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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2306662

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2306662

mardi 18 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2306662
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSELAS CABINET CHAMPAUZAC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoire enregistrés les 1er août, 27 octobre et 1er décembre 2023, Mme A B, représentée par Me Champauzac, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 avril 2023 par lequel le maire de Maclas a refusé de lui délivrer un permis modificatif du permis de construire obtenu le 21 mai 2021 en vue de la réhabilitation d'un bâtiment existant avec création d'un cabinet d'orthophonie et d'un logement ;

2°) d'enjoindre à l'autorité compétente de lui délivrer le permis modificatif sollicité dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Maclas le versement de la somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué est illégal par voie de conséquence de l'illégalité de l'arrêté du 24 mars 2023 portant refus d'autorisation de travaux au titre de la législation des établissements recevant du public, dès lors que :

• le permis de construire du 21 mai 2021, devenu définitif, l'autorise à déroger aux prescriptions de l'article UB 12 du règlement du plan local d'urbanisme relatif au stationnement et le permis modificatif sollicité ne comporte aucune modification à ce titre, alors en outre qu'elle justifie d'un contrat portant sur la location de trois places de stationnement situées à proximité de la construction ;

• le permis de construire du 21 mai 2021 prévoyait déjà un espace latéral de manœuvre de 0,80 x 1,30 mètre à côté de la cuvette des toilettes, conformément à l'arrêté du 8 décembre 2014 fixant les dispositions prises pour l'application des articles R. 111-19-7 à R. 111-19-11 du code de la construction et de l'habitation et de l'article 14 du décret n° 2006-555 relatives à l'accessibilité aux personnes handicapées des établissements recevant du public situés dans un cadre bâti existant et des installations existantes ouvertes au public et cet espace ne fait l'objet d'aucune modification, de sorte que le maire ne pouvait se fonder sur cet élément pour refuser l'autorisation ;

- les dispositions de l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme ne s'appliquent pas à son projet de réhabilitation, dans la mesure où la construction existante est déjà implantée en limite de propriété en méconnaissance des prescriptions de cet article, et alors en outre que la hauteur totale de l'immeuble respectera l'article UB 10 du règlement.

Par des mémoires en défense enregistrés les 6 septembre et 7 novembre 2023, la commune de Maclas, représentée par Me Salen, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- à titre principal, les conclusions dirigées contre l'arrêté portant refus d'autorisation de travaux au titre de la législation des établissements recevant du public sont irrecevables dès lors qu'il revêt le caractère d'une mesure préparatoire insusceptible de recours ;

- à titre subsidiaire, aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Par un mémoire enregistré le 4 décembre 2023, le préfet de la Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'il s'en remet aux écritures de la commune de Maclas.

Par une ordonnance du 1er décembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 décembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Viotti, première conseillère,

