mardi 27 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2304611 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | DU PARC MONNET - CABINET D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoires enregistrés, les 5 juin et 24 novembre 2023, la société civile d'exploitation viticole Domaine B, représentée par, Me Crevel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de la commission d'appel de Siqocert prise à son encontre, le 14 mars 2023, envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception le 11 avril 2023 ;
2°) de mettre à la charge de l'organisme certificateur Siqocert une somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée, qui lui a été notifiée au-delà du délai de 20 jours ouvrés prévu par la note explicative Siqocert, est entachée d'un vice de procédure ; la règle du délai " franc " ne s'applique pas au règlement intérieur de la société Siqocert ;
- elle n'a commis aucun manquement au cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée Bourgogne Passe-tout-grains en revendiquant cette appellation, dans sa déclaration de récolte 2021-2022, pour ses parcelles situées dans la commune de Anse ;
- le droit européen et le droit français n'imposent aucune obligation de délimitation parcellaire des aires géographiques de production pour la reconnaissance d'une appellation d'origine contrôlée, mais uniquement une délimitation de l'aire géographique ;
- les communes du département du Rhône et notamment la commune de Anse figurent dans l'aire géographique de l'appellation d'origine contrôlée Bourgogne Passe-tout-grains, en l'absence de délimitation parcellaire, l'intégralité des communes incluses dans l'aire géographique de l'appellation d'origine contrôlée Bourgogne Passe-tout-grains doit bénéficier de cette appellation d'origine contrôlée ;
- il est admis, depuis des décennies, que les communes inclues dans l'aire géographique de l'appellation d'origine contrôlée Bourgogne Passe-tout-grains qui n'a pas fait l'objet d'une délimitation parcellaire, puissent se prévaloir de cette appellation ;
- la mesure de tolérance selon laquelle en l'absence d'aires parcellaires délimitées, seules les parcelles plantées avant le 31 décembre 2015 pourraient prétendre à l'appellation Bourgogne Passe-tout-grains n'a aucun fondement juridique et ne peut motiver la sanction qui lui est infligée ;
- la société Siqocert, agissant pour le compte de l'institut national de l'origine et de la qualité (INAO), qui n'a pas procédé à la délimitation parcellaire des communes du Rhône pour l'appellation d'origine Bourgogne Passe-tout-grains en dépit du décret du 11 décembre 1989, ne peut se prévaloir de la carence de ce dernier à son encontre ;
- il résulte du cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée Bourgogne Passe-tout-grains qu'à défaut d'aire parcellaire, seule la délimitation de l'aire géographique doit être prise en compte ;
- l'interprétation selon laquelle en l'absence de délimitation parcellaire, les communes incluses dans l'aire géographique ne pourrait produire l'appellation d'origine contrôlée Bourgogne Passe-tout-grains méconnaîtrait le cahier des charges, entraînerait une rupture d'égalité entre les producteurs et les priveraient d'une garantie ;
- une modification majeure d'un cahier des charges est assortie d'une procédure nationale d'opposition permettant aux différentes parties de présenter leurs observations, l'exclusion du bénéfice de l'appellation des communes n'ayant pas fait l'objet d'une délimitation parcellaire constitue un contournement des procédures ;
- les vignes à l'origine des vins en litige sont régulières dès lors qu'elles sont issues du droit de replantation né de l'arrachage d'une vigne située sur une autre parcelle de l'exploitation de la société Domaine Bosse Platière ;
- à titre subsidiaire, la délimitation parcellaire des communes du Rhône pour l'appellaction d'origine contrôlée Bourgogne Passe-tout-grains était prévue dès le décret du 11 décembre 1989 ; l'absence de délimitation parcellaire de l'AOC Bourgogne Passe-tout-grains par l'INAO, pour les communes du département du Rhône, incluses dans l'aire géographique de l'AOC, est illégale ;
- l'absence de délimitation parcellaire dans un délai raisonnable constitue une faute de l'institut national de l'origine et de la qualité de nature à engager sa responsabilité ;
- le décret n° 2011-1723 du 30 novembre 2011 est illégal en tant qu'il a homologué le cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée " Bourgogne Passe-tout-grains " sans procéder à la délimitation parcellaire de la totalité des communes incluses dans l'aire géographique de l'appellation ;
- le manquement qui lui est imputé n'est pas fondé compte tenu de l'illégalité du cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée Bourgogne Passe-tout-grains et de l'absence de délimitation parcellaire de l'appellation d'origine contrôlée Bourgogne Passe-tout-grains.
