l'audience du 30 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
Mme Soubié, première conseillère,
Mme de Mecquenem, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.
La rapporteure,
A-S. Soubié
La présidente,
V. Vaccaro-PlanchetLa greffière,
C. Delmas
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026