jeudi 5 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2304088 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | ROYON |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 19 mai 2023 sous le numéro 2304088, Mme F, représentée par Me Royon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2023 de la préfète de la Loire portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixation du pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard passé le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou, subsidiairement, de réexaminer sa demande et, dans les deux cas, dans cette attente et dans le délai de huit jours, des autorisations provisoires de séjour et de travail ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.
Elle soutient que :
- la préfète de la Loire doit établir que l'arrêté attaqué a été signé par une autorité compétente ;
- en l'absence de production de l'avis du collège de médecins de l'OFII, le tribunal n'est pas en mesure de s'assurer de la régularité de la procédure suivie ;
- les décisions portant refus de titre de séjour et fixation du pays de renvoi ne sont pas suffisamment motivées en fait ;
- les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire sont entachées d'une erreur de droit, la préfète de la Loire s'étant à tort crue liée par l'avis du collège de médecins de l'OFII ;
- la préfète a méconnu l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers ;
- elle a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences des décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi sur sa situation personnelle ;
- elle est fondée à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Le préfet de la Loire a produit des pièces le 31 juillet 2023.
Par une décision du 7 avril 2023, Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
II. Par une requête enregistrée le 19 mai 2023 sous le numéro 2304089, M. A D C, représenté par Me Royon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2023 de la préfète de la Loire portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixation du pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard passé le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou, subsidiairement, de réexaminer sa demande et, dans les deux cas, dans cette attente et dans le délai de huit jours, des autorisations provisoires de séjour et de travail ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- la préfète de la Loire doit établir que l'arrêté attaqué a été signé par une autorité compétente ;
- en l'absence de production de l'avis du collège de médecins de l'OFII, le tribunal n'est pas en mesure de s'assurer de la régularité de la procédure suivie ;
- les décisions portant refus de titre de séjour et fixation du pays de renvoi ne sont pas suffisamment motivées en fait ;
- les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire sont entachées d'une erreur de droit, la préfète de la Loire s'étant à tort crue liée par l'avis du collège de médecins de l'OFII ;
- la préfète a méconnu l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers ;
- elle a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences des décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi sur sa situation personnelle ;
- il est fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Le préfet de la Loire a produit des pièces le 31 juillet 2023.
Par une décision du 7 avril 2023, M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
La présidente de la formation de jugement ayant dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Les rapports de Mme Michel ayant été entendus au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes nos 2304088 et 2304089 sont relatives au droit au séjour et à l'éloignement des membres d'un couple de ressortissants étrangers et présentent à juger des questions identiques. Il y a lieu de les joindre afin d'y statuer par un seul jugement.
2. M. et Mme C, ressortissants russes entrés en France en 2021, demandent chacun en ce qui les concerne l'annulation des arrêtés du 18 janvier 2023 de la préfète de la Loire portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixation du pays de renvoi.
3. Les arrêtés attaqués ont été signées par M. Dominique Schuffenecker, secrétaire général de la préfecture de la Loire, en vertu d'une délégation de signature consentie par un arrêté de la préfète du 12 juillet 2022, régulièrement publié le lendemain. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés du 18 janvier 2023 doit être écarté comme manquant en fait.
4. Les décisions portant refus de titre de séjour et fixation du pays de destination, qui comportent l'énoncé des considérations de fait sur lesquelles elles sont fondées, sont à cet égard suffisamment motivées. Si M. et Mme C font grief à la préfète de la Loire de ne pas avoir précisé pour chacun d'entre eux en quoi elles ne portent pas atteinte au respect de leur vie privée et familiale au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, un tel moyen se rattache, toutefois, au bien-fondé de ces décisions et non à leur motivation formelle.
5. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat (). / Si le collège des médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. ".
6. Le préfet de la Loire a versé à l'instance les avis, dont la réalité est ainsi établie, émis le 21 octobre 2022 et le 13 octobre 2022 pour M. et Mme C par le collège composé de trois médecins de (OFII) sur leur état de santé, au vu pour chacun d'eux d'un rapport médical rédigé par un autre médecin. Le moyen tiré de ce que les décisions portant refus de titre de séjour seraient intervenues à l'issue d'une procédure irrégulière doit, dès lors, être écarté. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète se serait estimée, à tort, liée par ces avis.
7. Dans ces avis, le collège des médecins de l'OFII a considéré que l'état de santé de Mme C, qui souffre d'hyperthyroïdie, d'hypertension artérielle, d'hypertrophie ventriculaire et de troubles graves de la personnalité et du comportement, et celui de son époux, qui est atteint d'un diabète insulino-dépendant, d'une hypertension artérielle et d'une coropathie, nécessitent une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'ils peuvent bénéficier effectivement de traitements appropriés dans leur pays d'origine. Les requérants ne justifient pas, par la production de documents médicaux donnant des indications sur la prise en charge médicale en France de Mme C et ses différents traitements, de l'attestation, établie à une date inconnue par un hôpital russe selon laquelle les médicaments administrés à M. C ne sont pas disponibles dans le réseau pharmaceutique de l'oblast de Volgograd, et d'autres documents à caractère général faisant état des faiblesses du système de santé russes, qui sont anciens et peu circonstanciés, qu'ils seraient personnellement dans l'impossibilité d'accéder à un traitement approprié en Russie, étant précisé qu'un traitement approprié n'est pas obligatoirement un traitement identique à celui administré en France. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de ce que la préfète a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences des décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi sur leur situation personnelle doivent être écartés.
8. Compte tenu de ce qui précède, M. et M. C ne sont pas fondés à exciper de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour au soutien de leurs conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français.
9. Il suit de là que M. et Mme C ne sont pas fondés à demander l'annulation des décisions attaquées. Leurs requêtes doivent être rejetées, en toutes leurs conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. et Mme C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à M. A D C et au préfet de la Loire.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Michel, vice-présidente,
Mme Lacroix, première conseillère,
Mme Reniez, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2023.
La présidente-rapporteure,
C. MichelL'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,
A. Lacroix
La greffière,
K. Schult
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Nos 2304088 - 2304089
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026