Par un mémoire en défense enregistré, le 8 août 2023, la SAS Siqocert, représentée par Me Nevers, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de la société civile d'exploitation viticole Domaine B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative .
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré, le 17 juin 2024, l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) représenté par le cabinet Pinet, société d'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le bénéfice d'une appellation d'origine contrôlée ne peut être que refusé lorsqu'une parcelle est située en dehors de l'aire parcellaire de production d'une appellation d'origine contrôlée ;
- les parcelles en litige n'étant pas situées dans l'aire de production, la société requérante ne peut bénéficier de l'appellation d'origine contrôlée Bourgogne Passe-tout-grains ;
- le cahier des charges comporte en annexe la liste des délimitations parcellaires approuvées ;
- la rupture d'égalité alléguée n'est pas établie compte tenu de la différence de situation entre les communes et les producteurs concernés ;
- le moyen tiré de ce que l'arrêté, en réalité un décret, ayant homologué le cahier des charges aurait été pris selon une procédure irrégulière est inopérant ;
- l'exception d'illégalité est inopérante dès lors que la délimitation parcellaire ne constitue pas la base légale de la décision attaquée.
Par un mémoire en intervention enregistré, le 11 juin 2024, le syndicat des Bourgogne, représenté par Me Dandon, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les parcelles en litige n'ont pas fait l'objet d'une délimitation parcellaire approuvée par l'institut national de l'origine et de la qualité ;
- la société requérante ne saurait se prévaloir d'une rupture d'égalité en présence d'un avantage illégal.
Par une ordonnance du 3 juillet 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 19 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 modifié ;
- le règlement délégué (UE) de la Commission du 17 octobre 2018 complétant le règlement (UE) n° 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 , modifié ;
- le règlement d'exécution (UE) 2019/34 de la commission du 17 octobre 2018 portant modalités d'application du règlement (UE) n° 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les demandes de protection des appellations d'origine, des indications géographiques et des mentions traditionnelles dans le secteur vitivinicole, la procédure d'opposition, les modifications du cahier des charges, le registre des dénominations protégées, l'annulation de la protection et l'utilisation des symboles, et du règlement (UE) n° 1306/2013 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne un système de contrôle approprié ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée " Bourgogne Passe-tout-grains " homologué par le décret n° 2011-1723 du 30 novembre 2011, modifié par le décret n° 2013-86 du 24 janvier 2013 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bardad, première conseillère ;
- les conclusions de Mme Collomb, rapporteure publique ;
- les observations de Me Crevel, avocat de la société Domaine B ;
- les observations de Me Nevert, avocat de la SAS Siqocert ;
- les observations de Me Dandon, avocat du syndicat des Bourgognes.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile d'exploitation vinicole Domaine B, dont M. A B est le gérant, a pour objet l'exploitation et la gestion des biens viticoles. Elle a rempli sa déclaration de récolte pour la campagne 2021-2022 en revendiquant 7.4015 ha en appellation Bourgogne Passe-tout-grains, dont 2.2329 ha de pinot noir comprenant les 1.50 ha de pinot noir planté en 2019 sur la commune de Anse. A la suite d'un contrôle effectué par l'organisme de défense et de gestion (ODG) des appellations d'origine contrôlée Bourgogne, Bourgogne alligoté, Bourgogne-Passe-tout-grains et Côteaux Bourguignons, le Syndicat des Bourgognes lui a notifié, le 13 janvier 2022, un manquement MP49a au cahier des charges c'est-à-dire une déclaration de revendication et/ou une déclaration de récolte " erronée ou incohérente avec les divers documents notamment déclaration de récolte, SV11, SV12, liste