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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2302755

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2302755

jeudi 20 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2302755
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantROYON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 avril 2023, Mme C B épouse A, représentée par Me Royon, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 septembre 2022 par lequel la préfète de la Loire a refusé de l'admettre au séjour, a assorti ce refus de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux mois ;

2°) d'enjoindre à la préfète de la Loire :

- à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " ou " travailleur temporaire " en lui remettant dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard,

- à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, en lui remettant dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Mme A soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

1°) s'agissant de la décision portant refus de séjour :

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

2°) s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

3°) s'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation

4°) s'agissant de la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux mois :

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle est illégale par exception d'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par une ordonnance du 3 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 juin 2023.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 février 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code du travail ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Pineau.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante albanaise née le 30 mars 1981, est entrée régulièrement en France en novembre 2016, accompagnée de son époux et de leurs trois enfants mineurs, pour y solliciter l'asile, Sa demande a cependant été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 13 juillet 2017, puis par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), le 21 décembre 2018. L'intéressée a alors fait l'objet de décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français par un arrêté du 10 avril 2018. Le 1er février 2022, Mme A a sollicité la délivrance d'un titre de séjour auprès des services de la préfecture de la Loire. Par un arrêté en date du 14 septembre 2022, dont Mme A demande au tribunal de prononcer l'annulation, la préfète de la Loire a refusé de l'admettre au séjour, a assorti ce refus de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à l'encontre D A une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux mois.

2. Les décisions attaquées, en date du 14 septembre 2022 ont été signées par M. Dominique Schuffenecker, secrétaire général de la préfecture de la Loire, en vertu d'une délégation de signature consentie par un arrêté de la préfète du 12 juillet 2022, régulièrement publié le lendemain, accessible tant au juge qu'aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions en litige doit être écarté comme manquant en fait.

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

3. En premier lieu, la décision attaquée vise les textes dont elle fait application, notamment les stipulations utiles de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, ainsi que les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application. Par ailleurs, la décision rappelle les faits saillants de la situation personnelle, familiale et professionnelles D A, dont le parcours depuis son arrivée en France a été rappelé de manière détaillée ainsi que la présence de son époux, dépourvus de droit au séjour, et de leurs enfants mineurs. S'il est loisible à la requérante de contester l'appréciation portée par l'autorité administrative s'agissant de la nature de ses liens en France et de son insertion et de soutenir que ces éléments auraient dû conduire à son admission exceptionnelle au séjour, cette divergence d'analyse ne saurait établir l'insuffisance de motivation. S'agissant de l'admission exceptionnelle au séjour par le travail, Mme A soutient que la décision serait insuffisamment motivée en ce que la préfète n'aurait pas fait mention de ses trois années d'expérience professionnelle dans le secteur de l'aide à la personne et des attestations de ses employeurs souhaitant la conserver à leur service et ayant appuyé ainsi sa demande de régularisation. Toutefois, il ressort de la lecture de la décision attaquée que la préfète a mentionné les éléments déterminants de la situation professionnelle de la requérante, notamment le fait qu'elle disposait de bulletins de salaire depuis 2020, et le secteur dans lequel elle avait exercé ses activités. Il résulte ainsi de ces éléments que la décision contestée comporte les circonstances de fait et de droit qui en constituent le fondement, permettant ainsi à la requérante d'en discuter utilement. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

5. Mme A fait état de la durée de sa présence en France, de son intégration et des liens noués dans le cadre des activités bénévoles et salariées exercées. Toutefois, la requérante s'est maintenue irrégulièrement sur le territoire en dépit de la décision portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français prises en son encontre en avril 2018 et les activités précitées, ainsi que l'apprentissage de la langue française, ne permettent pas d'établir qu'elle aurait noué des liens particulièrement significatifs en France alors qu'elle a passé l'essentiel de son existence en Albanie où elle a vécu jusqu'à l'âge de 35 ans et où elle dispose d'attaches familiales ainsi qu'il ressort de son formulaire de demande de titre de séjour, versé au débat par la préfète en défense. De surcroît, alors qu'il ressort des pièces du dossier que son époux ne dispose d'aucun droit au séjour en France où il se maintient en situation irrégulière et qu'il est constant que Mme A, son époux et leurs enfants sont tous de nationalité albanaise, aucun obstacle ne s'oppose à ce que la cellule familiale se reconstitue dans son pays d'origine. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France au regard des buts poursuivis. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit ainsi être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale "

7. Mme A souligne que ses trois enfants ont été scolarisés en France dès leur arrivée sur le territoire français, que leur scolarité est très assidue, avec une progression régulière et un comportement apprécié par leurs enseignants, toutefois, il n'est pas démontré que cette scolarité ne pourrait se poursuivre en Albanie où elle avait nécessairement commencé compte tenu de l'âge auquel ses deux enfants encore mineurs, nés respectivement en mars 2005, juillet 2011, sont arrivés en France. Par ailleurs, dès lors que la requérante, son époux et leurs deux enfants mineurs sont tous de nationalité albanaise, aucun obstacle ne s'oppose à ce que la cellule familiale se reconstitue en Albanie, pays où les enfants D A sont d'ailleurs nés, de telle sorte que la décision en litige n'a ni pour objet, ni pour effet de séparer les enfants mineurs D Mme A de leurs parents. Par suite, la décision par laquelle la préfète de la Loire a refusé d'admettre Mme A au séjour ne peut être regardée comme ayant porté atteinte à l'intérêt supérieur de ses deux enfants mineurs. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit par suite être écarté.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. / Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat. ".

