jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2302687 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CARNOT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 mars 2023 et 7 mars 2024, M. E F, Mme C F, Mme A F et Mme D F, ayant comme représentant unique M. E F, représentés par la SELARL Edou-De-Burhen-Honoré, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 septembre 2022 par lequel le maire de Limonest a délivré à la société Jurival un permis de construire pour la réalisation d'un bâtiment comprenant trois logements et un bureau sur un terrain situé 6 chemin de la Glande, ainsi que la décision du 3 février 2023 rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Limonest la somme de 4 000 euros à leur verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils disposent d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet dès lors qu'il ne contient aucune information sur les matériaux utilisés pour l'isolement acoustique, alors que le projet est situé sur une voie bruyante ; il ne précise pas le nombre de logements prévu dans la maison de ville ; ainsi, le service instructeur n'a pas été à même de vérifier que le projet respecte les exigences des prescriptions d'urbanisme de la commune en matière de création de logements sociaux ;
- le projet méconnaît l'article 2.5.4.2.2 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon ;
- il méconnaît l'article 5.2.3.1.1 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon ;
- il méconnaît l'article 1.2.2.2 des dispositions du règlement du PLU-H applicables à la zone UCe4 ;
- il méconnaît l'article 2.3.1 des dispositions du règlement du PLU-H applicables à la zone UCe4 ;
- il est illégalement implanté sur l'emplacement réservé n° 2 ;
- il présente des risques liés à la sécurité, en méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et de l'article 5.1.1.2.2 des dispositions communes du règlement du PLU-H ;
- il porte atteinte au caractère de la zone UCe4 en méconnaissance du préambule de cette zone ; il méconnaît également les articles 4.1 et 4.2 des dispositions du règlement du PLU-H applicables à la zone UCe4.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 janvier et 25 mars 2024, la commune de Limonest, représentée par la SELARL Carnot avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge solidaire des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les requérants ne justifient pas d'un intérêt pour agir dès lors que les pièces produites ne permettent pas d'apprécier concrètement l'impact direct de la construction projetée en termes d'ensoleillement, de vues directes ou de disponibilité du stationnement dans le quartier ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à la société Jurival qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une lettre du 7 mars 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 22 mars 2024 sans information préalable.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 25 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,
- les observations de Me Honoré, représentant M. F et autres requérants,
- et celles de Me Arnaud, représentant la commune de Limonest.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 21 septembre 2022, le maire de Limonest a délivré à la société Jurival un permis de construire pour la réalisation d'un bâtiment comprenant trois logements et un bureau sur un terrain situé 6 chemin de la Glande. M. F et autres requérants, dont le recours gracieux formé contre le permis de construire a été rejeté par une décision du 3 février 2023, demande l'annulation de cet arrêté du 21 septembre 2022 ainsi que de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : / a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; / b) Les pièces complémentaires mentionnées aux articles R. 431-13 à R. * 431-33-1 ; / c) Les informations prévues aux articles R. 431-34 et R. 431-34-1. / Pour l'application des articles R. 423-19 à R. 423-22, le dossier est réputé complet lorsqu'il comprend les informations mentionnées au a et au b ci-dessus. / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente. ".
3. Il ne résulte pas des dispositions de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme que des pièces ou informations permettant d'établir le respect des normes d'isolation acoustique, telles que définies par la loi n° 92-1444 du 31 décembre 1992 relative à la lutte contre le bruit, devraient être jointes à la demande de permis de construire. Par ailleurs, même si le plan local d'urbanisme et de l'habitat identifie des zones d'exposition au bruit, la réglementation acoustique fixée par cette même loi ne fait pas partie des règles d'urbanisme au regard desquelles l'autorité administrative devait apprécier la conformité du projet de construction en litige. Par suite, le moyen tiré de ce que le dossier de demande de permis de construire ne permet pas de s'assurer du respect de la règlementation acoustique doit être écarté.
4. En deuxième lieu, en application des articles 1.1.2.2.1 et suivants des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon, le terrain d'assiette du projet se situe en secteur 1 de mixité sociale. Les prescriptions d'urbanisme propres à la commune de Limonest imposent, dans ce secteur, pour les programmes portant sur une construction existante à destination d'habitat et créant plus de cinq logements, un pourcentage minimal de 25 % de logements sociaux financés par des prêts locatifs à usage social (PLUS), des prêts locatifs aidés d'intégration (PLAI) et des prêts locatifs sociaux (PLS).
