lundi 13 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2305247 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | NAILI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 juin 2023 et 29 février 2024, M. C E, représenté par Me Naili, demande au tribunal :
1°) d'ordonner, avant dire-droit, qu'il soit procédé à une expertise médicale ;
2°) d'annuler la décision du 4 avril 2023 par laquelle le recteur de la région académique Auvergne-Rhône-Alpes lui a refusé le bénéfice des dispositions relatives aux accidents de service ;
3°) d'enjoindre au recteur de la région académique Auvergne-Rhône-Alpes :
- de le placer en congé d'invalidité temporaire imputable au service à compter du 17 novembre 2020, dans un délai de cinq jours à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
- à défaut de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'État les dépens de l'instance et la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. E soutient que :
- le signataire de la décision était incompétent ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision méconnait les dispositions des articles L. 822-18 et L. 822-21 du code général de la fonction publique dès lors que son état de santé résulte des faits de harcèlement discriminatoire et de l'accident de service du 16 novembre 2020 ;
- la substitution de motif sollicitée ne peut être retenue dès lors qu'aucun motif de fait ou de droit différent de celui énoncé dans la décision attaquée n'est proposé.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 janvier 2024, le recteur de la région académique Auvergne-Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les moyens tirés de l'incompétence du signataire de la décision et du défaut de motivation ne sont pas fondés ;
- M. E a seulement présenté une déclaration d'accident de service et non une déclaration de maladie professionnelle ; l'entretien du 16 novembre 2020 de M. E avec l'inspecteur de sa discipline, dont il ne ressort pas qu'il aurait excédé l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, ne peut être considéré comme un accident de service au sens des dispositions de l'article L. 822-18 du code général de la fonction publique ;
- en tout état de cause, les certificats médicaux et récités de l'intéressé ne permettent pas d'établir un lien entre ses symptômes et le service ; les rapports de sa hiérarchie et l'enquête qui s'est déroulée au mois de septembre 2021 n'ont pas mis en évidence qu'il serait victime de harcèlement discriminatoire ;
- à titre subsidiaire, le tribunal pourra substituer ces deux motifs à celui retenu dans la décision tiré de l'" absence de lien direct et certain " ;
- la demande d'expertise médicale n'apparaît pas utile.
Par une lettre du 21 mars 2024, les parties ont été informées en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative que le tribunal était susceptible de retenir d'office la compétence liée de l'administration pour rejeter la demande de M. E de reconnaissance d'imputabilité au service de l'accident survenu le 16 novembre 2020, compte tenu de la tardiveté de sa demande déposée au-delà du délai de quinze jours, prévu par l'article 47-3 du décret du 14 mars 1986.
Des observations en réponse à ce moyen relevé d'office ont été enregistrées le 25 mars 2024 pour M. E et communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n°86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bertolo,
- les conclusions de M. Pineau, rapporteur public,
- et les observations de Me Naili, représentant M. E.
Considérant ce qui suit :
1. Professeur de technologie, M. E exerce ses fonctions au sein du collège du Portail Rouge, à Saint-Etienne, depuis le 1er septembre 2011. A la suite d'un rapport d'incident, l'intéressé a fait l'objet, le 16 novembre 2020, d'une inspection dans l'exercice de ses fonctions, puis a été reçu, le 3 mai 2021, par la directrice des ressources humaines de l'académie de Lyon. Le requérant a présenté le 14 novembre 2022 une déclaration d'accident de service, en lien avec l'inspection du 16 novembre 2020. Le conseil médical réuni en formation plénière le 24 mars 2023 a rendu un avis défavorable à sa demande. Par une décision du 4 avril 2023 dont M. E demande au tribunal de prononcer l'annulation, le recteur de la région académique Auvergne-Rhône-Alpes lui a refusé le bénéfice des dispositions relatives aux accidents de service.
2. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " I.-Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. () II.-Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. ".