des parcelles présentant un pourcentage de pieds de vigne morts ou manquants. ". La société requérante a contesté ce manquement par un courrier du 26 janvier 2022. L'organisme de défense et de gestion a transmis le dossier à l'organisme de contrôle de l'appellation d'origine contrôlée Bourgogne-Passe-tout-grains, l'organisme certificateur Siqocert, afin qu'il contrôle le respect, par la société Domaine B, du cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée conformément au plan de contrôle de l'appellation. Par une décision n° 529 du 7 juillet 2022, envoyée par un courrier 13 juillet 2022, le comité de certificat Siqofert lui a notifié un avertissement, l'impossibilité de revendiquer en appellation d'origine contrôlée Bourgogne Passe-tout-grains les parcelles concernées et les vins qui en sont issus F 0397 (0,5590 ha) et F 0398 (0,941 ha) et prononcé un retrait du bénéfice de cette appellation d'origine contrôlée pour les parcelles précitées. La société Domaine B a contesté cette décision, le 26 novembre 2022. Par une décision du 14 mars 2023, notifiée par un courrier 11 avril 2023, la comission d'appel de la société Siqocert a prononcé l'impossibilité de revendiquer en AOC Bourgogne Passe-tout-grains les parcelles concernées et les vins qui en sont issus F 0397 (0,5590 ha) et F 0398 (0,941 ha) - commune de Anse et prononcé un retrait du bénéfice de l'appellation d'origine contrôlée Bourgogne Passe-Tout-Grains pour ces parcelles à partir de la récolte 2022. Par la présente requête, la société Domaine B demande l'annulation de cette décision.
Sur l'intervention du Syndicat des Bourgognes :
2. Le syndicat des Bourgognes justifie, eu égard à la nature et à l'objet du litige, d'un intérêt suffisant au maintien de la décision attaquée. Par suite, son intervention en défense est recevable.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 93 du règlement (UE) n° 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 portant organisation commune des marchés des produits agricoles dans sa rédaction applicable : " () on entend par : / a) "appellation d'origine", une dénomination, y compris une dénomination employée de manière traditionnelle, qui identifie un produit visé à l'article 92, paragraphe 1 : i) dont la qualité ou les caractéristiques sont dues essentiellement ou exclusivement à un milieu géographique particulier et aux facteurs naturels et humains qui lui sont inhérents; / ii) comme étant originaire d'un lieu déterminé, d'une région déterminée, ou, dans des cas exceptionnels, d'un pays déterminé; iii) élaboré à partir de raisins provenant exclusivement de la zone géographique considérée; iv) dont la production est limitée à la zone géographique considérée; et v) qui est obtenu à partir de variétés de vigne de l'espèce Vitis vinifera ou issues d'un croisement entre ladite espèce et d'autres espèces du genre Vitis () ". Aux termes de l'article 94 du même règlement : " () / 2. Le cahier des charges permet aux parties intéressées de vérifier le respect des conditions de production associées à l'appellation d'origine ou à l'indication géographique. / Le cahier des charges comporte au minimum les éléments suivants : / () d) la délimitation de la zone géographique concernée () ". Le règlement d'exécution (UE) 2019/34 de la commission du 17 octobre 2018 précise en son considérant 7 qu' il " y a lieu de décrire de manière détaillée, précise et univoque, dans le cahier des charges, la zone géographique délimitée des appellations d'origine et indications géographiques faisant l'objet d'une demande de protection, afin de permettre aux producteurs, autorités compétentes et organismes de contrôle de travailler sur des bases sûres, concluantes et fiables. ". Le règlement délégué (UE) de la Commission du 17 octobre 2018 complétant le règlement (UE) n° 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013, dans sa rédaction applicable, indique, en son article 2, que " 1. La dénomination devant être protégée en tant qu'appellation d'origine ou indication géographique est enregistrée uniquement dans les langues qui sont ou étaient historiquement utilisées pour décrire le produit spécifique dans la zone géographique délimitée ".
