mardi 28 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2303724 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP COUDERC ZOUINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 mai 2023 et 15 avril 2024, M. A B, représenté par la SCP Couderc-Zouine, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, ainsi que la décision du 3 avril 2024 de la préfète du Rhône confirmant ce refus ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour mention vie privée et familiale, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans le même délai ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 5 000 euros, outre intérêts, en réparation des préjudices causés par la carence de l'Etat dans l'instruction de sa demande et par l'illégalité de la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision implicite de refus de titre de séjour est entachée d'un défaut de motivation, sa demande de communication des motifs étant restée sans réponse dans le délai prescrit par l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration ;
- cette décision implicite méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 313-14 de ce code ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;
- la décision de refus de titre de séjour du 3 avril 2024 est insuffisamment motivée ;
- cette décision de refus de titre de séjour méconnaît les dispositions l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 435-1 du même code ;
- elle est entachée d'erreur de droit dans l'application de cet article, la préfète n'ayant pas examiné sa demande d'admission exceptionnelle au séjour au regard de sa situation professionnelle ;
- elle est entachée d'erreur de droit dans l'application de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle méconnaît les articles 20 et 21 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;
- l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ; en outre, l'absence de réponse expresse à sa demande de titre de séjour constitue une carence fautive engageant la responsabilité de l'Etat ;
- il a subi un préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence directement liés à cette illégalité fautive et cette carence, ayant été placé en situation de précarité et d'incertitude ;
- ces préjudices doivent être évalués à une somme globale de 5 000 euros.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale de New-York relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 ;
- le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Flechet,
- et les observations de Me Zouine, pour M. B, requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant congolais, est entré sur le territoire français au cours du mois de juin 2014 selon ses déclarations. Le 7 mars 2019, M. B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles, alors en vigueur, L. 313-11 7° et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le silence gardé sur cette demande par le préfet du Rhône a fait naître une décision implicite de refus. Par une décision du 3 avril 2024, la préfète du Rhône a confirmé cette décision implicite. M. B demande l'annulation de la décision implicite de refus de titre de séjour ainsi que de cette décision du 3 avril 2024. Il demande en outre la condamnation de l'Etat à l'indemniser de son préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence occasionnés par l'illégalité fautive du rejet de sa demande de titre de séjour et la carence fautive de l'Etat dans l'instruction de sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de refus de titre de séjour :
2. Lorsqu'un requérant conteste, dans les délais de recours, une décision implicite de rejet et une décision expresse de rejet intervenue postérieurement, ses conclusions doivent être regardées comme dirigées uniquement contre la seconde décision, qui s'est substituée à la première. Ainsi, les conclusions et les moyens dirigés contre la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration sur la demande de titre de séjour présentée par M. B le 7 mars 2019 doivent être regardés comme dirigés contre la décision du 3 avril 2024, qui s'y est substituée, par laquelle l'administration a expressément rejeté cette demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 3 avril 2024 :
3. Aux termes du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B justifiait, à la date de la décision attaquée, de presque neuf années de vie commune avec une compatriote titulaire d'une carte de résidente valable jusqu'en 2026, avec laquelle il a eu un enfant, né le 13 juillet 2016. En outre, sa compagne est mère d'un enfant français, né le 15 juillet 2012 d'une précédente relation, que le couple élève, le jugement du juge aux affaires familiales du 13 mars 2015 ayant d'ailleurs fixé la résidence habituelle de cet enfant chez sa mère. Eu égard, d'une part, aux conséquences qu'emporterait la reconstitution de la cellule familiale hors de France pour cet enfant français, qui était âgé de presque 12 ans à la date de la décision attaquée et n'a connu que la France, d'autre part, aux conséquences qu'emporterait la séparation de l'enfant né en 2016 avec au moins l'un de ses parents, enfant à l'éducation et l'entretien duquel l'intéressé a toujours participé, la décision attaquée refusant à M. B un titre de séjour porte nécessairement atteinte à l'intérêt supérieur d'au moins l'un de ces deux enfants, selon que la cellule familiale se reconstitue hors de France ou est éclatée du fait du départ du requérant du territoire français. Par suite, dans les circonstances particulières de l'espèce, M. B est fondé à soutenir que la décision du 3 avril 2024 méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 3 avril 2024 par laquelle la préfète du Rhône a refusé à M. B un titre de séjour doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. L'annulation de la décision contestée implique nécessairement, eu égard à son motif, que la préfète du Rhône, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, délivre à M. B une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre à la préfète du Rhône de délivrer au requérant un tel titre de séjour, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. Pour engager la responsabilité de l'Etat dans le cadre de ses conclusions indemnitaires, le requérant ne se prévaut que de l'illégalité fautive de la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour ainsi que de la carence fautive de l'État dans l'instruction de sa demande.
