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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2303981

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2303981

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2303981
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantASTERIO CABINET D'AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 mai 2023 et 4 juillet 2024, M. A C, représenté par Me Soy, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 mars 2023 par lequel le président du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de l'Ain a résilié son engagement en qualité de sapeur-pompier volontaire à compter du 17 janvier 2023 pour inaptitude médicale définitive ;

2°) d'enjoindre au SDIS de l'Ain de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) à titre subsidiaire d'ordonner une expertise médicale ;

4°) de mettre à la charge du SDIS de l'Ain la somme de 1 800 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'une incompétence de son auteur ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, le comité consultatif départemental des sapeurs-pompiers volontaires aurait dû être saisi en application de l'article R.723-73 du code de la sécurité intérieure ;

- il n'est pas établi que les médecins signataires des certificats médicaux des 17 janvier et 14 décembre 2022 et de l'avis de la commission d'aptitude sont bien inscrits sur la liste départementale des médecins habilités, qu'ils auraient suivi la formation nécessaire à la détermination de l'aptitude médicale des sapeurs-pompiers et que la liste a été établie après avis de la commission consultative du service de santé et de secours médical, conformément à l'article 2 de l'arrêté du 6 mai 2000 ;

- il n'a pas été informé de la possibilité de demander le réexamen de sa situation par le médecin-chef, en violation de l'article 22 de l'arrêté du 6 mai 2000 ;

- il n'a pas été informé de la possibilité de saisir pour avis la commission zonale d'aptitude aux fonctions de sapeur-pompier volontaire, en méconnaissance de l'article 25 de l'arrêté du 6 mai 2000 ;

- la commission d'aptitude ayant statué sur sa situation était irrégulièrement composée et il n'a pas eu la possibilité de se faire entendre, ni d'être accompagné des personnes de son choix, en violation de l'article R. 1424-28 du code général des collectivités territoriales ;

- le SDIS de l'Ain a méconnu les dispositions de l'article R.723-47 du code de la sécurité intérieure ;

- le SDIS de l'Ain a commis une erreur manifeste d'appréciation ;

- il est fondé à titre subsidiaire à solliciter l'organisation d'une expertise médicale visant à se prononcer sur son aptitude à exercer les fonctions de sapeur-pompier volontaire.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 avril 2024, le SDIS de l'Ain, représenté par Me Bracq, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. C sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la sécurité intérieure ;

- l'arrêté du 6 mai 2000 fixant les conditions d'aptitude médicale des sapeurs-pompiers professionnels et volontaires et les conditions d'exercice de la médecine professionnelle et préventive au sein des services départementaux d'incendie et de secours ;

- l'arrêté du 15 juillet 2022 portant organisation du comité consultatif départemental des sapeurs-pompiers volontaires ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Viallet, rapporteure,

- les conclusions de Mme Fullana-Thévenet, rapporteure publique,

- les observations de Me Soy, représentant M. C et celles de Me Hakes représentant le SDIS de l'Ain.

Une note en délibéré, pour le SDIS de l'Ain, a été enregistrée le 20 septembre 2024.

Une note en délibéré, pour M. C, a été enregistrée le 20 septembre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. M. C a été recruté par le SDIS de l'Ain à compter du 1er mai 2013 en qualité de sapeur-pompier volontaire. Parallèlement, M. C est pompier militaire depuis 2017. Il a été placé en congé de maladie dans le cadre de son activité de pompier militaire. Son arrêt de travail excédant 90 jours, le président du SDIS de l'Ain l'a suspendu de ses fonctions à compter du 30 avril 2020, jusqu'à ce qu'il soit apte à reprendre ses activités de sapeur-pompier volontaire. Le 17 janvier 2023, la commission d'aptitude aux fonctions de sapeur-pompier a déclaré M. C définitivement inapte aux fonctions de sapeur-pompier volontaire. Par sa requête, M. C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 13 mars 2023 par lequel le président du SDIS de l'Ain a résilié son engagement en qualité de sapeur-pompier volontaire à compter du 17 janvier 2023 pour inaptitude médicale définitive.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la légalité externe :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué est signé par M. B D, directeur départemental des services d'incendie et de secours, lequel bénéficie, en vertu d'un arrêté du 23 juillet 2021 du président du conseil d'administration du SDIS régulièrement transmis en préfecture et affiché le 23 juillet 2021, d'une délégation de signature à l'effet de signer la décision en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, d'une part, l'article L. 723-5 du code de la sécurité intérieure prévoit que : " L'activité de sapeur-pompier volontaire, qui repose sur le volontariat et le bénévolat, n'est pas exercée à titre professionnel mais dans des conditions qui lui sont propres ". L'article L. 723-8 de ce code dispose que : " L'engagement du sapeur-pompier volontaire est régi par le présent livre ainsi que par la loi n° 96-370 du 3 mai 1996 relative au développement du volontariat dans les corps de sapeurs-pompiers. Ni le code du travail ni le statut de la fonction publique ne lui sont applicables, sauf dispositions législatives contraires, et notamment les articles 6-1 et 8 de la loi n° 96-370 du 3 mai 1996 relative au développement du volontariat dans les corps de sapeurs-pompiers ". Aux termes de l'article R.723-53 de ce code : " L'autorité de gestion peut résilier d'office l'engagement du sapeur-pompier volontaire à l'issue de sa période probatoire : 1° S'il ne satisfait plus à l'une des conditions prévues à l'article R. 723-7, après mise en œuvre, le cas échéant, des dispositions de l'article R. 723-47 ; () ". Selon l'article R.723-7 du même code : " L'engagement est subordonné à des conditions de santé particulières définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité civile et correspondant aux missions effectivement confiées aux sapeurs-pompiers volontaires. () ".