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 641-5 du code rural et de la pêche maritime : " Peuvent bénéficier d'une appellation d'origine contrôlée les produits agricoles, forestiers ou alimentaires et les produits de la mer, bruts ou transformés, qui remplissent les conditions fixées par les dispositions de l'article L. 115-1 du code de la consommation, possèdent une notoriété dûment établie et dont la production est soumise à des procédures comportant une habilitation des opérateurs, un contrôle des conditions de production et un contrôle des produits ". Aux termes de l'article L. 641-6 du même code : " La reconnaissance d'une appellation d'origine contrôlée est proposée par l'Institut national de l'origine et de la qualité, après avis du groupement d'opérateurs qui sollicite la reconnaissance en qualité d'organisme de défense et de gestion prévu à l'article L. 642-17. / La proposition de l'institut porte sur la délimitation de l'aire géographique de production, définie comme la surface comprenant les communes ou parties de communes propres à produire l'appellation d'origine, ainsi que sur la détermination des conditions de production qui figurent dans un cahier des charges. () ". Aux termes de l'article L. 641-7 de ce code : " La reconnaissance d'une appellation d'origine contrôlée est prononcée par un arrêté du ou des ministres intéressés qui homologue un cahier des charges où figurent notamment la délimitation de l'aire géographique de production de cette appellation ainsi que ses conditions de production. () ". Aux termes de l'article R. 641-16 du code précité : " A l'intérieur de l'aire géographique délimitée par le cahier des charges d'une appellation d'origine ou d'une indication géographique, des zones affectées à l'une des phases de la production ou de l'élaboration ou de la transformation du produit peuvent être définies. ".
5. Enfin, aux termes de l'article 1er du décret n° 2011-1723 du 30 novembre 2011 relatif à l'appellation d'origine contrôlée " Bourgogne Passe-tout-grains " : " Le cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée "Passe-tout-grains" est homologué. () ". Aux termes du Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée " Bourgogne Passe-tout-grains " homologué par le décret n° 2011-1723 du 30 novembre 2011, modifié par le décret n° 2013-86 du 24 janvier 2013, Chapitre Ier : " I. - Nom de l'appellation : " Seuls peuvent prétendre à l'appellation d'origine contrôlée " Bourgogne Passe-tout-grains ", initialement reconnue par le décret du 31 juillet 1937, les vins répondant aux dispositions particulières fixées ci-après. ". Aux termes du II. - Couleur et types de produit : " L'appellation d'origine contrôlée " Bourgogne Passe-tout-grains " est réservée aux vins tranquilles rouges ou rosés. ". Concernant la délimitation de la zone géographique de cette appelation prévue particulièrement par les dispositions des règlements européens et celles du code rural exposées aux points précédents, ce Cahier des charges prévoit en son IV. - Aires et zones dans lesquelles différentes opérations sont réalisées, que : " 1°- Aire géographique / La récolte des raisins, la vinification et l'élaboration des vins sont assurées sur le territoire des communes suivantes : () - Département du Rhône : () Anse, (). 2°- Aire parcellaire délimitée / Les vins sont issus exclusivement des vignes situées dans l'aire parcellaire de production telle qu'approuvée par l'Institut national de l'origine et de la qualité lors des séances du comité national compétent désignées en annexe. / L'Institut national de l'origine et de la qualité dépose auprès des mairies des communes mentionnées au 1° les documents graphiques établissant les limites parcellaires de l'aire de production ainsi approuvées. ". Aux termes de l'annexe au cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée " Bourgogne Passe-tout-grains " figurent les aires parcellaires délimitées approuvées par le comité national compétent.