3. Constitue un accident de service, pour l'application des dispositions précitées, un événement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. Sauf à ce qu'il soit établi qu'il aurait donné lieu à un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, lequel peut conduire le supérieur hiérarchique à adresser aux agents des recommandations, remarques, reproches ou à prendre à leur encontre des mesures disciplinaires, un entretien, notamment d'évaluation, entre un agent et son supérieur hiérarchique, ne saurait être regardé comme un événement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service, quels que soient les effets qu'il a pu produire sur l'agent.
4. En premier lieu, par un arrêté du 14 janvier 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de région Auvergne-Rhône-Alpes du 15 janvier 2021, accessible tant au juge qu'aux parties, le recteur de l'académie de Lyon a donné délégation à M. B D, directeur des affaires budgétaires et financières, en cas d'absence ou d'empêchement de M. G et de Mmes F A, Stéphanie de Saint Jean et Nadine Perrayon, secrétaires générales adjointes, à l'effet de signer, notamment, tous les actes, arrêtés et décisions concernant les accidents de service et les maladies professionnels pour les personnels gérés par le rectorat. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée manque en fait et doit, par suite, être écarté.
5. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les dispositions du décret du 14 mars 1986 ainsi que l'avis défavorable du conseil médical du département de la Loire, et indique que le bénéfice des dispositions relatives aux accidents de service et maladie professionnelle est refusé à M. E en raison de l'absence de lien direct et certain entre la pathologie et les faits, éléments qui ont permis au requérant de contester utilement cette décision. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.
6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. E a seulement sollicité le 14 novembre 2022 la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident dont il aurait été victime le 16 novembre 2020, et non la reconnaissance d'une maladie professionnelle. Par suite, l'intéressé ne peut utilement invoquer le harcèlement discriminatoire dont il ferait l'objet et ses répercussions sur son état de santé, cet élément étant sans incidence sur le refus de le placer en congé d'invalidité temporaire imputable au service.
7. En dernier lieu, M. E soutient que l'entretien qui s'est déroulé le 16 novembre 2020, avec l'inspecteur pédagogique régional, serait constitutif d'un accident de service, dès lors que ce dernier aurait " enfreint les règles de respect mutuel, d'objectivité de dialogue " et l'aurait verbalement agressé en lui reprochant sur un ton déplacé du " sexisme, de la misogynie, du racisme et même une radicalisation islamiste ". Toutefois, s'il est constant que la visite le 16 novembre 2020 de l'inspecteur auprès de M. E fait suite à un rapport d'incident rédigé le 13 novembre 2020 par la principale du collège faisant état de plusieurs plaintes d'élèves et de parents d'élèves à l'encontre de M. E, lui reprochant des remarques désobligeantes, sexistes, vexatoires, en particulier envers un groupe de filles, et des difficultés relationnelles avec certains collègues du collège, et s'il ressort du rapport de visite de l'inspecteur que celui-ci a évoqué avec M. E ces différents griefs, il ne ressort pas de ce rapport de visite que l'inspecteur pédagogique régional aurait tenu des propos ou adopté un comportement qui auraient dépassé l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. En outre, si M. E produit un récit " dramatisé " de cet entretien et une attestation d'une collègue faisant état de ce qu'il était en pleurs à son issue, la circonstance que M. E aurait ressenti de manière violente les griefs faits à son encontre au cours de cet entretien et qu'il aurait été placé à la suite en arrêt de travail n'est pas, par elle-même, de nature à établir qu'il aurait été victime d'un accident de service. Par suite, le recteur de la région académique Auvergne-Rhône-Alpes n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 en rejetant sa demande de reconnaissance d'un accident de service.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit nécessaire d'ordonner avant dire-droit une expertise médicale, que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 4 avril 2023 par laquelle le recteur de la région académique Auvergne-Rhône-Alpes lui a refusé le bénéfice des dispositions relatives aux accidents de service. Par suite, sa requête doit être rejetée en ce comprises ses conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C E, à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, et au recteur de la région académique Auvergne-Rhône-Alpes.
Délibéré après l'audience du 12 avril 2024, où siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Bertolo, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mai 2024.
Le rapporteur,
C. Bertolo
La présidente,
A. Baux
La greffière,
I. Rignol
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026