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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2306613

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2306613

lundi 24 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2306613
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantSELARL MAILLOT AVOCATS ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 juillet 2023, M. C B, représenté par la Selarl Carlini et Associés, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 1er juin 2023 par laquelle la directrice de l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Lyon (ENSAL) n'a pas retenu sa candidature en vue d'une inscription dans cet établissement ;

2°) d'annuler la décision portant rejet de sa demande d'informations relatives à l'utilisation d'un algorithme dans l'examen des candidatures et de communication des critères et modalités d'examen de sa candidature et des motifs pédagogiques justifiant le rejet de celle-ci ;

3°) d'enjoindre à la directrice de l'ENSAL de lui communiquer les motifs de droit et de fait de la décision du 1er juin 2023 et de l'intégrer dans la formation Architecture de cet établissement dans un délai de trente jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision du 1er juin 2023 est entachée d'un défaut de signature en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration et d'un défaut de motivation ;

- il n'est pas justifié de ce que le refus critiqué n'a pas été pris sur le fondement exclusif d'un traitement par algorithme ;

- le rejet de sa candidature est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- le refus de lui donner les informations demandées par son courrier du 2 juin 2023 est illégal.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 septembre 2024, l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Lyon, représentée par la Selarl Maillot avocats et associés, conclut à ce que le tribunal constate que les conclusions relatives au refus allégué de délivrer les informations que M. B était en droit de solliciter ont perdu leur objet, au rejet du surplus des conclusions et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision du 1er juin 2023 se borne à confirmer la teneur d'une précédente décision du 10 mai 2023 ;

- le rapport de l'ENSAL relatif à la procédure Parcoursup au titre de la session 2023 a été communiqué à l'intéressé ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées :

- le rapport de Mme Reniez,

- et les conclusions de Mme Allais, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a présenté sa candidature sur la plateforme Parcoursup en vue de son admission en 1ère année de licence d'architecture à l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Lyon (ENSAL). Il conteste la décision du 1er juin 2023 par laquelle la directrice de l'ENSAL l'a informé du rejet de sa candidature ainsi que la décision portant refus de lui communiquer les informations qu'il a sollicitées quant aux critères et modalités d'examen de sa candidature, s'agissant en particulier de l'utilisation d'un algorithme, et aux motifs pédagogiques du rejet de celle-ci.

Sur les concluions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision du 1er juin 2023 :

2. Aux termes de l'article L. 212-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Sont dispensés de la signature de leur auteur, dès lors qu'ils comportent ses prénom, nom et qualité ainsi que la mention du service auquel celui-ci appartient, les actes suivants : / 1° Les décisions administratives qui sont notifiées au public par l'intermédiaire d'un téléservice conforme à l'article L. 112-9 et aux articles 9 à 12 de l'ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives ainsi que les actes préparatoires à ces décisions ; / () ". La décision en litige ayant été notifiée au requérant par l'intermédiaire du téléservice national dénommé Parcoursup mentionné à l'article D. 612-1 du code de l'éducation, le moyen tiré du défaut de signature de cette décision doit être écarté.

3. Aux termes de l'article L. 612-3 du code de l'éducation : " () / L'inscription dans une formation du premier cycle dispensée par un établissement public est précédée d'une procédure nationale de préinscription qui permet aux candidats de bénéficier d'un dispositif d'information et d'orientation qui, dans le prolongement de celui proposé au cours de la scolarité du second degré, est mis en place par les établissements d'enseignement supérieur. Au cours de cette procédure, les caractéristiques de chaque formation, y compris des formations professionnelles et des formations en apprentissage, et les statistiques prévues à l'article L. 612-1 du présent code sont portées à la connaissance des candidats ; ces caractéristiques font l'objet d'un cadrage national fixé par arrêté du ministre chargé de l'enseignement supérieur. L'inscription est prononcée par le président ou le directeur de l'établissement ou, dans les cas prévus aux VIII et IX du présent article, par l'autorité académique. / () / Afin de garantir la nécessaire protection du secret des délibérations des équipes pédagogiques chargées de l'examen des candidatures présentées dans le cadre de la procédure nationale de préinscription prévue au même deuxième alinéa, les obligations résultant des articles L. 311-3-1 et L. 312-1-3 du code des relations entre le public et l'administration sont réputées satisfaites dès lors que les candidats sont informés de la possibilité d'obtenir, s'ils en font la demande, la communication des informations relatives aux critères et modalités d'examen de leurs candidatures ainsi que des motifs pédagogiques qui justifient la décision prise. / () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier électronique reçu par le requérant le 10 mai 2023 et produit par l'ENSAL, la directrice de cet établissement a rappelé à M. B que les attendus de la formation et critères généraux d'examen des vœux des candidats étaient accessibles sur la plateforme Parcoursup et lui a indiqué que, la capacité d'accueil de la formation en cause étant fixée à 100 étudiants, son classement en 3 311ème position sur 3 817 candidats n'avait pas permis de le sélectionner parmi les 649 candidats admis à se présenter à un entretien de motivation en vue d'une éventuelle admission. Dans ces conditions, le moyen tiré par le requérant du défaut de motivation de la décision rejetant sa candidature en l'absence de communication des critères et modalités d'examen de celle-ci et des motifs pédagogiques la justifiant doit être écarté.