6. La société Domaine B soutient que le décret n° 2011-1723 du 30 novembre 2011 modifié et le cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée "Passe-tout-grains" ainsi homologué par ce décret sont illégaux en tant que le cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée " Bourgogne Passe-tout-grains " a été homologué sans procéder à la délimitation parcellaire de la totalité des communes incluses dans l'aire géographique de l'appellation. Toutefois, l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) fait valoir que les communes du département du Rhône, incluses dans l'aire géographique du cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée " Bourgogne Passe-tout-grains ", dont fait ainsi partie la commune de Anse, ont fait l'objet d'une délimitation parcellaire et qu'en vertu de l'annexe au cahier des charges précité, la commune de Anse ne figure pas en revanche dans la liste des communes pour lesquelles une aire parcellaire a été mise en place, la circonstance qu'aucune aire parcellaire délimitée n'ait été approuvée pour la commune de Anse ne suffisant pas à remettre en cause les éléments ainsi exposés par l'INAO et à établir que cet institut se serait abstenu de procéder à une telle délimitation parcellaire pour cette commune. En tout état de cause, à supposer même qu'une telle délimitation parcellaire n'ait pas été mise en œuvre, cette circonstance ne permet pas à elle seule de considérer que la commune de Anse présentait les caractéristiques requises pour faire partie d'une aire parcellaire délimitée et produire un vin susceptible de bénéficier de l'appellation d'origine contrôlée " Bourgone Passe-tout-grains " ni, par voie de conséquence, que les parcelles en litige pouvaient prétendre au bénéfice d'une telle appellation. Dans ces conditions, la société Domaine B n'est pas fondée à exciper, à l'encontre de la décision du 14 mars 2023, de l'illégalité du décret du 30 novembre 2011 modifié et du cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée " Passe-tout-grains " ainsi homologué par ce décret.
7. En second lieu il ressort des pièces du dossier que, pour prendre la décision litigieuse, la commission d'appel de la société Siqocert s'est bornée à constater, sans avoir à porter une appréciation sur les faits de l'espèce, qu'il résultait du cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée "Bourgogne Passe-tout-grains " et de son annexe, que la commune de Anse ne figurait pas dans l'aire parcellaire délimitée par le comité national compétent pour obtenir cette appelation et qu'ainsi la société Domaine B se trouvait dans l'impossibilité de revendiquer l'appellation d'origine contrôlée " Bourgogne Passe-tout-grains " pour les vins issus des parcelles F 0397 (0,5590 ha) et F 0398 (0,941 ha) situées sur la commune de Anse qui n'étaient pas dans l'aire parcellaire délimitée de cette appelation. Dans ces conditions, la société Siqocert était tenue de faire application de ce cahier des charges et de son annexe, et de retirer ainsi à l'intéressée le bénéfice de l'appellation d'origine contrôlée " Bourgogne Passe-tout-grains " pour ces parcelles F 0397 (0,5590 ha) et F 0398 (0,941 ha) situées sur la commune de Anse et les vins qui en sont issus. Par suite, dès lors que la commission d'appel de Siqocert se trouvait, comme il vient d'être vérifié, en situation de compétence liée pour prononcer ce retrait, tous les autres moyens soulevés par la société Domaine B à l'encontre de la décision attaquée sont inopérants et doivent être écartés.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la société Domaine B ne peuvent être que rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Siqocert, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société requérante demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Dans les circonstances particulières de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de la société Siqosert tendant à l'application de ces dispositions.
DÉCIDE :
Article 1er : L'intervention du Syndicat des Bourgogne est admise.
Article 2 : La requête de la société Domaine B est rejetée.
Article 3 : Les conclusions de la SAS Siqocert présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société civile d'exploitation viticole Domaine B, à la SAS Siqocert, au syndicat des Bourgognes et à l'Institut national de l'origine et de la qualité.
Délibéré après l'audience le 13 mai 2025, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
Mme Bardad, première conseillère,
Mme Boulay, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mai 2025.
La rapporteure,
N. BardadLe président,
J. Segado
La greffière,
F. Abdillah
La République mande et ordonne au ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026