- les conclusions de M. Gilbertas, rapporteur public,

- les observations de Me Barette, représentant Mme B et celles de Me Salen, représentant la commune de Maclas.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a bénéficié, le 21 mai 2021, d'un permis de construire en vue de la réhabilitation une maison d'habitation existante avec création d'un cabinet d'orthophonie et d'un logement, sur un terrain situé petite place dans la commune de Maclas. Elle a ensuite obtenu un permis modificatif le 21 décembre 2021 pour la démolition et la reconstruction des murs. Ayant constaté que les travaux réalisés n'étaient pas conformes aux autorisations délivrées, le maire de la commune de Maclas a dressé un procès-verbal de constat d'infractions au code de l'urbanisme le 18 mars 2022. Le 4 octobre 2022, Mme B a déposé une seconde demande de permis modificatif visant à supprimer la place de stationnement réservée aux personnes à mobilité réduite, remplacée par une jardinière fixe, à réhausser la hauteur du bâti et à modifier l'emprise du balcon, les menuiseries, la teinte des façades ainsi que les murs. Par un arrêté du 24 mars 2023, le maire a refusé de lui délivrer, au nom de l'État, l'autorisation d'exécuter des travaux nécessaires à la création d'un établissement recevant du public. Puis, par un arrêté du 5 avril 2023 dont Mme B demande l'annulation, le maire a refusé, au nom de la commune, de lui accorder le permis modificatif sollicité.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Une décision rejetant une demande d'autorisation d'urbanisme pour plusieurs motifs ne peut être annulée par le juge de l'excès de pouvoir à raison de son illégalité interne, réserve faite du détournement de pouvoir, que si chacun des motifs qui pourraient suffire à la justifier sont entachés d'illégalité. En outre, en application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, le tribunal administratif saisi doit, lorsqu'il annule une telle décision de refus, se prononcer sur l'ensemble des moyens de la demande qu'il estime susceptibles de fonder cette annulation, qu'ils portent d'ailleurs sur la légalité externe ou sur la légalité interne de la décision. En revanche, lorsqu'il juge que l'un ou certains seulement des motifs de la décision de refus en litige sont de nature à la justifier légalement, le tribunal administratif peut rejeter la demande tendant à son annulation sans être tenu de se prononcer sur les moyens de cette demande qui ne se rapportent pas à la légalité de ces motifs de refus.

3. Aux termes de l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme : " 1- Les constructions doivent s'implanter avec un recul, compté horizontalement de tout point d'une construction au point le plus proche de la limite séparative, et qui soit au moins égale à la moitié de la différence d'altitude de tout point de cette construction au point le plus proche des limites séparatives, sans pouvoir être inférieure à 3 mètres (H/2 minimum 3 mètres) / 2- Une implantation en limite séparative pourra être admise : / - s'il s'agit d'une construction n'excédant pas 4 mètres de hauteur sur la limite, / - dans le cas d'une opération d'aménagement d'ensemble ".

4. Il est constant que la construction existante, qui s'implante sur les limites séparatives, ne respecte pas les dispositions de l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme. La circonstance qu'une construction existante n'est pas conforme à une ou plusieurs dispositions d'un plan d'occupation des sols régulièrement approuvé ne s'oppose pas, en l'absence de dispositions de ce plan spécialement applicables à la modification des immeubles existants, à la délivrance ultérieure d'un permis de construire s'il s'agit de travaux qui, ou bien doivent rendre l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues, ou bien sont étrangers à ces dispositions. Or, des travaux tendant à la surélévation d'un bâtiment implanté en méconnaissance des dispositions du plan local d'urbanisme relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives ou à la voie publique ne sont pas étrangers à ces dispositions et n'ont pas pour effet de rendre le bâtiment plus conforme à celles-ci. Par suite, c'est à bon droit que le maire de Maclas a estimé que les travaux projetés, qui ont pour effet de surélever une construction implantée en méconnaissance des règles d'implantation prescrites par l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme, ne pouvaient être légalement autorisés.

5. Le motif tiré de la méconnaissance de l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal étant, à lui seul, de nature à justifier légalement le refus de permis de construire, l'éventuelle illégalité des autres motifs de refus de l'autorisation d'urbanisme ne serait pas de nature à entacher d'illégalité la décision attaquée, dès lors qu'il résulte de l'instruction que le maire de Maclas aurait pris la même décision s'il n'avait retenu que le motif dont la légalité est confirmée au point 4.

6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 5 avril 2023. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Maclas, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse quelque somme que ce soit à Mme B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur le même fondement par la commune de Maclas.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Maclas sur le fondement des dispositions l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Maclas.

Copie en sera adressée au préfet de la Loire.

Délibéré après l'audience du 4 février 2025, à laquelle siégeaient :

M. Hervé Drouet, président,

M. François-Xavier Richard-Rendolet, premier conseiller,

Mme Océane Viotti, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 février 2025.

La rapporteure,

O. ViottiLe président,

H. Drouet

La greffière,

C. Amouny

La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

No 2306662

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