5. Si M. B soutient qu'il n'est pas justifié de ce que la décision en cause n'a pas été prise sur le fondement exclusif d'un algorithme, il ressort du rapport public de l'ENSAL accessible sur la plateforme Parcoursup au titre de la session 2023 que l'utilisation d'un traitement algorithmique a permis pour l'essentiel, à partir des données quantitatives et qualitatives identifiées par la commission d'examen des vœux et figurant dans les dossiers des candidats, de calculer les moyennes des notes récupérées ou attribuées aux candidats afin d'effectuer une première analyse des candidatures et un pré-classement de ces dernières et que la commission d'examen, qui a invité plus de 600 candidats à se présenter pour un examen oral de motivation, ne s'est ainsi que partiellement fondée sur un traitement algorithmique dans l'examen des vœux d'inscription qui lui étaient soumis. Dans ces conditions, le moyen doit être écarté.

6. Pour demander l'annulation de la décision en litige, M. B, qui produit un bulletin scolaire faisant état des efforts qu'il a fournis lui ayant permis d'obtenir des résultats qualifiés de fort corrects et qui justifie de l'obtention du diplôme du baccalauréat technologique " Sciences et technologies de l'industrie et du développement durable " avec une moyenne de 12,68/20 au titre de la session 2022 de cet examen, soutient que le refus d'admission qu'il conteste est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation. Toutefois, il ne ressort pas du dossier que la décision en cause serait fondée sur d'autres éléments que les mérites de la candidature du requérant et il n'appartient pas au juge administratif de contrôler l'appréciation portée sur ceux-ci en vue d'accéder à la formation sélective en cause.

En ce qui concerne la communication des critères et modalités d'examen des candidatures et des motifs pédagogiques retenus :

7. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 4 et 5, M. B n'est en tout état de cause pas fondé à demander l'annulation de la décision faisant suite à sa demande du 2 juin 2023 et refusant selon lui de lui communiquer les critères et modalités d'examen de sa candidature ainsi que les motifs pédagogiques qui justifient la décision du 1er juin 2023.

8. Outre ce qui a été dit au point 5, il ressort des pièces du dossier que, le 3 septembre 2024, l'ENSAL a adressé au requérant, qui ne conteste pas avoir ainsi reçu les informations demandées, le rapport relatif à la campagne 2023 d'admission dans cette école, lequel comporte une rubrique sur l'utilisation d'un algorithme. Dans ces conditions, il n'y a en tout état de cause plus lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision de refus de communication d'informations sur l'utilisation d'un tel algorithme.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

9. Le présent jugement, qui ne fait pas droit aux conclusions du requérant à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution.

Sur les frais liés au litige :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions du requérant présentées sur leur fondement et dirigées contre l'ENSAL, qui n'est pas partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions que l'ENSAL présente au titre des frais d'instance.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B dirigées contre la décision de l'ENSAL rejetant sa demande de communication d'informations sur l'utilisation d'un algorithme dans l'examen de sa candidature.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Les conclusions présentées par l'ENSAL au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Lyon.

Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gille, président,

Mme Lacroix, première conseillère,

Mme Reniez, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 février 2025.

La rapporteure,Le président,

E. ReniezA. Gille

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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