mardi 28 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2304629 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | BECHAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires enregistrés les 7 juin 2023, 7 octobre 2024 et 11 décembre 2024, M. B A, agissant par Me Bechaux, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 19 juin 2023 par laquelle la préfète du Rhône a refusé de renouveler son certificat de résidence ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, de lui délivrer, à titre principal, un certificat de résidence portant la mention " agent officiel " d'une durée de deux ans, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, dans l'attente, de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 400 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de refus est entachée d'un défaut de motivation en l'absence de communication des motifs ;
- elle méconnait les stipulations du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien ;
- l'administration ne justifie pas de l'existence d'une demande de pièces complémentaires ;
- son dossier est complet et devrait conduire à lui délivrer le certificat de résidence portant la mention " agent officiel " d'une durée de deux ans ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- la préfète a commis une erreur d'appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense non communiqué enregistré le 9 janvier 2025, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu les pièces du dossier ;
Vu :
- l'accord franco-algérien relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement ayant dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Segado, président-rapporteur a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 12 décembre 1966, est entré sur le territoire français le 5 janvier 2015, sous couvert d'un certificat de résidence algérien portant la mention " agent officiel ", dans le cadre d'une convention de détachement afin de travailler à l'aéroport de Lyon Saint-Exupéry en qualité de technicien supérieur aéronautique principal pour la compagnie Air-Algérie. Le requérant a sollicité le 27 janvier 2023 le renouvellement de son certificat de résidence algérien. Si le silence gardé pendant quatre mois par la préfète du Rhône sur cette demande de titre a fait naître une décision implicite de rejet, la préfète du Rhône a ensuite, par une décision du 19 juin 2023, expressément rejeté cette demande. M. A demande au tribunal, par la présente requête, d'annuler cette décision du 19 juin 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes du troisième alinéa du titre III du protocole de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, " Les fonctionnaires ou agents des organismes algériens reçoivent, sur présentation d'une attestation délivrée par l'autorité algérienne compétente, un certificat de résidence valable deux ans, renouvelable et portant la mention " agent officiel " ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été détaché par la décision du 30 octobre 2014 du président directeur général d'Air Algérie, auprès de la représentation générale pour la France Centre-Est/Lyon de cet organisme en qualité de technicien supérieur aéronautique, qu'il a bénéficié ainsi à ce titre à compter de 2015 d'un certificat de résidence algérien en qualité de membre d'un organisme officiel en application du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, et que ce titre lui a été renouvelé pour la dernière fois le 11 février 2021 jusqu'au 10 février 2023. Si la dernière décision de détachement datée du 30 novembre 2022 produite par le requérant mentionnait une durée de trois mois du 1er décembre 2022 au 28 février 2023 inclus et si la convention de détachement temporaire correspondante conclue le 14 décembre 2022 afin d'exercer les fonctions de technicien supérieur aéronautique principal auprès de la délégation régionale de Lyon d'Air Algérie indiquait, comme l'expose l'administration, que cette convention était conclue pour cette durée de trois mois du 1er décembre 2022 au 28 février 2023 et prenait fin automatiquement au terme fixé l'intéressé faisant alors l'objet d'un rappel à ses fonctions en Algérie, toutefois M. A a également produit, conformément au titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien, deux attestations délivrées par son employeur, Air Algérie, datées du 28 novembre 2022 et du 7 décembre 2022, attestant qu'il était détaché auprès de la direction régionale de Lyon pour exercer au sein de l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry en qualité de technicien supérieur aéronautique principal, ainsi que ses bulletins de salaires sur la période de mars à août 2023, établissant la poursuite de cette activité professionnelle et de son détachement à l'aéroport de Saint-Exupéry au-delà de février 2023 et à la date de la décision litigieuse. Dès lors, M. A est fondé à soutenir que la préfète du Rhône a commis une erreur d'appréciation en estimant qu'il ne remplissait pas les conditions prévues par les stipulations précitées du troisième alinéa du titre III du protocole de l'accord franco-algérien pour bénéficier du renouvellement d'un certificat de résidence algérien portant la mention " agent officiel ".
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 19 juin 2023 par laquelle la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Le présent jugement, qui accueille les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A implique nécessairement, eu égard au motif d'annulation retenu, que la préfète du Rhône délivre à l'intéressé un certificat de résidence algérien portant la mention " agent officiel " d'une durée de deux ans, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. A d'une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 19 juin 2023 de la préfète du Rhône portant rejet de la demande de titre de séjour de M. A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Rhône de délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention " agent officiel " d'une durée de deux ans, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
Mme Bardad, première conseillère,
Mme Boulay, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 janvier 2025.
Le président-rapporteur,
J. Segado
L'assesseure la plus ancienne,
N. BardadLa greffière,
E. Seytre
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026