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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2305949

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2305949

vendredi 29 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2305949
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantBROCARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 juillet et 9 octobre 2023, M. B D, représenté par Me Brocard, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 22 juin 2023 par lequel la préfète du Rhône lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné d'office ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ; :

- à titre principal, un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ;

- à titre subsidiaire, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et de procéder au réexamen de sa situation ;

4°) à titre principal, de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros hors taxes en application des dispositions combinées l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à charge pour son conseil de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et à titre subsidiaire, de lui verser cette somme au seul titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. D soutient que :

en ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

- son signataire était incompétent ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'il n'est pas établi que l'avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ait été émis dans des conditions régulières préalablement à son édiction ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il ne pourra bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine ;

- la préfète a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle ;

en ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- son signataire était incompétent ;

- elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle méconnait les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est illégale dès lors qu'il devait se voir attribuer un titre de séjour de plein droit en raison de son état de santé ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 novembre 2023, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 juillet 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit

d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Bertolo a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant angolais né le 26 septembre 1989, déclare être entré en France, le 1er juin 2019. Sa demande d'asile a été rejetée tant par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), le 20 mai 2020 que par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), le 18 février 2021. Par un arrêté du 22 juin 2023 dont le requérant demande l'annulation, la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office.

2. L'arrêté attaqué a été signé par Mme A C, directrice des migrations et de l'intégration de la préfecture du Rhône, qui avait reçu délégation à cet effet par un arrêté de la préfète du Rhône du 29 mars 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, accessible tant au juge qu'aux parties. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français doit donc être écarté comme manquant en fait.

En ce qui concerne la décision portant refus titre de séjour :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ". Aux termes des dispositions de l'article R. 425-11 du code précité : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. / Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical visé à l'article R. 313-22 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre () ". Selon les termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. ". Aux termes de l'article 5 de l'arrêté susvisé du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit

d'asile : " Le collège de médecins à compétence nationale de l'office comprend trois médecins instructeurs des demandes des étrangers malades, à l'exclusion de celui qui a établi le rapport () ". Aux termes de l'article 6 du même arrêté : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté () Cet avis mentionne les éléments de procédure () ". Selon l'article 7 de cet arrêté : " Pour l'établissement de l'avis, le collège de médecins peut demander, dans le respect du secret médical, tout complément d'information auprès du médecin ayant rempli le certificat médical. Le demandeur en est informé. / Le complément d'information peut être également demandé auprès du médecin de l'office ayant rédigé le rapport médical. Le demandeur en est informé. / Le collège peut convoquer le demandeur. () Le collège peut faire procéder à des examens complémentaires. () A défaut de réponse aux demandes d'informations complémentaires ou de production des examens complémentaires ou lorsque le demandeur ne s'est pas présenté à la convocation qui lui a été adressée ou n'a pas justifié de son identité, le collège délibère et émet l'avis prévu à l'article 6 du présent arrêté. ".

4. En outre, l'article 3 de l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de 1'Office français de 1'immigration et de 1'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que : " L'avis du collège de médecins de l 'OFII est établi sur la base du rapport médical élaboré par un médecin de l'office selon le modèle figurant dans l'arrêté du 27 décembre 2016 mentionné à l'article 2 ainsi que des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays dont le demandeur d'un titre de séjour pour raison de santé est originaire. Les possibilités de prise en charge dans ce pays des pathologies graves sont évaluées, comme pour toute maladie, individuellement, en s'appuyant sur une combinaison de sources d'informations sanitaires. L'offre de soins s'apprécie notamment au regard de l'existence de structures, d'équipements, de médicaments et de dispositifs médicaux, ainsi que de personnels compétents nécessaires pour assurer une prise en charge appropriée de 1'affection en cause. L'appréciation des caractéristiques du système de santé doit permettre de déterminer la possibilité ou non d'accéder effectivement à l'offre de soins et donc au traitement approprié. Afin de contribuer à 1'harmonisation des pratiques suivies au plan national, des outils d'aide à 1'émission des avis et des références documentaires présentés en annexe II et III sont mis à disposition des médecins de l'office. () ".

5. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " prévue par l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est délivrée par le préfet au vu d'un avis émis par un collège de trois médecins nommés par le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), après transmission à ce collège d'un rapport médical établi par un médecin de l'OFII ne siégeant pas au sein dudit collège. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans le pays dont l'étranger est originaire et que si ce dernier y a effectivement accès. Toutefois, la partie qui justifie de l'avis d'un collège de médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office.

6. Si M. D conteste le respect des dispositions précitées au cours de l'instruction de sa demande de titre de séjour, il ressort des pièces produites par la préfète du Rhône en défense que la décision attaquée a été prise au vu d'un avis rendu le 10 janvier 2023 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), composé de trois médecins régulièrement désignés à cette fin par le directeur de l'OFII. Ce collège de médecins s'est prononcé sur la base d'un rapport médical rédigé le 22 décembre 2021 par un médecin qui n'a pas siégé au sein dudit collège. Ledit collège a estimé que si l'état de santé de l'intéressé nécessitait des soins dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il pourrait effectivement bénéficier d'une prise en charge appropriée dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté

7. Pour refuser de délivrer un titre de séjour à M. D, la préfète du Rhône s'est appropriée les termes et le sens de l'avis rendu par le collège de médecins de l'OFII estimant que l'état de santé de l'intéressé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il pourra effectivement y bénéficier d'un traitement approprié.

