vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2304784 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SARL LACHENAUD AVOCAT |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 juin 2023 et le 9 septembre 2024, sous le n° 2304784, Mme A C, représentée par la SARL Lachenaud Avocat (Me Lachenaud), demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 mai 2023 par lequel la préfète de l'Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en raison de son état de santé ou, à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du réexamen de sa demande, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen effectif et particulier de sa situation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense enregistrés le 14 novembre 2023 et le 12 septembre 2024, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
II. Par une requête et des mémoires, enregistrés les 21 mai, 7 juin et 9 septembre 2024, sous le n° 2405040, Mme A C, représentée par la SARL Lachenaud Avocat (Me Lachenaud), demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 29 avril 2024 par lequel la préfète de l'Ain lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée d'office et lui a interdit de revenir sur le territoire français pendant une durée de six mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
S'agissant des moyens communs :
- les décisions attaquées sont signées par une autorité incompétente ;
- elles sont insuffisamment motivées et sont entachées d'un défaut d'examen effectif et particulier de sa situation personnelle.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et a un caractère disproportionné.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et a un caractère disproportionné.
S'agissant de la décision portant interdiction de retour :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et a un caractère disproportionné.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 septembre 2024, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par des décisions du 30 juin 2023 et du 11 juillet 2024.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Vaccaro-Planchet a été entendu au cours de cette audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante géorgienne née le 5 décembre 1994 qui déclare être entrée en France le 29 octobre 2022 en compagnie de son époux, a vu sa demande d'asile rejetée le 27 juillet 2023 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides puis le 11 décembre 2023 par la Cour nationale du droit d'asile. Elle demande l'annulation des arrêtés du 24 mai 2023 et du 29 avril 2024 par lesquels la préfète de l'Ain a refusé de l'admettre au séjour au regard de son état de santé, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois.
2. Les requêtes nos 2304784 et 2405040 sont relatives à la situation d'une même ressortissante étrangère et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul et même jugement.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire dans l'instance n° 2405040 :
3. Le bureau d'aide juridictionnelle ayant statué sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle le 11 juillet 2024, il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'admission à titre provisoire à l'aide juridictionnelle présentée par Mme C.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
4. L'arrêté en litige vise les textes dont il fait application, notamment les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, alors que la préfète n'était pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressé, l'arrêté contesté précise les éléments déterminants de la situation de la requérante qui ont conduit la préfète de l'Ain à refuser de lui délivrer un titre de séjour. Dès lors, la décision contestée comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Dès lors le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
5. Il ne ressort pas de la décision attaquée, ni des pièces du dossier que la préfète de l'Ain aurait omis de procéder à un examen complet de la situation de la requérante. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
6. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ". Aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé. ".
7. La partie qui justifie d'un avis du collège des médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
8. Pour remettre en cause l'avis rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, la requérante fait valoir, d'une part, que le traitement médical qu'elle suit depuis 2023 n'est pas disponible dans son pays d'origine et, d'autre part, que son état de santé l'empêche de voyager. Elle verse également aux débats une convocation et diverses attestations de médecins du service de médecine interne et polyvalente et du pôle médecine rhumatologie du centre hospitalier de Bourg-en-Bresse ainsi que des bilans d'hospitalisations, des ordonnances de médicaments et de bilans sanguins. Toutefois, par de telles pièces, la requérante ne contredit pas utilement l'avis médical du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration dont il ressort que la requérante peut effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine, sans que ce traitement soit nécessairement identique à celui suivi en France, et peut voyager sans risque. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens communs à l'arrêté du 29 avril 2024 :
9. Les décisions contestées ont été signées par Mme E D, adjointe au chef du bureau de l'éloignement et du contentieux en vertu d'une délégation de signature consentie par un arrêté du 15 février 2024 de la préfète de l'Ain publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de l'Ain le 19 février 2024. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions en litige doit être écarté.
10. L'arrêté attaqué vise les textes dont il fait application notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, il comporte les circonstances de fait et de droit qui en constituent le fondement.
11. Il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni d'aucune autre pièce du dossier que la préfète de l'Ain n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de la requérante avant de l'obliger à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, de fixer le pays de renvoi et de prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation de l'intéressée doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours :
12. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. (). ". Aux termes de l'article 3 de cette convention : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
13. Pour obliger Mme C à quitter le territoire français, la préfète de l'Ain a relevé que sa demande d'asile a définitivement été rejetée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 11 décembre 2023 et que sa demande d'admission au séjour en raison de son état de santé a également fait l'objet d'un rejet par l'arrêté du 24 mai 2023, qu'elle est entrée en France à l'âge de vingt-sept ans après avoir passé l'essentiel de son existence dans son pays d'origine, où elle n'établit pas être dépourvue de liens, qu'elle ne justifie pas d'une insertion socio-professionnelle particulière en France, où elle est sans emploi ni ressources ni domicile stable et personnel, que son époux a fait l'objet d'une mesure d'éloignement prononcée le 16 avril 2024 et que l'intéressée n'a produit aucun élément laissant présumer qu'elle pourrait être exposée à des peines ou traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Si la requérante soutient que cette décision méconnaît les stipulations précitées des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, elle ne conteste utilement aucun de ces éléments, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle aurait noué des liens particulièrement intenses et pérennes en France, son époux résidant également en situation irrégulière sur le territoire national. Par suite, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France au regard des buts poursuivis, ni à celui de ne pas être soumise à des peines ou traitements inhumains ou dégradants au sens de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent dès lors, être écartés, ainsi que ceux tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et du caractère disproportionné de la décision.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
14. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et ceux tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et du caractère disproportionné de la décision, en l'absence de toute argumentation distincte dirigée spécifiquement contre la décision fixant le pays de destination, doivent être écartés par les mêmes motifs que ceux qui ont été exposés au point 13.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
15. En l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français serait illégale du fait de cette illégalité.
16. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en l'absence de toute argumentation distincte dirigée spécifiquement contre l'interdiction de retour sur le territoire français, doit être écarté par les mêmes motifs que ceux qui ont été exposés au point 13.
17. Il ressort des pièces du dossier que si la requérante n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et ne représente pas une menace pour l'ordre public, elle est entrée récemment en France et ne démontre pas la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, son époux présent sur le territoire faisant également l'objet d'une mesure d'éloignement. Ainsi, la préfète de l'Ain n'a pas entaché sa décision portant interdiction de retour sur le territoire national pour une durée de six mois d'une erreur manifeste d'appréciation et une telle durée ne présente pas un caractère disproportionné notamment au regard de la situation personnelle de la requérante.
18. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des requêtes doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
19. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation des requêtes n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme C ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, au titre des frais liés au litige.
DÉCIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire de la requête n° 2405040.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes de Mme C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à Me Lachenaud et à la préfète de l'Ain.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
Mme Leravat, première conseillère,
Mme de Tonnac, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.
La présidente-rapporteure,
V. Vaccaro-Planchet
L'assesseure la plus ancienne,
Mme Leravat
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
Mme B
La greffière,
E. Gros
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Nos 2304784 - 2405040
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026