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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2306641

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2306641

vendredi 5 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2306641
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantPETIT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 2 août 2023, 26 février 2024, 29 février 2024 et 15 avril 2024, Mme E A et M. B G A, représentés par Me Sauvaget, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 mars 2023 par lequel le maire de Collonges-au-Mont-d'Or a délivré à la société Au fil du temps un permis de construire pour la réalisation d'un ensemble immobilier de 77 logements et d'une crèche, ainsi que la décision du 28 juin 2023 par laquelle il a rejeté leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Collonges-au-Mont-d'Or la somme de 5 000 euros à leur verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- il n'est pas démontré que la société pétitionnaire avait qualité pour déposer la demande de permis de construire, en méconnaissance de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme ;

- la demande de permis de construire ne permet pas d'identifier la qualité de la pétitionnaire, tantôt qualifiée de SCCV Au fil du temps, tantôt de société Au fil du temps ;

- le projet aurait dû faire l'objet d'une déclaration au titre de la loi sur l'eau en application des articles R. 214-1 et suivants du code de l'environnement ;

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet et comporte des incohérences dans la mesure où :

. le plan de situation ne mentionne pas précisément la situation du terrain d'assiette du projet et les plans joints au dossier créent un doute sur l'emplacement exact des constructions,

. il est indiqué que le nombre de niveaux le plus élevé au-dessus du sol est de quatre alors que seuls des logements en R+1+attique et R+2+attique sont mentionnés dans le formulaire de demande de permis de construire,

. le formulaire de demande mentionne 133 places de stationnement alors que la notice architecturale indique que 131 places seront créées,

. aucune notice n'est jointe au projet architectural faisant état de l'état initial du terrain et de ses abords et indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants,

. la notice du plan architectural ne définit pas les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, ne précise pas l'aménagement du terrain, n'indique pas ce qui est modifié ou supprimé, ne fait pas fait état de l'implantation, l'organisation, la composition et du volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages, ne précise pas le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain, ne dit rien du traitement des espaces libres et ne précise pas l'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement,

. le plan de masse n'est pas côté en trois dimensions, ne fait pas apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées, n'indique pas les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement,

. les plans de coupe ne précisent pas l'état initial du terrain,

. les documents graphiques ne permettent pas d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement et le traitement des accès,

. les photographies produites ne permettent pas de situer le terrain dans l'environnement proche,

. le dossier accessibilité et le dossier sécurité liés à la présence d'une crèche ne comportent pas les éléments requis par les articles R. 111-19-18 et R. 143-22 du code de la construction et de l'habitation ;

- la hauteur du volume enveloppe de toiture et de couronnement (VETC) du bâtiment D méconnaît l'article 2.5.4.2.2 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat relatif aux VETC intermédiaires ainsi que l'article 2.5.2.2.2 de ces dispositions générales relatif au point de référence haut de la mesure de la hauteur des façades ;

- le bâtiment A n'est pas implanté perpendiculairement à la limite de référence que constitue la rue Peytel et ne répond pas aux caractéristiques d'une morphologie en peigne, en méconnaissance de l'article 1.2.3 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat applicable en zone URm2.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 décembre 2023 et 8 avril 2024, la commune de Collonges-au-Mont-d'Or, représentée par la SELARL Philippe Petit et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. et Mme A le versement d'une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 11 janvier 2024 et 29 février 2024, la société Au fil du temps, représentée par la SELARLU Jean-Marc Petit-Avocat, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et, en toute hypothèse, à ce que soit mis à la charge de M. et Mme A le versement d'une somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par une lettre du 2 février 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 1er mars 2024 sans information préalable.

Par ordonnance du 3 mai 2024, la clôture d'instruction a été fixée immédiatement.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Chapard,

- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,

- les observations de Me Sauvaget, pour M. et Mme A, requérants,

- les observations de Me Teyssier, pour la commune de Collonges-au-Mont-d'Or,

- et les observations de Me Louis, substituant Me Petit, pour la société Au fil du temps.

Considérant ce qui suit :

1. La société Au fil du temps a déposé, le 30 juin 2022, en mairie de Collonges-au-Mont-d'Or une demande de permis de construire pour la réalisation d'un ensemble immobilier de 77 logements et d'une crèche. Par arrêté du 21 mars 2023, le maire a délivré l'autorisation ainsi sollicitée. M. et Mme A ont, par courrier du 17 mai 2023, exercé un recours gracieux contre cette autorisation. Ils demandent l'annulation de l'arrêté du 21 mars 2023 et de la décision du 28 juin 2023 par laquelle le maire de Collonges-au-Mont-d'Or a rejeté ce recours.

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; / () ". En application de l'article R. 431-5 du même code : " () / La demande comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis. ".

3. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une déclaration ou d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Les tiers ne sauraient donc soutenir utilement, pour contester une décision accordant une telle autorisation au vu de l'attestation requise, faire grief à l'administration de ne pas en avoir vérifié l'exactitude. Toutefois, lorsque l'autorité saisie d'une telle déclaration ou d'une demande de permis de construire vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, d'aucun droit à la déposer, il lui revient de s'opposer à la déclaration ou de refuser la demande de permis pour ce motif.

4. Le formulaire de demande du permis de construire en litige permet d'identifier l'identité de la société pétitionnaire, la SCCV Au fil du temps, son numéro SIRET ainsi que les nom et prénom de son représentant, M. C D. Il n'est pas contesté que ce dernier a signé, en qualité de représentant légal de F, co-gérante de la société pétitionnaire, qui partage avec elle la même adresse, l'attestation visée à l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles R. 423-1 et R. 431-5 précités doit être écarté.

5. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire précise : / () i) S'il y a lieu, que les travaux portent sur une installation, un ouvrage, des travaux ou une activité soumis à déclaration en application de la section 1 du chapitre IV du titre Ier du livre II du code de l'environnement ; / () ". Aux termes de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme : " Sont joints à la demande de permis de construire : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12. " Aux termes de l'article R. 431-8 de ce code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. " En outre, en application de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / () ". Enfin, selon l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / () b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. "

6. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

7. Le dossier de demande de permis de construire déposé en mairie par la société pétitionnaire comporte un plan de situation, un plan cadastral, des photographies aériennes et des photographies du terrain d'assiette prises depuis la voie publique qui permettent de situer le terrain d'assiette du projet. L'ensemble des plans joints à ce dossier, notamment le plan de masse, permet d'identifier avec précision l'implantation des constructions. Les constructions les plus hautes sont en R+2 avec attique, ce qui correspond à quatre niveaux au-dessus du sol. S'agissant des places de stationnement, si le formulaire de demande de permis indique, de manière erronée, que 133 places seront réalisées, cette erreur de plume pouvait être identifiée par la notice descriptive, qui mentionne 131 places, combinée aux plans des niveaux du projet, sur lesquels ces 131 places sont représentées. Cette notice descriptive du projet, qui figure ainsi parmi les pièces du dossier, décrit l'état initial du terrain et de ses abords, en indiquant notamment que " deux maisons se trouvent au nord du site ", que " le reste du terrain est libre de construction " et qu'un " espace végétalisé à l'ouest est à conserver ". Elle indique aussi que le terrain " côtoie au nord et à l'ouest un tissu pavillonnaire (et) présente un dénivelé important d'une dizaine de mètres d'est en ouest ". Cette notice précise que le projet a fait l'objet d'une déclaration au titre de la loi sur l'eau, en application de la rubrique 2.1.5.0 de l'article R. 214-1 du code de l'environnement. Elle définit également les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement, reposant notamment sur " un recul paysager de 5 m par rapport au chemin des Ecoliers ", sur " des porosités végétales () de 10 m au minimum " pour assurer des vues vers le cœur d'îlot et sur " une diversité du front bâti () par un jeu de hauteur, gabarit, matériaux, toitures, décalage et couleurs ". Elle est complétée par plusieurs documents d'insertion graphique qui permettent d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement et le traitement des accès. La notice, comme l'ensemble des autres pièces du dossier, a en outre permis au service en charge de l'instruction d'apprécier l'aménagement du terrain retenu par le projet en cause, les éléments modifiés ou supprimés, l'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles et le traitement des constructions, des clôtures, de la végétation, des espaces libres et des accès. Le plan de masse, qui comporte les cotes NGF du terrain, est produit à l'échelle et permet de mesurer les dimensions des différentes constructions. Il comporte également les emplacements des différents réseaux publics et fait apparaître l'espace végétalisé à valoriser, la végétation maintenue et celle ajoutée. Un plan des arbres à abattre figure dans la notice paysagère, laquelle mentionne et localise les 127 arbres à planter. Enfin, les plans en coupe font tous apparaître le niveau du terrain naturel. Il s'ensuit que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le dossier déposé en mairie par la société Au fil du temps méconnaît les dispositions précitées des articles R. 431-5 à R. 431-10 du code de l'urbanisme.

8. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-30 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur un établissement recevant du public, la demande est accompagnée des dossiers suivants, fournis en trois exemplaires : / a) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles d'accessibilité aux personnes handicapées, comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 111-19-18 et R. 111-19-19 du code de la construction et de l'habitation ; / b) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles de sécurité, comprenant les pièces mentionnées à l'article R. 123-22 du même code ".