8. Pour contester cette analyse, le requérant qui produit le certificat médical qu'il a adressé à l'OFII faisant état de ce qu'il est atteint de céphalées, d'une dépression et d'un stress post-traumatique, ainsi que divers autres certificats médicaux, indique d'une part, qu'il bénéfice d'un suivi en psychiatrie pour une dépression sévère avec troubles de l'humeur, qu'il prend un traitement constitué de Risperidone (neuroleptique), Buspirone 10 (anxiolytique), Mirtazapine 15 (antidépresseur), Paroxetine 20 (antidépresseur), et Seresta 50 (anxiolytique), et que ces quatre molécules ne figurent pas sur la " liste des médicaments essentiels " en Angola, établie en 2021, qu'il verse au débat et d'autre part, précise qu'il est également suivi en raison d'un rétrécissement du canal lombaire associée à une discopathie et qu'il bénéfice d'un suivi neurologique pour un kyste arachnoïdien mésencéphalique latéral droit. Toutefois, s'il n'est pas contesté par la préfète du Rhône que certaines des molécules constituant le traitement prescrit à M. D ne figurent pas sur la liste des médicaments essentiels de l'Angola, ce seul élément ne saurait suffire à établir que l'intéressé ne pourra pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine, dès lors que cette liste fait par ailleurs mention de la disponibilité de plusieurs anxiolytiques et antidépresseurs dont le requérant n'établit pas, par les certificats médicaux qu'il produit, qu'elles ne pourraient pas lui être prescrites en lieu et place de celles initialement prescrites et qu'il ne pourrait ainsi recevoir, en cas de retour dans son pays d'origine, un traitement équivalent permettant de traiter ses problèmes psychiques. En outre, si M. D fait état, devant le tribunal, de ce qu'il souffrirait d'un rétrécissement du canal lombaire associée à une discopathie, cette affection n'a été portée ni à l'attention du collège de médecins ni à celle de la préfète du Rhône, le requérant n'établissant pas, en tout état de cause, qu'une absence de traitement pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Enfin, si l'intéressé soutient qu'il devra passer un examen d'imagerie médicale chaque année pour surveiller l'évolution de son kyste, il ne justifie par aucun élément qu'il ne pourrait pas y avoir accès dans son pays d'origine.

9. Si par ailleurs, le requérant fait état de ce que le système de santé de l'Angola est caractérisé par un manque de structure et des inégalités d'accès, la production d'une capture d'écran d'un site de conseils aux voyageurs pour l'Angola du gouvernement canadien et d'un rapport de l'organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR), au demeurant ancien puisqu'édité en 2013, relatif aux soins psychiatriques en Angola qui relève un accès insuffisant aux soins psychiatriques, un manque d'infrastructures et de médicaments et le coût des soins, ne remettent utilement en cause la disponibilité de ses traitements retenue par le collège de médecins de l'OFII et fondée sur une combinaison de sources sanitaires officielles.

10. Si enfin, M. D fait état de ce qu'il ne peut retourner en Angola, pays à l'origine de sa pathologie psychiatrique, les seuls certificats médicaux du 27 octobre 2020 et du 2 octobre 2023 versés au débat faisant état d'un stress post-traumatique et d'un syndrome anxio-dépressif sévère ne permettent pas d'établir que son état de santé serait en lien avec des éléments vécus dans son pays d'origine, alors au demeurant que la Cour nationale du droit d'asile dans sa décision du 18 février 2021 a estimé que les déclarations de l'intéressé ne permettaient pas de corroborer les allégations de M. D sur ses craintes en cas de retour dans son pays d'origine.

11. Ainsi, c'est sans méconnaitre les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la préfète du Rhône a refusé de l'admettre au séjour au regard de son état de santé. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit donc être écarté

12. En second lieu, si M. D soutient être parfaitement intégré à la société française et produit plusieurs attestations établissant qu'il a effectué du bénévolat pour la Croix-Rouge ainsi qu'un diplôme d'études en langue française, ces éléments demeurent insuffisants pour considérer, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, que la préfète du Rhône aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation de M. D.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

13. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ".

15. Par les mêmes motifs que ceux exposés aux points 8 à 11, dès lors que le requérant ne développe pas d'argumentation particulière, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 611-3, 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

16. En troisième lieu, dès lors qu'ainsi qu'il a été dit aux points 1 à 12, M. D ne peut se prévaloir de ce qu'il devait se voir attribuer un titre de séjour de plein droit, le moyen ainsi articulé doit être écarté.

17. En dernier lieu, en l'absence d'argumentation distincte et compte tenu de ce qui a été dit précédemment, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

18. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants. ".

19. Si M. D soutient qu'il encourt des risques de traitement inhumain ou dégradant en cas de retour en Angola et se prévaut notamment d'un certificat médical du 27 octobre 2020 faisant état de ce que les marques de brûlures constatées sur le corps du requérant étaient compatibles avec les actes de torture dont il aurait été l'objet, ce seul élément ne saurait suffire pour établir la réalité et l'actualité des risques alléguées, alors qu'au demeurant sa demande d'asile a été rejetée tant par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), le 20 mai 2020 que par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), le 18 février 2021, cette dernière émettant un doute sérieux sur la réalité de son récit et des craintes alléguées. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées pourra donc être écarté.

20. Il résulte de ce qui précède la requête de M. D doit être rejetée, en ce comprises ses conclusions aux fins d'injonction, d'astreinte et celles présentées au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E

Article 1er : La requête de M. D rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et à la préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 15 décembre 2023, où siégeaient :

Mme Baux, présidente,

M. Bertolo, premier conseiller,

M. Gueguen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2023.

Le rapporteur,

C. Bertolo

La présidente,

A. Baux

La greffière,

S. Rolland

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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