5. Le formulaire Cerfa du dossier de demande de permis de construire indique que le projet prévoit la création de trois logements et un bureau au sein du bâtiment B. La notice du dossier précise par ailleurs que la maison existante, laquelle est identifiée comme bâtiment A, " sera laissée telle quelle ". Dans ces conditions, en l'absence de programme portant sur une construction existante à destination d'habitat et créant plus de cinq logements, le projet en litige n'est pas soumis aux prescriptions d'urbanisme précédemment citées applicables en matière de logements sociaux. Par suite, le moyen tiré de l'impossibilité de vérifier le respect des exigences en matière de création de logements sociaux ne peut qu'être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 2.5.4.2.2 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon : " La hauteur maximale de ce VETC est : / - soit de 4 mètres. Dans ce cas, il forme ainsi un niveau en attique. / - soit constituée par le volume déterminé par deux pentes de 40 % prenant appui sur un pied droit d'un mètre, prenant lui-même naissance au point haut de la mesure de la hauteur de façade de la construction. ".
7. Il ressort des pièces du dossier que le projet sera couvert d'une toiture à pentes de 35 % et que le volume enveloppe de toiture et de couronnement (VETC) ne déborde pas du volume déterminé par deux pentes de 40 % prenant appui sur un pied droit d'un mètre, prenant lui-même naissance au point haut de la mesure de la hauteur de façade de la construction. Par suite, contrairement à ce que soutiennent les requérants, le VETC intermédiaire prévu par le projet en litige répond aux critères posés par l'article 2.5.4.2.2, lequel n'interdit pas que le VETC présente un volume inférieur à celui défini par cet article.
8. En quatrième lieu, en vertu de l'article 5.2.3.1.1 des dispositions communes à toutes les zones du règlement du PLU-H, le nombre de places de stationnement exigé pour des projets de logements autres que du logement social est, dans le secteur E où se situe le projet, de 1 place pour 45 m² de surface de plancher, avec un minimum de 1,3 place par logement, ainsi que 1 place pour 50 m² de surface de plancher à destination de bureau. Aux termes de l'article 5.2.2.2 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon : " Les normes pour les véhicules motorisés ne s'appliquent qu'à l'augmentation de la surface de plancher, en tenant compte en tant que de besoin, du nombre de places excédentaires pour la construction existante, au regard de la norme exigée. ". Enfin, aux termes de l'article 5.2.2.4 des dispositions communes de ce même règlement : " En fin de calcul, l'arrondi s'effectue sur le total, résultant de l'addition des résultats obtenus pour chaque destination, au nombre entier inférieur lorsque la partie décimale à deux chiffres du résultat est inférieure à 0,50, au nombre entier supérieur lorsque la partie décimale à deux chiffres du résultat est égale ou supérieure à 0,50. () ".
9. En application des dispositions précitées, le projet, qui prévoit la création de trois logements d'une surface de plancher de 266,30 m², en plus des 113 m² existants et conservés, lesquels ne sont pas pris en compte dans le calcul du nombre de places de stationnement exigé, ainsi que la création d'un bureau de 65,50 m², doit prévoir la réalisation de sept places de stationnement. Il est constant que le projet prévoit la réalisation de 10 places de stationnement. Il respecte ainsi les exigences de l'article 5.2.3.1.1 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 1.2.2.1 des dispositions du règlement du PLU-H applicables à la zone UCe4 : " La profondeur de la bande de constructibilité principale* est fixée à 20 mètres. ". Et aux termes de l'article 2.4.2 des dispositions communes du règlement du PLU-H : " L'emprise au sol des constructions est définie par la surface représentant la projection verticale du volume de l'ensemble des constructions. Pour son calcul, ne sont pas pris en compte : / - les débords de toiture, les oriels, les marquises dont la profondeur est au plus égale à 0,80 mètre, par rapport au nu général de la façade ; () ".
11. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le bâtiment B est entièrement implanté en bande de constructibilité principale, seuls les débords de toiture étant situés en bande de constructibilité secondaire, lesquels ne sont pas générateurs d'emprise au sol et n'ont donc pas à être pris en compte pour apprécier l'implantation de la construction litigieuse. D'autre part, pour les mêmes motifs, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les places de stationnement créées empiètent irrégulièrement sur la bande de constructibilité secondaire. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions rappelées au point 10 doit, par suite, être écarté.