9. Mme A se prévaut de l'expérience acquise dans le secteur où elle a exercé des activités professionnelles, de ce qu'elle travaille sous couvert de chèques-emplois services depuis janvier 2020 auprès de plusieurs employeurs et de ce qu'au regard de la durée de ses contrats, un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire " aurait dû lui être délivré à titre exceptionnel. Toutefois, si la requérante verse au débat les bulletins de salaire afférents aux activités précitées, il apparaît que Mme A dispose d'un revenu moyen mensuel limité à 500 euros et qu'elle ne démontre pas justifier de qualifications particulières permettant de regarder sa situation professionnelle comme relevant de motifs exceptionnels au sens de dispositions précitées. En outre, les activités exercées par la requérante l'ont été irrégulièrement dès lors qu'elle ne disposait d'aucune autorisation de travail. Par suite, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la préfète de la Loire a pu refuser de délivrer à titre exceptionnel un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire " à Mme A et qu'en l'absence de circonstance humanitaires, la préfète n'a pas davantage commis d'erreur manifeste d'appréciation en ne régularisant pas sa situation au titre de la vie privée et familiale. Enfin, la préfète de la Loire n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision portant refus de séjour sur la situation personnelle, familiale et professionnelle D A.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

10. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

11. En second lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent, en l'absence de toute argumentation distincte dirigée spécifiquement contre la mesure d'éloignement, être écartés par les mêmes motifs que ceux exposés aux points 5 à 8.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

12. La décision attaquée vise les dispositions de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et rappelle d'une part que Mme A est de nationalité albanaise et d'autre part qu'elle ne démontre être exposé à des traitements contraires aux stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. La décision en litige comporte ainsi les circonstances de fait et de droit qui en constituent le fondement, la circonstance que la requérante dispose d'attaches familiales en France demeurant sans incidence sur la légalité de la décision attaquée et n'ayant dès lors pas à faire l'objet d'une motivation particulière. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux mois :

13. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français de séjour, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux mois doit être écarté.

14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

15. D'une part, pour prononcer à l'encontre D A une interdiction de retour sur le territoire français et en fixer la durée à deux mois, la préfète de la Loire a examiné la situation de la requérante au regard des dispositions précitées, lesquelles ont été visées dans la décision contestées. La préfète a relevé que Mme A s'était soustraite à l'obligation de quitter le territoire français lui ayant été notifiée en avril 2018, que son entrée en France était récente et que son époux et leurs enfants se trouvaient en situation irrégulière, examinant ce faisant l'ancienneté et la nature des liens D A sur le territoire national. La préfète a précisé que le casier judiciaire de l'intéressée ne comportait aucune mention. Dès lors que la préfète n'a pas fait application des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle n'était pas tenue d'examiner spécifiquement l'existence de circonstances humanitaires susceptibles de s'opposer au prononcé d'une interdiction de retour sur le territoire français devant accompagner une mesure d'éloignement sans délai, Mme A s'étant au contraire vue accorder un délai de départ de trente jours. Enfin, la circonstance que Mme A entende contester l'appréciation de la préfète quant à la nature de ses liens sur le territoire français en faisant état de ses activités professionnelles et de la scolarité assidue et méritante de ses enfants ne saurait établir un défaut de motivation de la décision attaquée laquelle comporte les circonstances de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

16. D'autre part, si Mme A se prévaut de l'emploi dont elle dispose, de ce que ses employeurs ont besoin d'elle et que les revenus tirés de son activité professionnelle sont nécessaires à la scolarisation de ses enfants, ainsi que cela a été précédemment rappelé, l'intéressée a néanmoins fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et ne peut être regardée comme disposant de liens particulièrement significatifs sur le territoire français puisque son époux s'y trouve en situation irrégulière. Dans ces conditions, en fixant la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français à deux mois, la préfète de la Loire n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la durée en litige ne présentant pas un caractère disproportionné puisque celle-ci pouvait aller jusqu'à vingt-quatre mois.

17. En troisième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent, en l'absence de toute argumentation distincte dirigée spécifiquement contre la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux mois être écartés par les mêmes motifs que ceux précédemment exposés.

18. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que cette requête doit être rejetée, en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction, d'astreinte et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête D A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B épouse A et au préfet de la Loire.

Délibéré après l'audience du 7 juillet 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Baux, présidente,

M. Pineau, premier conseiller,

M. Gueguen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juillet 2023.

Le rapporteur,

N. Pineau

La présidente,

A. Baux

La greffière,

F. Faure

La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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