9. La circonstance que le dossier de demande du permis litigieux ne précise pas les aménagements intérieurs de la crèche qui sera créée au rez-de-chaussée d'un des bâtiments projetés, qui doivent faire l'objet d'une autorisation ultérieure en application de l'article L. 425-3 du code de l'urbanisme, ne saurait conduire à le regarder comme incomplet. En outre, les espaces extérieurs de la crèche, leur raccordement à la voirie et les espaces de stationnement prévus pour cet établissement sont visibles au plan de masse. Ils ont, au demeurant, fait l'objet d'un avis favorable, avec prescriptions, de la commission départementale de sécurité et d'accessibilité du 13 décembre 2022. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions précitées.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article 2.5.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat de la métropole de Lyon applicable en zone URm2 : " Le volume enveloppe de toiture et de couronnement* (VETC) s'inscrit dans le volume enveloppe délimité par le VETC intermédiaire*. / () ". Aux termes de l'article 2.5.4.1 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat : " () Le volume enveloppe de toiture et de couronnement (VETC) correspond à la partie de la construction située au-dessus du point haut de la mesure de la hauteur de sa façade occupant tout ou partie de ce volume () ". En application de l'article 2.5.4.2.2 de ces dispositions générales : " VETC intermédiaire / La hauteur maximale de ce VETC est : / - soit de 4 mètres () ". Selon l'article 2.5.2.2.2 de ces dispositions générales : " Point de référence haut de la mesure de la hauteur de façade des constructions / a. Règle générale / Le point de référence haut de la mesure de la hauteur de façade d'une construction est situé au point de rencontre entre le dessus de la dalle brute du dernier niveau, hors VETC ou son prolongement horizontal, et les façades. / () ".

11. Il ressort des plans des façades du bâtiment D du projet en cause que ce bâtiment de deux étages est surmonté d'un volume enveloppe de toiture et de couronnement (VETC) qui forme un attique. Ces plans matérialisent le dessus de la dalle brute du deuxième étage ainsi que la hauteur du VETC, qui est de quatre mètres. Il s'ensuit que M. et Mme A ne sont pas fondés à soutenir que le maire de Collonges-au-Mont-d'Or a méconnu les dispositions précitées du règlement en délivrant l'arrêté attaqué.

12. En dernier lieu, aux termes de l'article 1.2.3 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat de la métropole de Lyon applicable en zone URm2 : " () / b. Dans le cas de la mise en œuvre d'une morphologie en peigne, les dispositions spécifiques définies pour les constructions de premier rang* et de second rang* sont applicables et se substituent à celles fixées pour les constructions situées dans les bandes de constructibilité principale* et secondaire*. / c. Les constructions de premier rang* implantées selon un axe globalement perpendiculaire à la limite de référence* présentent : / - une façade*, dans la profondeur du terrain, d'une longueur maximale de 35 mètres ; / - une façade*, faisant face à la limite de référence*, dont la longueur est limitée à la moitié de celle de la façade développée dans la profondeur du terrain. Cette longueur se mesure par la projection perpendiculaire sur la limite de référence de chaque point de l'emprise au sol de la construction. / () ".

13. Le projet litigieux retient une organisation des bâtiments les plus au nord du terrain d'assiette correspondant à une implantation " en peigne " par rapport à la rue Peytel. Cette dernière longe le terrain en formant une légère courbe qui ne fait pas obstacle à ce que le bâtiment A soit regardé comme étant implanté selon un axe globalement perpendiculaire à cette limite de référence, au sens des dispositions précitées du règlement. Par ailleurs, il ressort des différents plans joints à la demande de permis que la façade du bâtiment A, dans la profondeur du terrain, mesure 29,50 mètres et que la longueur de la projection perpendiculaire sur la rue Peytel de la façade de ce bâtiment faisant face à cette rue est inférieure à la moitié de cette mesure. Le bâtiment respecte ainsi les proportions fixées par l'article 1.2.3 précité pour les constructions de premier rang implantées " en peigne ". Il s'ensuit que le moyen tiré de sa méconnaissance doit être écarté.

14. Il résulte de tout ce qui précède que le M. et Mme A ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 21 mars 2023 du maire de Collonges-au-Mont-d'Or et de la décision du 28 juin 2023 rejetant leur recours gracieux.

15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. et Mme A au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune de Collonges-au-Mont-d'Or qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. et Mme A le versement d'une somme de 1 400 euros à chacune des parties défenderesses au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.

Article 2 : M. et Mme A verseront à la commune de Collonges-au-Mont-d'Or une somme de 1 400 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : M. et Mme A verseront à la société Au fil du temps une somme de 1 400 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme E A et à M. B G A, à la commune de Collonges-au-Mont-d'Or et à la société Au fil du temps

Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Jean-Pascal Chenevey, président,

- Mme Marine Flechet, première conseillère,

- Mme Marie Chapard, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2024.

La rapporteure,

M. Chapard

Le président,

J.-P. Chenevey

La greffière,

G. Reynaud

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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