12. En sixième lieu, aux termes de l'article 2.3.1 des dispositions du règlement du PLU-H applicables à la zone UCe4 : " La distance* minimale entre constructions ou parties de construction non contiguës* implantées sur un même terrain*, hors césures* et fractionnements*, est au moins égale aux deux tiers de la hauteur de façade* la plus élevée (D = 2/3Hf). ". L'article 2.3.1 des dispositions communes du règlement du PLU-H précise que " Des constructions sont contiguës lorsque la majorité de leurs façades sont directement en contact. Des constructions seulement reliées par un élément architectural, tel qu'un portique, un porche, un escalier ou un auvent, ne constituent pas des constructions contiguës. ".
13. Il ressort des pièces du dossier, en particulier de la notice, que le projet prévoit la réalisation d'un bâtiment B, en forme de L, composé de deux volumes simples couverts par des toits à deux pans, reliés entre eux par un petit volume " accueillant les circulations ", lui-même couvert d'une toiture à deux pans. Dans ces conditions, ainsi que le fait valoir la commune de Limonest en défense, le bâtiment B doit être regardé comme formant un même ensemble immobilier. Dès lors, les requérants ne peuvent utilement soutenir que les dispositions précitées de l'article 2.3.1 du règlement, fixant une distance minimale entre des constructions implantées sur un même terrain, ont été méconnues.
14. En septième lieu, aux termes de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut délimiter des terrains sur lesquels sont institués : / 1° Des emplacements réservés aux voies et ouvrages publics dont il précise la localisation et les caractéristiques () ". L'autorité administrative chargée de délivrer un permis de construire est tenue de refuser toute demande dont l'objet ne serait pas conforme à la destination d'un emplacement réservé.
15. Il ressort des pièces du dossier que seule la parcelle n° 651, contiguë au terrain d'assiette du projet, est grevée de l'emplacement réservé n° 2, qui a été institué en vue de l'élargissement de la voie. Par suite, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le projet en litige n'est pas compatible avec cet emplacement réservé.
16. En huitième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". En vertu de l'article 5.1.1.2.2 des dispositions communes à toutes les zones du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon : " () b. Caractéristiques des accès / Une opération comporte un nombre d'accès sur les voies publiques limité au strict nécessaire. Les accès : - sont conçus en tenant compte de la topographie et de la configuration des lieux dans lesquels s'insère l'opération, en cherchant d'une part à réduire leur impact sur la fluidité de la circulation des voies de desserte, d'autre part la mutualisation des accès ; - présentent des caractéristiques répondant à la nature et à l'importance du projet ; - prennent en compte la nature des voies sur lesquelles ils sont susceptibles d'être aménagés afin de préserver la sécurité des personnes (visibilité, vitesse sur voie, intensité du trafic) ; - permettent d'assurer la sécurité des usagers des voies de desserte et de ceux utilisant ces accès. / Cette sécurité est appréciée compte tenu : - de la position des accès et de leur configuration ; - de la nature des voies de desserte, du type de trafic et de son intensité. / () ".
17. Dès lors que les dispositions du règlement d'un plan local d'urbanisme invoquées par le requérant ont le même objet que celles, également invoquées, d'un article du code de l'urbanisme posant les règles nationales d'urbanisme et prévoient des exigences qui ne sont pas moindres, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée. En conséquence, le juge exerce un contrôle normal sur la conformité à ces dispositions de la décision attaquée.
18. Le projet prévoit un accès unique pour les véhicules, cet accès étant desservi par la route de la Glande, laquelle débouche sur la route départementale de Bellevue. Il ne ressort pas des pièces du dossier que cet accès préexistant, d'une largeur d'environ sept mètres, permettant ainsi le croisement des véhicules, présenterait un caractère accidentogène particulier, alors que, d'une part, ses dimensions ne sont pas modifiées par le projet et, d'autre part, la démolition de l'annexe existante améliorera les conditions de visibilité. Par ailleurs, les requérants n'établissent pas que l'implantation du bâtiment B en limite séparative et la présence de bennes à ordures à proximité de cet accès ainsi que d'un feu de signalisation seraient de nature à nuire aux conditions de visibilité et à porter atteinte à la sécurité publique. Par suite, et alors que le projet présente une ampleur limitée et que le service technique de la métropole de Lyon a émis un avis favorable le 29 août 2022, le maire de Limonest n'a pas méconnu les dispositions de l'article 5.1.1.2.2 précité du règlement en délivrant le permis en litige.