4. D'autre part, l'article 1 de l'arrêté du 15 juillet 2022 portant organisation du comité consultatif départemental des sapeurs-pompiers volontaires prévoit que : " Il est institué, dans chaque département, un comité consultatif départemental des sapeurs-pompiers volontaires consulté sur toutes les questions d'ordre général relatives aux sapeurs-pompiers volontaires du corps départemental, notamment sur la politique de leur engagement, de leur avancement et de leur fidélisation au sein de ce corps. A ce titre, le comité consultatif départemental des sapeurs-pompiers volontaires peut être chargé de conduire des analyses et des études sur le volontariat chez les sapeurs-pompiers. Il peut formuler toute proposition tendant à consolider et développer le volontariat ainsi qu'à en faciliter l'exercice. Il est obligatoirement saisi pour avis sur le schéma départemental d'analyse et de couverture des risques ainsi que le règlement intérieur du service d'incendie et de secours. En l'absence de comités de centres ou intercentres, il rend un avis sur l'engagement des sapeurs-pompiers volontaires du corps départemental. Il donne, en outre, un avis sur les décisions de refus d'engagement et de renouvellement d'engagement pour lesquelles il est saisi. ". Et l'article R.523-73 du code de la sécurité intérieure dispose que : " Le comité consultatif départemental des sapeurs-pompiers volontaires institué à l'article R. 1424-23 du code général des collectivités territoriales est consulté sur toutes les questions d'ordre général relatives aux sapeurs-pompiers volontaires du corps départemental, notamment sur la politique de leur engagement, de leur avancement et de leur fidélisation au sein de ce corps. Il donne, en outre, un avis sur les décisions de refus d'engagement et de renouvellement d'engagement pour lesquelles il est saisi, conformément aux dispositions des articles R. 723-7 et R. 723-54. "

5. La résiliation de l'engagement de sapeur-pompier volontaire prononcée, comme en l'espèce, sur le fondement du 1° de l'article R. 723-53 du code de la sécurité intérieure, ne figure pas parmi les cas limitativement énumérés par les dispositions précitées dans lesquelles le comité consultatif départemental des sapeurs-pompiers volontaires doit nécessairement être consulté. La consultation de ce comité n'était donc pas obligatoire, et le moyen tiré du vice de procédure doit par suite être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 2 de l'arrêté du 6 mai 2000 fixant les conditions d'aptitude médicale des sapeurs-pompiers professionnels et volontaires et les conditions d'exercice de la médecine professionnelle et préventive au sein des services départementaux d'incendie et de secours : " L'aptitude médicale du sapeur-pompier est prononcée par un médecin sapeur-pompier habilité. La liste départementale des médecins habilités est établie par le président du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours sur proposition du médecin-chef après avis de la commission consultative du service de santé et de secours médical. L'habilitation est subordonnée à l'acquisition d'une formation initiale ou continue à la détermination de l'aptitude médicale définie au présent arrêté. "

7. Il ressort des pièces du dossier que les médecins signataires des certificats médicaux d'aptitude des 17 janvier et 14 décembre 2022 et de l'avis de la commission d'aptitude du 17 janvier 2023 figurent bien dans la liste des médecins sapeur-pompiers habilités à réaliser des visites médicales d'aptitude, établie par arrêté du 8 juillet 2022 du président du conseil d'administration du SDIS de l'Ain, après avis de la commission consultative du service de santé et de secours médical et produit aux débats. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées manque en fait et doit être écarté.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 22 de l'arrêté du 6 mai 2000 précité : " Toute restriction d'aptitude ou décision d'inaptitude concernant un sapeur-pompier et affectant l'exercice ou la poursuite de ses fonctions ou de son activité doit faire l'objet d'une information du médecin-chef, qui peut de sa propre initiative réexaminer le sapeur-pompier concerné. Ce nouvel examen est de droit à la demande du sapeur-pompier. "