En ce qui concerne l'illégalité fautive de la décision implicite de refus de titre de séjour :
8. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. " En vertu de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () / 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ; / () ".
9. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus, M. B vit depuis juin 2015 avec une compatriote titulaire d'une carte de résidente valable jusqu'en 2026, avec laquelle il a eu un enfant, né le 13 juillet 2016, et sa compagne est par ailleurs mère d'un enfant français né le 15 juillet 2012, que le couple élève. Toutefois, à la date de la décision implicite de refus de titre de séjour, le couple ne justifiait que de quatre années de vie commune et l'enfant français de sa compagne était seulement âgé de 7 ans. Par ailleurs, la production du jugement du juge aux affaires familiales fixant les modalités des droits de garde et d'hébergement de cet enfant français, en cas de désaccord entre ses parents divorcés, et l'attestation insuffisamment circonstanciée établie par le père de l'enfant en 2018, ne permettent pas d'établir que ce dernier participait effectivement à son entretien et à son éducation. En outre, si le requérant indique que sa compagne est titulaire depuis le 14 janvier 2022 d'un contrat à durée indéterminée, cette circonstance est postérieure à la décision implicite de refus de titre de séjour et il n'avance aucune autre circonstance qui aurait empêché cette dernière de quitter le territoire français. Dans ces conditions, aucun obstacle ne s'opposait, à la date de la décision implicite de refus de titre de séjour, à la reconstitution de la cellule familiale hors de France, en particulier dans le pays d'origine du requérant, où demeuraient ses deux premiers enfants. Enfin, M. B a fait l'objet, le 8 janvier 2018, d'un refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français, dont la légalité a été confirmée par le tribunal et la cour administrative d'appel de Lyon. Ainsi, la décision litigieuse n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Elle n'a donc méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. ".
11. En présence d'une demande de régularisation présentée, sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat de travail, ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là même, des " motifs exceptionnels " exigés par la loi. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
12. D'une part, compte tenu de ce qui a été dit au point 9, le préfet du Rhône n'a pas commis une erreur manifeste d'appréciation en estimant que la situation de M. B ne répondait pas à des motifs exceptionnels justifiant son admission au séjour au titre de sa vie privée et familiale. D'autre part, par la seule promesse d'embauche en qualité de magasinier polyvalent, le requérant n'établit pas une expérience et une qualification professionnelles justifiant une admission exceptionnelle au séjour au titre du travail. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
13. En troisième lieu, eu égard aux circonstances exposées au point 9, et en particulier au jeune âge de l'enfant du requérant ainsi que de celui de sa compagne né d'une précédente relation à la date de la décision implicite de refus de titre de séjour, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette décision méconnaît les stipulations, citées au point 3, du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
14. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 9, 12 et 13, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences qu'emporterait la décision implicite de refus de titre de séjour sur la situation personnelle de M. B doit être écarté.
15. Il résulte de ce qui précède que la décision implicite de refus de titre de séjour en litige était justifiée au fond. Par suite, l'éventuelle illégalité fautive de cette décision, résultant de l'absence de communication de ses motifs, n'est pas susceptible, en l'absence de lien direct entre cette faute et les préjudices allégués, constitués du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence, d'ouvrir un droit à réparation à M. B.
En ce qui concerne la carence fautive dans l'instruction de la demande de titre de séjour :
16. Le requérant soutient également qu'en n'ayant pas expressément statué sur sa demande de titre de séjour, le préfet du Rhône l'a placé dans une situation de précarité et d'incertitude pendant une durée anormalement longue. Toutefois, le préfet n'est pas tenu de répondre explicitement à une demande de titre de séjour et une décision implicite de rejet de la demande est née au terme d'un délai de quatre mois, en application des articles R. 311-12 et R. 311-12-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicables. Le requérant, qui a d'ailleurs contesté la décision implicite de refus de titre de séjour, n'est dès lors pas fondé à rechercher la responsabilité de l'Etat en invoquant le fait que le préfet n'a pas statué expressément sur sa demande de titre de séjour.
17. Il résulte des points 8 à 16 que les conclusions indemnitaires présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante, la somme de 1 000 euros à verser à M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La décision du 3 avril 2024 par laquelle la préfète du Rhône a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Rhône de délivrer à M. B une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Jean-Pascal Chenevey, président,
- Mme Marine Flechet, première conseillère,
- Mme Marie Chapard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mai 2024.
La rapporteure,
M. Flechet
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
A. Baviera
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026