19. En dernier lieu, la zone UCe4 est définie par le règlement du PLU-H de la métropole de Lyon comme une " Zone de centralité multifonctionnelle qui correspond aux bourgs, villages et certains hameaux, dont le caractère commun de l'organisation urbaine est un rapport fort du bâti avec la rue. / Les objectifs poursuivis sont de préserver les caractéristiques morphologiques et architecturales de chaque bourg, village et hameau, et d'assurer leur transition avec leur environnement urbain ou naturel tout en pérennisant leur rôle de centralité en favorisant, selon le contexte local, l'implantation d'activités commerciales ou de services. / La zone comprend deux secteurs qui se distinguent par une gestion différenciée des terrains à l'arrière du front bâti le long des voies : modérément construits (secteur UCe4a), faiblement construits à dominante végétale (secteur UCe4b) ". Cette définition est reprise à l'article 4.1 du règlement de la zone UCe4 du plan relatif à l'insertion du projet, lequel précise : " Insertion du projet / Zone de centralité multifonctionnelle qui correspond aux bourgs, villages et certains hameaux, dont le caractère commun de l'organisation urbaine est un rapport fort du bâti avec la rue. / Les objectifs poursuivis sont, tant pour les constructions nouvelles que les travaux sur constructions existantes* : / - de préserver les caractéristiques morphologiques et architecturales de chaque bourg, village et hameau ; / - d'assurer leur transition avec leur environnement urbain ou naturel tout en pérennisant leur rôle de centralité en favorisant, selon le contexte local, l'implantation d'activités commerciales ou de services. () ". Et aux termes de l'article 4.2.1 des dispositions du règlement du PLU-H applicables à cette même zone : " Volumétrie, rythme du bâti et qualité des façades / a. Les volumétries ainsi que l'ordonnancement des constructions sont guidés par la composition urbaine et paysagère générale du projet. / b. Par le traitement de l'aspect extérieur, le projet prend en compte les spécificités architecturales des constructions avoisinantes, sans toutefois exclure la création architecturale, y compris contemporaine. / c. Les constructions présentent une simplicité de volume tout en favorisant des rythmes. Leurs gabarits doivent être adaptés à l'échelle générale des constructions avoisinantes. () ".
20. D'une part, le projet, qui est situé sur un terrain classé en secteur UCe4b du PLU-H, comprend, à l'arrière du front bâti, un espace de retournement. Le fond de parcelle sera quant à lui vierge de toute construction. Par ailleurs, le projet prévoit la plantation de cinq arbres à tige à l'ouest du terrain, d'une pelouse à l'est et de nombreux massifs plantés. Ainsi, le projet, qui est faiblement construit à l'arrière du front bâti et prévoit la réalisation, sur cette partie du terrain, d'un espace végétal, respecte la volonté des auteurs du PLU-H. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des objectifs de la zone UCe4 mentionnés dans le préambule du règlement de cette zone ne peut qu'être écarté.
21. D'autre part, le projet se situe dans une zone de centralité multifonctionnelle qui correspond aux bourgs dont le caractère commun de l'organisation urbaine est un rapport fort du bâti avec la rue et où sont implantées des constructions de même ampleur que celle qui est contestée. Ainsi, les maisons individuelles situées à proximité du terrain d'assiette, principalement en R+1 ou R+2, présentent une hauteur comparable à celle de la construction projetée. Par ailleurs, le projet litigieux crée une percée visuelle entre le bâtiment B et la maison de ville. Ses volumes demeurent relativement simples. En outre, les façades du projet disposeront d'une teinte beige clair, proche de celle des constructions avoisinantes. Dans ces conditions, et alors que les dispositions précitées de l'article 4.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat imposent de prendre en compte les spécificités architecturales des constructions avoisinantes, sans toutefois exclure la création architecturale, y compris contemporaine, le moyen tiré de ce que le projet ne s'insère pas dans son environnement doit être écarté.
22. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. F et autres requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 21 septembre 2022 et de la décision du 3 février 2023 de rejet de leur recours gracieux.
Sur les frais liés à l'instance :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune de Limonest, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge solidaire des requérants le versement d'une somme de 1 400 euros à la commune de Limonest au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F et autres requérants est rejetée.
Article 2 : M. F et autres requérants verseront solidairement à la commune de Limonest la somme de 1 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E F, représentant unique, à la commune de Limonest et à la société Jurival.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
Mme Marine Flechet, première conseillère,
Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
La rapporteure,
F.-M. BLe président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
A. Baviera
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026