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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2302890

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2302890

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2302890
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantNAILI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 avril 2023, M. A B, représenté par Me Naili, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 15 novembre 2022 par laquelle le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse l'a licencié, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'une incompétence négative ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est entachée d'un détournement de pouvoir et d'un motif discriminatoire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er octobre 2024, le recteur de l'académie de Lyon conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 92-1189 du 6 novembre 1992 ;

- l'arrêté du 22 août 2014 fixant les modalités de stage, d'évaluation et de titularisation de certains personnels enseignants et d'éducation de l'enseignement du second degré stagiaires ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Leravat,

- et les conclusions de M. Gueguen, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, lauréat du concours externe de recrutement de professeur de lycée professionnel dans la discipline " génie civil construction et réalisation des ouvrages ", a été nommé, à compter du 1er septembre 2020, professeur de lycée professionnel stagiaire et affecté pour l'année scolaire 2020-2021 dans l'académie de Lyon pour suivre sa formation. Par un arrêté du 1er octobre 2021, M. B a bénéficié d'une prolongation de stage à compter du 1er septembre 2021 et a été affecté au lycée professionnel Tony Garnier, à Bron, pour l'année scolaire 2021-2022. Par une décision du 15 novembre 2022, le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse a prononcé son licenciement. Par un courrier du 30 janvier 2023, M. B a formé un recours gracieux contre cette décision, rejeté implicitement au terme du silence gardé par le ministre pendant deux mois. M. B demande l'annulation de ces décisions.

2. Aux termes de l'article 10 du décret du 6 novembre 1992 relatif au statut particulier des professeurs de lycée professionnel : " Le recteur de l'académie dans le ressort de laquelle le stage a été effectué peut autoriser l'accomplissement d'une seconde année de stage. A l'issue de cette période, l'intéressé est soit titularisé par le recteur de l'académie dans le ressort de laquelle il a effectué cette seconde année, soit licencié par le ministre chargé de l'éducation nationale, soit réintégré dans son grade d'origine ou dans son corps, cadre d'emplois ou emploi d'origine. " Aux termes de l'article 5 de l'arrêté du 22 août 2014 susvisé : " Le jury se prononce sur le fondement du référentiel de compétences prévu par l'arrêté du 1er juillet 2013 susvisé, après avoir pris connaissance des avis suivants : / I. - Pour les stagiaires qui effectuent leur stage dans les établissements publics d'enseignement du second degré : / 1° L'avis d'un membre des corps d'inspection de la discipline désigné par le recteur, établi sur la base d'une grille d'évaluation et après consultation du rapport du tuteur désigné par le recteur, pour accompagner le fonctionnaire stagiaire pendant sa période de mise en situation professionnelle. L'avis peut également résulter, notamment à la demande du chef d'établissement, d'une inspection ; / 2° L'avis du chef de l'établissement dans lequel le fonctionnaire stagiaire a été affecté pour effectuer son stage établi sur la base d'une grille d'évaluation ; / 3° L'avis de l'autorité en charge de la formation du stagiaire pour les parcours effectués en alternance. " Aux termes de l'article 9 de ce même arrêté : " Le recteur prononce la titularisation des stagiaires estimés aptes par le jury. / Le recteur arrête par ailleurs la liste de ceux qui sont autorisés à accomplir une seconde année de stage. / Il transmet au ministre les dossiers des stagiaires qui n'ont été ni titularisés ni autorisés à accomplir une seconde année de stage et qui sont, selon le cas, licenciés ou réintégrés dans leur corps, cadre d'emplois ou emploi d'origine. "

3. Il résulte des dispositions précitées que lorsqu'un professeur stagiaire n'est pas titularisé, l'autorité administrative est tenue de le licencier sauf à ce qu'il soit réintégré dans son corps, cadre d'emplois ou emploi d'origine. Il ressort des pièces du dossier que, par sa délibération du 12 juillet 2022, le jury a estimé que M. B n'était pas apte à être titularisé. Par suite, le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse se trouvait en situation de compétence liée pour prononcer son licenciement. Dès lors, les moyens tirés de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 15 novembre 2022, de l'incompétence négative, de l'erreur manifeste d'appréciation, du détournement de pouvoir et du motif discriminatoire sont inopérants et doivent être écartés.

4. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. B doivent être rejetées.

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, au titre des frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au recteur de l'académie de Lyon.

Délibéré après l'audience du 15 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Vaccaro-Planchet, présidente,

Mme Leravat, première conseillère,

Mme de Tonnac, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024.

La rapporteure,

C. LERAVAT

La présidente,

V. VACCARO-PLANCHET

La greffière,

S. ROLLAND

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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