9. D'une part, le SDIS de l'Ain produit une attestation du médecin chef datée du 30 avril 2024 indiquant avoir été informé des décisions d'inaptitudes prononcées à l'encontre de M. C les 17 janvier et 14 décembre 2022 ainsi que de l'avis de la commission d'aptitude aux fonctions de sapeur-pompier volontaire du 17 janvier 2023. Le caractère probant de cette attestation n'étant pas sérieusement remis en cause, il doit être tenu pour établi que le médecin-chef a été informé de la décision d'inaptitude concernant le requérant, conformément aux dispositions de l'article 22 de l'arrêté du 6 mai 2000. D'autre part, aucune disposition légale ou réglementaire n'imposait au SDIS de notifier expressément à M. C son droit de bénéficier, sur sa demande, d'un nouvel examen par le médecin-chef. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées manque en fait et doit être écarté.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 25 de l'arrêté du 6 mai 2000 précité : " La décision de la commission d'aptitude aux fonctions de sapeur-pompier volontaire est susceptible de recours si, par l'intermédiaire de son médecin de centre, le sapeur-pompier demande l'avis d'une commission zonale d'aptitude aux fonctions de sapeur-pompier volontaire. Cette commission est composée de deux médecins-chefs de la zone de défense et d'un médecin agréé, spécialiste de la pathologie en cause. "

11. Aucune disposition légale ou réglementaire n'imposait au SDIS de l'Ain d'informer M. C de son droit de former, par l'intermédiaire de son médecin de centre, un recours auprès de la commission zonale d'aptitude contre la décision de la commission d'aptitude aux fonctions de sapeur-pompier volontaire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées manque en fait et doit être écarté.

12. En sixième lieu, aux termes de l'article R.1424-8 du code général des collectivités territoriales : " Il est créé, auprès de la sous-direction santé, une commission d'aptitude aux fonctions de sapeur-pompier volontaire, dont les membres sont les médecins siégeant à la commission consultative prévue à l'article R. 1424-27. Cette commission est présidée par le médecin-chef. La commission peut être saisie pour avis par les médecins sapeurs-pompiers et par le médecin-chef de toute question relative aux conditions de santé particulières de sapeurs-pompiers volontaires. La commission peut faire appel à des experts. Le sapeur-pompier dont la situation est examinée peut se faire entendre par la commission, accompagné d'une ou deux personnes de son choix. ". Selon l'article R.1424-27 de ce code : " Il est créé une commission consultative de la sous-direction santé, présidée par le médecin-chef. Cette commission comprend le médecin-chef adjoint, le pharmacien-chef, l'infirmier-chef, deux médecins, un pharmacien et deux infirmiers. Elle comprend en outre le vétérinaire-chef ou, à défaut, un vétérinaire. " Et en vertu de l'article R.1424-26 du code général des collectivités territoriales : " Sous l'autorité du directeur départemental des services d'incendie et de secours, le médecin-chef dirige la sous-direction santé et conseille les autorités des services d'incendie et de secours. () Le médecin-chef peut être assisté par un médecin-chef adjoint. "

13. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.

14. D'une part, M. C soutient que la commission d'aptitude ayant émis un avis le 17 janvier 2023 sur sa situation était irrégulièrement composée, en l'absence du médecin-chef, qui n'a également pas présidé la commission. Il ressort en effet des pièces du dossier que le médecin-chef n'était pas présent lors de cette commission, la présidence étant assurée par le médecin-chef adjoint, dont la fiche de poste produite aux débats précise qu'il a pour mission de " représenter le médecin chef ", et de " participer en l'absence du médecin chef, aux différentes instances et commissions réglementaires ". En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'irrégularité de la composition de la commission d'aptitude, à la supposer établie, aurait eu une influence sur le sens de la décision en litige, et il n'est pas davantage établi que, dans le cadre de la procédure préalable à l'édiction de cette décision, M. C aurait été privé d'une garantie.

15. D'autre part, si M. C soutient qu'il n'a pas été informé de ses droits préalablement à la tenue de la commission d'aptitude, il ressort toutefois des pièces du dossier que par lettre datée du 22 décembre 2022, envoyée à l'adresse non contestée de M. C, le SDIS de l'Ain l'a informé que cette commission examinerait son dossier le 17 janvier 2023, qu'il pouvait être entendu par la commission et se présenter seul ou accompagné par une personne de son choix.

16. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure lié à la méconnaissance des dispositions de l'article R.1424-8 du code général des collectivités territoriales doit être écarté en toutes ses branches.

En ce qui concerne la légalité interne :

17. En premier lieu, aux termes de l'article R. 723-47 du code de la sécurité intérieure : " L'engagement d'un sapeur-pompier volontaire dont les examens périodiques prévus à l'article R. 723-45 font apparaître qu'il ne répond plus aux conditions de santé particulières requises pour l'exercice de cette activité peut être suspendu pour une durée maximale de douze mois, renouvelable deux fois au maximum. () Le sapeur-pompier volontaire, en cas d'inaptitude aux missions opérationnelles, peut, sur décision de son autorité de gestion, se voir confier des missions non opérationnelles. " Et aux termes de l'article R. 723-50 de ce code : " Le sapeur-pompier volontaire placé en arrêt de maladie ou victime d'un accident du travail au titre de son activité professionnelle doit déclarer sa situation à l'autorité de gestion. Dans ces situations, l'engagement du sapeur-pompier volontaire est suspendu d'office au-delà de quatre-vingt-dix jours d'arrêt consécutifs. Pendant la durée de l'arrêt de travail, quelle qu'en soit la cause, le sapeur-pompier volontaire ne peut participer à l'activité du service. En cas d'accident survenu ou de maladie contractée en service ou à l'occasion du service, l'engagement du sapeur-pompier volontaire ne peut faire l'objet d'une suspension d'office. A l'issue d'un arrêt de travail consécutif à un accident survenu ou à une maladie contractée en service ou à l'occasion du service et en cas d'inaptitude partielle ou totale, le sapeur-pompier volontaire peut, sur avis du médecin de sapeurs-pompiers compétent, se voir confier des tâches non opérationnelles. "

18. Il ressort des pièces du dossier qu'en application des dispositions de l'article R. 723-50 précité, le président du SDIS de l'Ain a suspendu M. C de ses fonctions à compter du 30 avril 2020 dès lors que son arrêt de travail excédait 90 jours, jusqu'à ce qu'il soit apte à reprendre ses activités de sapeur-pompier volontaire. Le 17 janvier 2022, le médecin du SDIS de l'Ain a émis un certificat médical concluant à l'inaptitude au poste de l'intéressé. A cette date donc, l'engagement de M. C ne répondait plus aux conditions de santé particulières requises pour l'exercice de son activité de sapeur-pompier volontaire en application des dispositions de l'article R.743-47 précité. Ainsi, en application de ces dernières dispositions, le SDIS de l'Ain disposait de la faculté de suspendre l'engagement de M. C pour une durée maximale de douze mois, sans que le renouvellement de cette suspension à raison de deux fois au maximum ne constitue une obligation. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que le SDIS de l'Ain aurait dû procéder au renouvellement de sa suspension durant 24 mois. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R.723-47 du code de la sécurité intérieure doit être écarté.

19. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que pour prendre la décision en litige portant cessation d'activité de M. C à compter du 17 janvier 2023, le SDIS de l'Ain a notamment relevé que l'intéressé a été déclaré définitivement inapte aux fonctions de sapeur-pompier volontaire par la commission d'aptitude. M. C ne saurait sérieusement soutenir qu'il a été déclaré apte aux sports statutaires ce alors que des contre-indications décelables aux activités physiques et sportives ont été posées tant par le médecin du SDIS dans les certificats des 17 janvier et 14 décembre 2022 que dans l'avis de la commission le 17 janvier 2023. De plus, la circonstance alléguée selon laquelle il serait apte à ses fonctions de pompier militaire, à la supposer établie, n'est pas de nature à remettre en cause l'appréciation portée par le SDIS de l'Ain quant aux conséquences à tirer de son inaptitude médicale à ses fonctions de sapeur-pompier volontaire. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

20. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise médicale, que les conclusions de M. C à fin d'annulation de l'arrêté du 13 mars 2023 doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions présentées à fin d'injonction sous astreinte.

Sur les frais liés au litige :

21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du SDIS de l'Ain, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée par M. C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. C la somme de 1 500 euros à verser au SDIS de l'Ain au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : M. C versera au service départemental d'incendie et de secours de l'Ain une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au service départemental d'incendie et de secours de l'Ain.

Délibéré après l'audience du 20 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Dèche, présidente,

Mme Viallet conseillère,

Mme Journoud, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.

La rapporteure,

ML. Viallet

La présidente,

P. Dèche

La greffière,

N. Boumedienne

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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